‹ La lune rousse: comédie en deux actesChapitre 55 sur 76 · ACTE M, SCÈNE VIII. 7J · texte numérisé non relu

ACTE M, SCÈNE VIII. 7J

ALBERT

Seriez-vous, mon cher voisin, sur la voie d'une nouvelle classification des simples, considérés dans leurs rapports avec le caractère de ceux qui les étudient?

DUPISTIL, cherchant i comprendre.

Attendez donc!... non, je ne saisis pas exactement le sens de votre pensée; mais j'y réfléchirai à loisir.

HÉLÈNE

Vous verrez que monsieur Dupistil vient tout simplement nous annoncer qu'il se marie.

DUPISTIL, vivement.

Oh! madame, pouvez-vous le penser? Qui, moi, parjurer à ce point des sentiments qui... hélas! mon cœur a son secret...

ALBERT, le parodiant.

Mon cœur a son secret, ma vie a son mystère, Un amour éternel en un moment conçu...

Ah! ah! ah!

DUPISTIL, à part.

Que dit-il donc là? se douterait-il... (ii s'appproche du bouquet et en écarte les fleurs du doigt.) Fausse alerte; mou billet est bien arrivé à son adresse,

ALBERT, à part.

Oui, cherche ton billet; il est en lieu sûr.

DU PISTIL, haut.

Vous ne connaissez pas ce mal, vous, l'enfant gâté de rhyménée; vous êtes bien heureux d'en pouvoir plaisanter.

ALBERT

Ce mal est sans espoir ; aussi j'ai dû le taire, Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su l

Ah! ail! ah!

DUPISTIL, à part.

La folâtre confiance de ce mari me fait de la peine.

ALBERT

Dites donc, voisin, vous qui faites dans la littérature, que pensez-vous de ce sonnet d'Arvers?

Il est parfaitement en situation, j'ose l'affirmer.

MADAME VERBESEC.

Ne vous arrêtez pas aux taquineries d'Albert, monsieur Dupistil, et dites-nous sans retard l'objet de votre grande joie.

DUPISTIL.

Voici le fait dans son éloquente simplicité : — après mille efforts inouïs et mille tentatives infructueuses, je viens enfin d'obtenir...

ALBERT

La décoration de la Légion d'honneur ?

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