‹ La lutherie et les luthiersChapitre 47 sur 196 · CH APIT RE II · texte numérisé non relu

CH APIT RE II

tcncc à Crémone, ou le fccit Creinoiiœ est faux, et il faut renoncer à toute supposition logique, sans preuve à l'appui.

De nouvelles et courageuses recherches dans les archives de Crémone n'amèneraient-elles pas, à ce sujet, des résultats curieux et inattendus?

L'œuvre de lutherie de Joseph Guarnerius del Jesù est obscure comme les légendes dont on affuble son existence : magnifique et médiocre tout à la fois !

Ses violons ont acquis une grande réputation grâce à la vogue que leur a donnée le célèbre Paganini, qui jouait un des plus remarquables spécimens du maître conservé aujourd'hui dans le musée de Gênes.

Notre grand violoniste Alard en possédait un daté de 1742, qui est certainement un des plus beaux, sinon le plus beau qui existe (PI. v).

On ne connaît absolument rien de la carrière d'artiste de Joseph del Jesù. Où et chez qui a-t-il fait son apprentissage? à quelle époque a-t-il commencé à produire ?

Fétis divise l'œuvre de lutherie de del Jesù en trois périodes sans leur assigner de date, ce qui n'éclaircit pas beaucoup la question.

Chez Antonio Stradivari, depuis l'âge de trente ans jusqu'à sa mort à quatre-vingt-douze ans, on suit pas à pas chacune de ses manières, chacun de ses progrès !

Chez Joseph Guarnerius del Jesù, une seule époque chronologique : lySo environ à 1745, et je ne crois pas trop m'avancer en disant que ses plus belles œuvres n'ont pas paru avant 1735.

Le caractère général de la lutherie de Joseph del Jcsù est l'originalité; le dessin des coins est plus court et moins gracieux que chez A. Stradivari ; la largeur générale de Tinstrument est un peu plus forte, le dessin des ^jf unique; posées plus perpendiculairement que chez la plupart des autres luthiers italiens, elles sont plus longues et afîectent à leurs extrémités une carrure particulière. Le vernis rose-rouge sur fond ambré est souvent splendide. La main-d'œuvre est sensiblement moins soignée que chez A Stradivari. En résumé, un violon de Joseph del Jesù de la belle époque, c'est-à-dire de lySô à 1745, lorsqu'il est bien conservé et d'une authenticité incontestable, est une pièce enviable à tous égards.

Quant aux instruments de second ordre attribués au maître, et ils sont nombreux, je ne puis rien en dire. On a cru devoir les classer en différentes catégories : violons de prison, de la servante, etc.; il n'est pas rare d'en rencontrer chez les marchands de lutherie, mais j'avoue mon ignorance complète sur la matière.

Les imitations, même anciennes, sont nombreuses, souvent bien faites, et il est vraiment difficile de sortir sain et sauf du lab3Tinthe.

GuDis (HiEROxiMo). — A Crémone, dans la première moitié du wui'^ siècle.

Hieroniino Gudis da Creinona. 1727,

Petite étiquette manuscrite en caractères très fins, relevée dans une charmante viole d'amour avec manche

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