‹ La lutherie et les luthiersChapitre 132 sur 196 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LEFFBVRn:. — A Paris, rue du Cimetière-Saint-

Jean, en 1788.

Le Jeune (François). — Maître-juré comptable de la corporation des maîtres luthiers feseurs d'instruments de la ville de Paris pour l'année 1764. Il signait ses instruments :

François Le Jeune, rue de la Juiverie. à Paris, année 176 .. (PI. xxv.)

Il }'• a de lui, au musée du Conservatoire de Paris, un pardessus de viole daté de 1755 (n" 86 du catalogue). Le dernier représentant de cette famille, qui était luthier à Paris, est mort, si nous sommes bien informé, en 1870.

Le Lièvre. — A Paris, milieu du xviii' siècle.

Le Lièvre, rue des Noniandieres (sic) à Paris 275^.

Etiquette imprimée relevée dans un violon assez bien fait. Vernis jaune, genre Grosset.

L'Empereur (Jean-Baptiste). — Maître-juré comptable de la corporation des maîtres luthiers feseurs d'instruments de la ville de Paris pour l'année 1750.

Le Pileur (Pierre). — Grande étiquette longue, écrite à la main, en caractères romains, ainsi conçue :

Pierre Le Pileur. privilégie^ du Roy dans l'abbaye Saint-Germain , à Paris j ij^-f. (PI xxv.)

Je ne connais absolument rien de plus, concernant ce Le Pileur^

Lesclop (François-Henri). — Maître-juré comptable de la corporation des maîtres luthiers feseurs d'instruments de la ville de Paris pour Tannée 1746.

Lot. — Nom de deux fabricants d'instruments à vent qui ne trouvent place ici que parce que l'un d'eux :

Thomas Lot avait été juré en charge de la corporation des luthiers feseurs d'instruments de la ville de Paris en 1748, et plus tard, en 1770, maître-juré comptable de la même corporation.

Le cousin de Thomas, Gilles Lot, habile fabricant d'instruments à vent, avait épousé la fille de Le Clerc, et à la mort de ce dernier était resté avec sa veuve à la tête des affaires en qualité de compagnon. Le musée du Conservatoire de Paris possède, sous le n° 236, un galoubet en palissandre de Gilles Lot-.

Louvet (Pierre). — Maître-juré comptable de la corporation des maîtres luthiers feseurs d'instruments de la ville de Paris pour l'année 1742.

I. Voir à l'article Henry l'explication de l'étiquette de Le Pileur.

1. Gilles Lot avait voulu se faire recevoir maître luthie en 1752, mais il trouva une résistance opiniâtre de la part de ses confrères les fabricants d'instruments à vent qui faisaient partie de la corporation. Il s'ensuivit un procès, dont une partie du dossier existe aux Archives nationales. [Grande chancellerie et conseil; carton V 484, cote 102.)

Le musée du Conservatoire de Paris possède de P. Louvet une vielle avec la marque :

Fûile par P. Louvet. rue Montmartre,

à Paris y à la Jiclle royale, juin 1747

(a" 126 du catalogue).

Louvet (Jeax. — Maître-juré comptable de la corporation des maîtres luthiers feseurs d'instruments de la ville de Paris pour l'année ijôg. Une vielle faite par lui est au musée du Conservatoire de Paris; elle porte l'étiquette suivante :

Fait yar Jean Louvet, rue de

la Croix-des-Petit s- Champs, près

la porte Saint-Honoré, Paris, 17^0

(n" 128 du catalogue).

LupoT. — La famille des luthiers français de ce nom est originaire de Mirecourt; en voici la généalogie, du plus loin qu'on la connaisse :

II y avait à Mirecourt, dans le courant du xvm^ siècle, un luthier du nom de Jean Lupot et sa femme Laure Henry. De cette union naquit :

Laurent Lupot. — Né à Mirecourt en 1(396; luthier comme son père, il avait ajouté à son état d'autres fonctions, car on le retrouve, en 1747, maître d'école à Plombières. En 1751, il quitte Plombières pour aller s'établir comme luthier à Lunéville, oij il reste jusqu'en 1756. On le retrouve en 1762 exerçant sa profession à Orléans. Il eut un fils.

François Lupot. — Né à Plombières en i 73G, il se maria en 1754, étant encore mineur. Ce dernier com-

25o LES LUTHIERS FRANÇAIS.

niença à travailler avec son père à Lunéville, puis en 1758 partit pour Stuttgart, où il fut pendant douze années luthier du duc de Wurtemberg. En 1770, il alla se fixer à Orléans, rue Sainte-Catherine; il est mort à Paris en 1804 (pi. xxvi).

Il avait eu deux fils :

1° Nicolas, né en 1758 à Stuttgart;

2° François, né à Orléans en 1774.

Nicolas Lupot est le plus grand artiste de la famille, et l'influence qu'il exerça sur la lutherie française est considérable.

Aujourd'hui que le temps a consacré ses premiers succès, il est permis d'affirmer qu'il fut à son époque le plus habile luthier de l'Europe.

Il était à peine âgé de douze ans, lorsque son père vint s'établira Orléans en 1770; ce fut là qu'il commença son apprentissage et qu'il se mit avec ardeur à l'étude de la facture des instruments à archet. Ses progrès furent rapides, et en 1704 il s'éloigna d'Orléans pour venir se fixer à Paris, où il demeura d'abord rue de Grammont, puis rue Croix-des-Petits-Ghamps. Il est mort à Paris le i3 août 1824, âgé de soixantesix ans (pi. xxvi).

Ayant acquis une connaissance approfondie des anciens luthiers italiens, il s'attacha surtout à étudier la facture d'A. Stradivari qu'il prit pour modèle.

Nicolas Lupot a fait beaucoup de violons, altos et violoncelles, dans lesquels on reconnaît la main d'un artiste hors ligne. Ges instruments ont acquis une valeur relativement considérable.

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