‹ La lutherie et les luthiersChapitre 46 sur 196 · CHAPITRE I I. 7p · texte numérisé non relu

CHAPITRE I I. 7p

Son père s'appelait Bernardo et était frère cadet d'Andréa.

Gian Battista épousa Angiola Maria Locatelli, le 3 août 1682. Il eut de ce mariage six enfants : deux filles et quatre fils :

1° Giuseppe Antonio, né le 8 juin iG83, mort peu de mois après sa naissance ;

2° Giuseppe (dd JcsiiJ, né le 16 octobre 1687; 3" Giovanni, né le 9 janvier 1692; 4° Domenico Apollinare, né le 10 mars 1701. De tous les membres mâles de la branche cadette, un seul fut luthier :

GuARNiERi (Giuseppe). — Né le 17 octobre 1686^; connu sous le nom de :

Joseph Guanicrius del Jesîi

à cause de la marque ►î»

IHS

qu'il mettait sur ses étiquettes (PI. xii).

L'acte de naissance de Joseph del Jesù se trouve

sur les registres de la paroisse San Donato à Crémone,

vol. II, page 83. Il résulte de ce document que l'acte

de naissance et de baptême de Joseph Guarnerius del

Jesià, donné par Fétis dans sa brochure intitulée :

I. « Anno 168 sesto. Die décima septima octobris, Joseph filius D. Joannis^ Baptista de Gai-neris et Maria de Locadcllis, bapti^atus fuit p. tne J. B. Baropiun. Patrinus fuit Franciscus Baropus hujus vicinetœ obstetrix pro Rev^ Matre D. Clara Teodora Nicola Professa in monasterio Stœ Mariœ Cistelli. » (Atti parrochiali di S. Donato) de PiccolcUis, lac. cit., vol. II, page 83.

A. Stradii>ari, est erroné. Le vicaire Fusetti, duquel Fétis tenait ce renseignement, avait copié dans les archives l'acte de naissance du premier né de Gian Battista Guarnieri, nommé Giuseppe Antonio, né, en effet, le 8 juin i683, mais décédé peu de mois après sa naissance; si le vicaire Fusetti avait poussé plus loin ses recherches, il aurait trouvé le véritable acte de baptême de Joseph del Jesù qui n'avait qu'un seul prénom, celui de Giuseppe.

Parmi les pièces concernant la branche cadette des Guarnieri et qui se trouvent dans les archives de la paroisse de San Donato à Crémone, on voit figurer le nom de Joseph jusqu'à la fin de l'année 1702; à partir de cette époque, on perd entièrement sa trace.

Tout devient, dès lors, mystère dans la vie de cet homme, et la légende s'empare de lui. Il court le monde, conimet un crime, est mis en prison; là il fait des violons, la fille du geôlier se met à son service, lui procure les fournitures nécessaires, prépare son vernis : ces instruments ont, paraît-il, un type tout particulier; de là les fameux violons de la servante.

Après la prison, on n'entend plus parler de lui, pas même dans sa ville natale où, depuis 1702, on ne peut retrouver, jusqu'à ce jour, aucun document le concernant.

Je me permettrai, à mon tour, une courte observation : les marques de tous ses violons, sans une seule exception, sont datés de Crémone : Fccit Cremonx.

De deux choses l'une : ou le fccit Cremonœ est l'expression de la vérité, et il devient alors évident que l'artiste a passé une grande partie de son exis-

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