‹ La lutherie et les luthiersChapitre 133 sur 196 · CHAPITRE V. 2SI · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. 2SI

Il a construit quelques quintettes, deux violons, deux altos et violoncelle, auxquels il s'attachait à donner une analogie parfaite d'apparence et de son ; certains amateurs ont possédé de ces quintettes devenus très rares aujourd'hui.

Nicolas Lupot excellait dans la restauration des vieux instruments italiens : il avait recueilli, sur la facture des anciens luthiers, des observations intéressantes qui ont servi en grande partie à l'abbé Sibire pour composer son livre intitulé la Chélonomie ou le Parfait Luthier.

Je parlerai dans le chapitre suivant du frère de Nicolas Lupot (François), qui acquit une réputation méritée dans la fabrication des archets.

Marquis de Lair. — Luthier à Mirecourt dans les premières années de ce siècle. Modèle d'A. Stradivari, facture négligée, vernis Jaune noir tirant sur le verdàtre.

Marqué au feu sur le haut du fond, sous le talon du manche :

Alarqu'is de Lair d'Oiseau.

Il a fait beaucoup de violons et de basses qui ont eu de la vogue dans le commerce de la lutherie du temps. Sans valeur aujourd'hui. Vilaine apparence, et mauvaise sonorité.

Mast (Jeax-Laurext). — A Paris, seconde moitié du xviii^ siècle. Lutherie assez bien faite : vernis épais à Talcool, devenu presque noir. Nous avons vu de lui

un violon ; le nom est marque au feu sur le boulon de la poignée :

J.-L. Aldst. Paris

et répété à l'intérieur à la place de l'étiquette par le même procédé.

J.-L. Mast eut un fils qui fit son apprentissage chez Nicolas aîné, A la ville de Crémone, à Mirccourt, et s'établit plus tard à Toulouse. Nous avons vu plusieurs violons de Mast fils : il marquait ses instruments au feu comme son père. L'un d'eux porte :

Mast fils j Toulouse j ^"-6-

C'est une bonne lutherie à voûtes élevées sous le chevalet; les ^y mal coupées, dans le genre de celles du père Nicolas, son maître. Il emploie deux vernis : l'un Jaune, l'autre rougeâtre, à l'instar des anciens Italiens.

Maucotel (Charles-Adolphe). — Né à Mirecourt en 1820, où il fit son apprentissage : il vint à Paris en 1839 et entra comme ouvrier chez J.-B. Vuillaume. Il s'établit pour son compte en 1844, galerie Vivienne, puis alla demeurer rue Croix-des-Petits-Champs et ensuite rue Princesse, où il est mort, le 6 février i858, d'une manière tragique. Pris d'un accès de fièvre cérébrale, il se coupa la gorge d'un coup de rasoir, et, transporté à l'hôpital de la Charité, il expira sans avoir pu proférer une parole.

Maucotel était un des bons luthiers de Paris. Il a fait beaucoup d'instruments neufs, violons, altos et

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