‹ La lutherie et les luthiersChapitre 151 sur 196 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Vlillaumi: (Claude). — Né à Mireccurt en 1772, époux d'Anne Leclerc, née en 1767 dans la même ville, est le chef connu de la famille.

Il était luthier et s'occupait surtout de la facture des violons à bon marché. Il marquait ses instruments de son nom seul, au fer rouge.

Il eut de son mariage cinq enfants :

Jean-Baptiste, né le 7 octobre 1798;

Nicolas, né le jour de l'Ascension, 1800;

Nicolas-François, né le i3 mai 1802-,

Elisabeth, née en mars i8o5-,

Claude-Fi^ançois, né en mars 1807.

Les quatre fils embrassèrent la profession de leur père et commencèrent à travailler sous sa direction. Celui-ci avait adopté pour les produits sortis des mains de ses jeunes élèves une marque spéciale et de fantaisie :

Au roi Dai'id.

Pans.

imprimée en gros caractères, au fer rouge, dans le fond.

Tous les violons portant cette marque du }^oi David sont donc l'œuvre de l'un des membres de la famille Vuillaume, encore apprenti luthier.

Nous voyons par ce qui précède que l'aîné de la fam.ille était :

Vuillaume (Jean-Baptiste), — Né le 7 octobre 1 798 à Mirecourt : ce fut lui qui illustra le nom et qui restera la gloire de la lutherie française au xix* siècle.

Il avait à peine atteint sa dix-neuvième année, lorsque Francis Chanot, qui venait d'obtenir un brevet pour l'exploitation commerciale du nouveau violon inventé par lui, l'engagea comme ouvrier pour travailler à cette fabrication. J.-B. Vuillaume arriva donc à Paris en 1818, resta deux années avec Francis Chanot, le quitta en 1821 pour entrer chez un fabricant d'orgues nommé Lété, qui tenait magasin de lutherie rue Pavée-Saint-Sauvcur, sous la raison sociale : Lété-Simon aîné et Payonne; il devint l'associé de cette maison, et, en 1825, s'établit rue Croix-des- Petits-Champs, sous la raison Lété et Vuillaume. En 1828, il se sépara définitivement de Lété et resta seul rue Croix-des-Petits-Champs, n" 46.

Dans l'intervalle, il avait épousé M^'^ Adèle Guesnet, appartenant à une très honorable famille de Clermont (Oise) : femme d'une intelligence hors ligne, et qui, par son dévouement et ses bons conseils, contribua dans une large part aux succès de son mari. Après un séjour de près de trente-cinq ans rue Croixdes-Petits-Champs, il vint habiter en 1860 une propriété qu'il possédait aux Ternes, rue Demours, n° 3, et y transporta ses ateliers; c'est là qu'il termina sa longue et laborieuse carrière.

Voilà, esquissées à grands traits, les principales phases de l'existence de J.-B. Vuillaume; nous avons à entrer maintenant dans le détail de ses travaux.

Lorsqu'il entra chez Francis Chanot, il était déjà d'une habileté remarquable; aussi ne trouva-t-il pas là un aliment suffisant à son besoin d'apprendre ; son association avec Lété, qui était un habile négociant

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