CHAPITRE VI
glais. Ses archets sont, en eflct, très remarquables par le magnifique choix du bois et leur belle facture, mais ils ont souvent un défaut : ils sont trop courts ^
Je dois à l'obligeance de M. le docteur Sellé, de Richmond, qui a connu J. Dodd pendant quarante ans, quelques notes biographiques sur le maître, qu'on me saura gré de traduire ici fidèlement :
« J'ai d'abord connu John Dodd à Kew, lorsque j'avais douze ans. A cette époque, il me fit un archet de violon remarquable par sa longueur et son élégance. Il était patronné par un éminent professeur de cette ville, M. Richard Platt : ce gentleman et moi avons beaucoup contribué à le soutenir, non seulement en lui achetant ses archets, mais encore en lui venant en aide, lorsqu'il manquait des communes nécessités de la vie.
« Nous le visitâmes à la n'orkJiouse de Richmond, où il mourut le 4 octobre 1839 d'une bronchite, à l'âge de quatre-vingt-sept ans.
« Il fut inhumé à Kew (non à Richmond, comme il est dit dans l'ouvrage de Forster).
« De sa personne, il était très petit, et se dandinait plutôt qu'il ne marchait. Il était négligé dans sa mise, portait un vieil habit râpé des plus misérables, des culottes courtes et un chapeau à larges bords. Ses habitudes étaient très régulières, dans le genre le plus irrégulier, jusqu'à visiter quatre fois par jour les voi-
I. « The best bows of this maker are highly esteemed, and partake of ail the excellencies of those of Tourte. Some of them, however, are rather short which is perhaps their only defect. » (Pearce, Violins and violin niakers, London, 1866.)