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CHAPITRE VI

L'archet, — La fabrication de l'archet en France vers la fin du xviii* sidcle par les Tourte. — François Tourte. — Lupol. — Eury. — Lafleur. — Persoit.

— Peccate. — J.-B. Vuillaume. — Ses études sur l'archet de François Tourte.

— Ses archets en métal. — A hausse fixe. — John Dodd en Angleterre. — Dernières considérations sur l'état de la lutherie en France de nos jours.

L'instrument et l'archet forment un tout qui ne peut être séparé. Après avoir parlé du premier, il me faut maintenant parler du second et essayer d'indiquer en quelques mots par quelles phases a passé cette petite baguette merveilleuse, avant d'en arriver à la perfection où elle est aujourd'hui.

Dans l'histoire de l'art instrumental, la facture de l'archet progresse parallèlement à celle de l'instrument lui-même.

Il nous est facile, en effet, de deviner ce qu'était l'habileté des joueurs de crouth, de rubèbes et de violes du moyen âge, envoyant cet arc court, forte-

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ment tendu par un lien fixe à ses deux extrémités. Il ne pouvait en résulter qu'un raclement, et pas autre chose. Cependant nos braves confrères de l'ancien temps avaient aussi leur talent et faisaient la distinction de celui qui savait bien ou mal Ircrc lai^çon :

Quar certes, je ne troveroie Qui tel présent me vousist ferc Tant s'cusse bien d'arçon trere,

dit, en l'an 1200, le Ménestrel K

Depuis ces temps légendaires Jusqu'au xvi*^ siècle, nous voyons peu de changements dans la forme de l'archet; cependant, tout en conservant sa ressemblance avec un arc fortement tendu, il s'est allongé, a pris une forme plus maniable, et l'on comprend aisément que l'habileté de l'instrumentiste en ait profité.

Ce n'est que lorsque Corelli formula les principes qui devaient fonder la première école de violon, que les modifications dans l'ensemble de l'archet devinrent sensibles et qu'il acquit une apparence toute nouvelle.

Déjà, pendant le xvii® siècle, la nécessité s'était fait sentir de donner à la baguette une variété de tension que l'exécutant pût modifier suivant ses besoins; on avait inventé, pour atteindre ce but, une crémaillère adaptée à la hausse, et qui, moyennant une bride en fil de fer, servait à tendre ou à détendre les crins.

I. Le dit de la maaille. Pièce de vers dans un manuscrit du xni"' siècle. Bibl. nat., fonds français n" SSy, f" 175 verso, à la fin de la seconde colonne.

La maaille était une petite monnaie de cuivre valant la moitié d'un denier.

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