CHAPITRE V
pour ses réparations de vieux instruments. Voici ce qu'en dit l'abbé Sibire ^ :
(t Je m'étais fait une loi de m'abstenir de toute citation ; mais, en vérité, je ne puis résister au désir de nommer, entre autres, un homme d'un vraimérite, qui, avec un talent très prononcé pour ^toutes les parties de l'art, s'est attaché spécialement à remettre sur pied, à rajeunir ces centenaires décrépits (les vieux instruments) et à les rétablir dans leur première fraîcheur; c'est le sieur Namy... Ses preuves sont faites depuis un quart de siècle, et même elles se réitèrent journellement... Nul n'a étudié plus à fond leur tempérament et leurs besoins ; toutes les fois qu'il me tombe sous les yeux des instruments qui portent l'empreinte de ses savantes réparations, je reconnais la trace de l'habile main qui les a entreprises ; je dis tout d'un coup : Voilà du Namy, comme je dirais : Voilà du Crémone ! ))
Ces lignes étaient écrites par l'abbé Sibire, en 1806 ; Namy a dû mourir quelques années plus tard. Il avait travaillé chez la veuve de Salomon, car dans un violon fait par lui se trouvait l'étiquette suivante :
Fait par Namy^ luthier^ chei Madame Salotnoi^ à Paris ^ ^77^»
Nezot. — Contemporain de Louis Guersan, seconde moitié du xviif siècle. Il existe de lui, au musée du Conservatoire de Paris, un pardessus de viole à six cordes (n° 88 du catalogue).
I. J. Gallay, les Luthiers italiens aux xvn^ et xviu® siècles, contenant la réédition du Parfait luthier de l'abbé Sibire, Paris, 1869.
Nicolas (François-Nicolas Fourrier, connu sous le nom de). — Né à Mirecourt le 5 octobre 1708, travailla à Paris depuis 1784 environ jusqu'en 181G, époque de sa mort.
Il fut nommé en 1804 « luthier de la chapelle de l'Empereur et de toute sa musique particulière », et fit tous les instruments à cordes de la chapelle de Napoléon P^
Il a laissé des instruments qui sont assez estimés. J'ai trouvé dans un violon de Cuny la curieuse étiquette manuscrite que voici :
Réparé par Fourrier Nicolas.
luthier de la chapelle de S. AI. l'empereur.
pour son ami Julien^ chef d'orchestre
des bals de la cour^ iSo6.
Nicolas. — Nom d'une famille de luthiers de Mirecourt, dont deux membres seulement nous sont connus d'une manière positive :
Nicolas (Didier l'aîné, dit le Sourd). — Né à Mirecourt en 1757, mort en cette ville en i833.
Il avait pris pour enseigne : A la ville de Crémone.
Didier Nicolas fut un luthier habile dont les instruments authentiques sont estimés. Il y eut à Paris, en 1806, une Exposition des produits de l'industrie, dans laquelle il obtint une médaille d'argent; le violon qui lui valut cette distinction est joué aujourd'hui par son arrière-petit-fils.
Les instruments de Nicolas aîné, quoique d'une