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CHAPITRE IV

possèdent aujourd'hui, les collections les plus rares en ce genre; hommage mérité, rendu à des chefsd'œuvre incontestés, mais dont le résultat final fut l'abandon complet de la facture des instruments, pour le commerce exclusif de la lutherie italienne : cela est à regretter, car il ne manque pas dans le Ro3'aume-Uni d'hommes habiles et laborieux, qui auraient pu apporter un appui valable à cet art charmant, cultivé encore par des ouvriers de grand talent, dans les autres pays de l'Europe.

Il 3^ a malheureusement des motifs assez sérieux à cette abstention ; le principal se rencontre dans le peu de bénéfice réalisé par la facture artistique des instruments neufs; la machine et la production hâtive et sans soin établissent une concurrence redoutable, même pour le violon !

Un marchand, en vendant un quatuor d'A. Stradivari, gagnera en un instant le bénéfice de deux années de travail d'un artiste laborieux! Cela n'est pas toujours avantageux pour l'acheteur, et encore moins pour l'art, mais le vendeur fait incontestablement une bonne opération.

Loin de moi l'idée de médire de l'ancienne lutherie italienne, je suis un admirateur sincère de tous ces grands maîtres auxquels nous sommes redevables de tant de chefs-d'œuvre; ne devons-nous pas cependant songer non seulement à l'avenir, mais encore au présent immédiat ? Comment se désintéresser de cette question lorsque les instruments de l'ancienne école italienne ont atteint les prix auxquels nous les voyons aujourd'hui ?

Il est un seul mo3'en de sortir de cette impasse

172 LA LUTHERIE ANGLAISE.

périlleuse : encourager par tous les mo3'en.s possibles la production de la lutherie nouvelle contre laquelle on entretient un préjugé déplorable se résumant en ce peu de mots : « Cet instrument est neuf, donc il sonne mal, car le temps seul est le grand facteur! »

Erreur complète! parmi les instruments tout à fait modernes, il s'en trouve d'absolument parfaits, et parmi les instruments anciens, pa3^és souvent au poids de l'or, d'absolument médiocres, pour ne pas dire mauvais. C'est là une vérité qui défie toute contradiction.

Addison (William). —Londres, 1670. Faiseur de violes.

AiRETON (Edward). —Né en 1727, travailla d'abord chez Peter Wamsley.

Il a fait un grand nombre de violons et de violoncelles dans 1-e genre d'Amati. Ses instruments sont estimés en Angleterre. Il est mort en 1807 K

Aldred. — Faiseur de violes à Londres au commencement du xvii' siècle. Mace le cite dans son Miisick's Monument comme l'un des plus habiles luthiers de son temps ^

1. The violin, its famous makers, etc., by George H art. London, 1886.

2. Mace, Musik's Monument, London, 1676, page 245., Cité par le savant éditeur des Mémoires de North, page 70, note. London, 1846.

Baixes. — Seconde moitié du xviii'' siècle.

Baker (John). — Oxford, 1G48. Une basse de viole à quatre cordes de ce luthier figurait à l'exposition du Kcnsington Musœum à Londres, en 1872. Cette viole était dans sa forme primitive : l'auteur avait sans doute voulu imiter le violoncelle qui se faisait en Italie depuis longtemps déjà. Notre émincnt violoncelliste, M. Auguste Tolbecque, possède une magnifique basse de viole signée :

Francis Baker m, Paul s Church yard, i6()G. London.

Cet instrument, qui est à six cordes, a des sons ravissants.

Banks (Ben7ami\). — A Salisbury. Né en 1727, mort en 1795 (i). On le considère comme le meilleur luthier de l'école anglaise du xviii'' siècle. Ses instruments sont marqués :

Benjamin Banks

fecit

Salisbury

Benjamin Banks

musical instrument maker

in Catherine Street, Salisbury. z/...

Il emploie souvent la marque B. B. qu'il applique au fer chaud sur différentes parties de l'instrument. Benjamin Banks s'est attaché à Nicolas Amati,

I . Le Violon, ses luthiers, etc., par George Hart. Paris, Schott frères, 1S8G.

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