CHAPITRE II
singulière, le chcvillicr à tète de cheval, absolument comme les deux premières. Un vrai bijou.
On m'a affirmé qu'il existe une autre basse de viole de l'auteur, dont le fond, incrusté comme celui des trois autres ci-dessus mentionnées, serait l'original sur lequel Wœriot aurait pris les éléments du portrait de l'auteur publié en i562, avec cette légende ainsi disposée :
Vivd fui in s y Uns ; su/ii
dura occisa securi.
Dum vixi. tacuij mortua
dulce cano\
Existe-t-il d'autres instruments du maître ? Des violes, peut-être; quant aux nombreux violons qui courent le monde sous son nom, ils sont apocryphes, et Je conseille aux amateurs d'être prudents dans l'achat de ces pièces trop curieuses, qui, suivant moi, sont toutes fausses sans exception.
A l'époque où Duiflbprugcar travaillait, le violon commençait à peine à naître; son nom même était inconnu en Italie jusqu'en i533 % et en France jusqu'en i55o; ce luthier n'a donc pas fait de violons, parce que, de son temps, l'instrument n'existait encore qu'à l'état rudimentaire et que ses formes n'étaient pas encore arrêtées.
1. L'auteur de cette e'pigraphe fait parler la viole qui dit, en faisant ingénieusement allusion au bois dont elle est construite : (' J'ai été vivante dans les forêts. La hache cruelle m'a tuée. Vivante, j'étais muette ; morte, je chante doucement. »