CHAPITRE H. Y
Drixda (Giacomo). — Pianzo, 17...
DUIFFOPRUGCAR (GaSPAr).
(( Luthier italien natif du T3T0I, où il exerçait la profession de marqueteur, et qui vint s'établir à Bologne en i5io. Lorsque François 1", après la bataille de Marignan, alla à Bologne jeter les fondements du Concordat avec le pape Léon X, il connut Duiffoprugcar et le ramena avec lui à Paris; l'artiste travailla d'abord à Paris, puis à L3^on. »
Ce qui précède est dit par tous les biographes. Je n'ai pu en contrôler l'exactitude par aucune espèce de preuve, car nulle part, dans les archives de l'époque, je n'ai rencontré ce nom. Je me suis adressé à Lyon à M. Guigues, le savant archiviste de la ville, qui a bien voulu se livrer pour moi à de longues recherches; elles ont été vaines.
J'ai vu la copie d'une étiquette de ce maître, qu'on m'a affirmé avoir été prise sur l'original. Cette pièce a la forme d'un triangle renversé, elle porte ces mots imprimés en romain :
Gaspar Duiffoprugcar a la Coste S' André à Lyon.
Les amateurs connaissent le beau portrait fait en i562 par le graveur Pierre Wœriot, qui habita Lyon pendant longtemps. Duiffoprugcar y est représenté à l'âge de quarante-huit ans ; si Wœriot avait eu le soin de nous dire en quelle année son sujet avait cet âge, nous serions édifiés sur un point important ; malheureusement il n'en dit rien. En admettant que Duillo-
6o LES LUTHIERS ITALIENS.
prugcar avait vingt-cinq ans lorsque François T"'' l'amena en i5i5 et qu'il eût vécu une soixantaine d'années, il serait mort vers i55o. Je suppose donc qu'il a travaillé en France de i5i5 à i53o environ.
J'ai été obligé de chercher à préciser ces dates biographiques pour Juger aussi impartialement que possible les œuvres de lutherie du maître, sur lesquelles on me paraît être singulièrement induit en erreur.
Je dirai d'abord ce que je connais par moi-même de ses instruments; j'ai vu de lui :
1° La fameuse basse de viole au plan de Paris incrusté sur le fond, ayant appartenu à M. Raoul, puis à J.-B. Vuillaume, et aujourd'hui la propriété de M. L. Depret. Le chevillier, merveilleusement sculpté, se termine par une tête de cheval à la crinière tombant de chaque côté.
2° Une basse de viole, également à tête de cheval sculptée, surmontant le chevillier, fond magnifiquement incrusté, représentant le sujet connu sous le nom du (c Vieillard à la chaise d'enfant », dont on attribue le dessin à Baccio Bandinelli, et la gravure à Augustin Vénitien, laquelle aurait été publiée de i52o à i536. L'éditeur Salamanca en fit un nouveau tirage en i538.
Cet instrument, d'une authenticité incontestable, appartenant à AL le comte Louis de Waziers, est un des types les plus curieux de la lutherie de cette époque.
3° Une charmante petite basse de viole, propriété de M. Chardon-Chanot, luthier à Paris : forme gracieuse, le fond orné d'incrustations, et, chose vraiment