ACTE I, SCENE III
personne qui sonne, A quel ordre de préoccupations peut bien appartenir le carillon qui vient de se faire entendre dans la chambre de maman Verbesec ? (Apercevant Simon.) Ah ! c'est vous, père Simon ! Touchez là ! Comment va-t-on à la ferme?
SIMON
Très bien, notre maître, pour vous rendre nos devoirs.
ALBERT
Père Simon, avez-vous une belle-mère ?
Hé ! hé ! nous avons bien quelque chose d^approchant. (A part.) Quelle drôle de question notre maître nous fait là!
ALBERT
Comment! quelque chose d'approchant?
SIMON
Pour sûr, il y a la mère de ma femme.
ALBERT
Eh bien, c'est une belle-mère, cela.
SIMON
Cest ma belle-mère, pour sur, mais peut-être pas une belle-mère comme monsieur l'entend,
ALBERT
Tiens! le père Simon qui fait des subtilités.
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SIMON
Tout le monde vous parlera de la mère La Paix; c'est comme ça que nous l'appelons dans le pays par manière de rire.
Dites plutôt que c'est une manière originale de rendre hommage à Taménité de son caractère; elle esc sans doute très douce et très calme ?
SIMON
Faites excuse, monsieur ; elle crie du matin au soir.
ALBERT
Mais alors je vous plains ; elle est insupportable !
SIMON
Faites excuse, monsieur ; sans le bruit qu'elle fait tout s'endormirait, bêtes et gens, à la ferme. La mère La Paiar. voyez-vous, monsieur, me remplace à elle seule un garçon de charrue et deux filles de basse-cour.
ALBERT, riant.
Ah ! vous m'en direz tant ! (a part.) C'est bien vrai qu'en matière de sentiment, tout dépend des milieux, — et de l'intérêt. Uhabitude y est aussi pour beaucoup, (Haut.) Affaire d'habitude, n'est-ce pas, père Simon? Mais avouez que, dans les commencements, elle a dû vous gêner pas mal. Vous n'en voudrez pas convenir, mais vous savez... il y a de certains moments où, quand on esc nouveau marié, la présence d'un tiers...
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