‹ La lutherie et les luthiersChapitre 128 sur 196 · CHAPITRE V. aj · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. aj

dans les Vosges, près de Mirecourt, est le chef de la famille. A'enu Jeune à Paris, après avoir fait son apprentissage à Mirecourt, il s'était établi dans l'une des dépendances du monastère des moines Saint-Martin, afin de profiter des privilèges et immunités dont jouissaient alors certaines corporations religieuses et certains hôpitaux. Ces privilèges n'étaient pas illusoires : ils permettaient d'abord de se soustraire à la formalité dispendieuse de se faire recevoir dans la corporation; ils exemptaient ensuite de tous les impôts et gabelles. Plusieurs luthiers du xviii^ siècle, à Paris, travaillèrent dans les établissements privilégiés ; c'est ainsi que nous voyons en 1754 Le Pileur, qui avait soin de marquer sur son étiquette :

Privilégiei du Rcy dans l'abbaye Saint-

Germain-des-Préj. (PI. nxv.)

Leclerc qui signait en 1771 :

Au Quinie-J ingts. (Pi. xw.)

Jean-Baptiste Henry travailla chez les moines de l'abbaye Saint-Martin jusqu'en 1788, époque où les privilèges de ce genre furent abolis; il s'établit alors rue Saint-Martin, n° 175, et, depuis, cette famille laborieuse et honorable n'a pas cessé d'exercer son industrie dans la même maison qui porte aujourd'hui le n° i5i.

La lutherie de Jean-Baptiste Henry figure parmi les bons produits de ce genre de la fin du xviii^ siècle. Il ne marquait pas ses instruments; ceux qui portent son nom ont été marqués par ses fils.

11 est mort à Paris en i83i, à l'àgc de soixantequatorze ans; il laissait deux fils:

1° Jean-Baptiste-Félix, né à Paris en 1793, élève de son père. 11 s'établit à Paris en 1817, rue Montmartre, ensuite à Bordeaux, vers 1823, resta deux ans dans cette ville; puis, alla se fixer à Marseille, où il habita de 1825 à 1844. A cette époque, il revint à Paris, et il est mort en i858, rue Fléchier, oii étaient ses ateliers. Il a beaucoup produit, mais n'a jamais signé ses instruments.

Son fils Octave, né en i82(j, a travaillé chez son oncle Carolus, dont nous allons parler, et chez Maucotel, à Paris. 11 s'est établi à Grenoble en 1854, où il s'occupe encore du commerce de la lutherie. 11 a produit des violons.

2° Charles (dit Carolus), né en i8o3, fut élève de son père et lui a succédé à Paris en i83i.

11 a produit un assez grand nombre de violons, altos et violoncelles. Tous ses instruments, sans exception, sont marqués d'une petite étiquette manuscrite à écriture fine et régulière, entourée d'une ligne très nette à l'encre ; en voici le libellé :

Carolus Henry . luthier ^

rue Saint-Manin. n° i^i;

fec.it anno Domini {iSji à iS^i)).

Belle lutherie, vernis rouge, fond jaune; ses patrons ont vaj-ié de dimension, surtout chez les violons.

11 remporta deux récompenses aux Expositions de Paris :

Page 1