V-^^ S^ Lecteur en Théologie
Permis d'imprimer :
Fr. Henri Hage, G. P.
Vicaire-Général des Dominicains.
Imprimatur :
t L.-N., Arch. de Québec.
8 juin 1911.
Droits réservés, Canada, 1911.
Lettre - Préface
pour la seconde édition de
Révérend et bien cher Père,
Quand, au mois de décembre 1910, vous m'avez confié votre pensée de réunir vos articles sur (( la Tempérance )) en une brochure qui porterait le titre : « La lutte antialcoolique — Pour vous. Mesdames » — je n'ai pas hésité à vous encourager dans cette entreprise, et de grand cœur j'ai souhaité bon succès à votre travail.
Le succès est venu, et si complet, et si rapide, qu'aujourd'hui, une deuxième édition s'impose. Ce succès, vous le méritez sans conteste : votre dévouement à la cause de la Tempérance, les études que vous avez faites, les statistiques que vous avez recueillies, les prédications et les conférences que vous avez données, tout vous autorisait à consigner dans cet ouvrage vos réflexions, vos craintes et vos espoirs, non moins qu'à signaler les remèdes les plus efficaces contre le fléau de l'alcoolisme.
Aussi, les approbations ne vous ont pas manqué. Elles sont venues de très-haut, et de ceux-là mêmes que (( V Esprit-Saint a placés pour régir l'Eglise de Dieu ». NN. SS. les Evéques des Trois-Rivicres, de Sherbrooke, de Rimouski, de Valleyfield,
de Joliette, de Régina, ont tenu à vous remercier et à vous féliciter. « Vous avez fait une œuvre excellente », vous dit Monseigneur V Archevêque de Montréal. Et Monseigneur V Archevêque de Québec vous écrit : « Cet opuscule fera grand bien, non-seulement aux (( Dames », mais encore plus peut-être aux (( Messieurs ». // réfute victorieusement tous les sophismes qui se colportent partout, dans les châteaux et dans les chaumières, en faveur de Vusage des alcools. Je vais le recommander à mon clergé durant les retraites pastorales qui vont avoir lieu incessamment. »
De son côté. Monseigneur V Auxiliaire, Président des Sociétés d'Action Sociale et de Tempérance, a voulu faire écho au vénéré Pasteur de Québec, et vous écrire : « Je me réjouis grandement de voir la littérature antialcoolique s'enrichir rapidement, et fournir aux apôtres de la tempérance des armes et des munitions de première qualité. Vous occuperez désormais parmi ces écrivains une place d'honneur.
« Votre parole ardente avait déjà fort bien servi la grande cause de la tempérance. En se fixant toute chaude encore aux pages d'un tract populaire, elle va multiplier sa bienfaisante influence. »
Enfin, je ne puis me tenir de citer, dans son texte intégral, la magnifique lettre que vous adresse Monseigneur VEvêque de Saint- Hyacinthe, et qui consacre, pour ainsi dire, vos intentions et vos œuvres :
(( C'est avec un intérêt aussi vif que réel que j'ai parcouru votre petit volume : (( La lutte antialcoolique ». Le volume est petit, en effet, si on compte
les pages, mais combien rempli d* enseignements lumineux et scientifiques, de preuves convaincantes, défaits éloquents.
^^ Sous une forme attrayante, avec un style alerte et vivant, coloré et imagé, vous nous dites ce que c'est que V alcool sous toutes ses formes, et, lui arrachant son masque menteur, vous nous le montrez avec son vrai visage, vous l'appelez de son vrai nom : poison! Puis, allant chercher l'ennemi jusque dans ses derniers retranchements, vous attaquez avec vigueur, avec une dialectique aussi puissante que lumineuse, les préjugés soigneusement cultivés par le marchand d'alcool, les prétextes inventés par la passion et mis en avant par l'ignorance.
(( Ce qui me fait particulièrement plaisir, c'est que vous ne vous arrêtez pas à dire les méfaits et la hideur de l'ivrognerie répugnante, mais que vous montrez aussi les effets désastreux de cet alcool même chez ceux qui, ayant horreur de l'ivresse brutale, ne s'empoisonnent pas moins sûrement dans l'usage habituel qu'ils font, à doses plus ou moiiis fortes, des liqueurs distillées ou fermentées. Hélas! comme vous le prouvez si clairement, ces effets désastreux ne s'arrêtent pas à ceux qui boivent ainsi, mais font aussi le malheur physique et moral des générations suivantes.
(( Enfin, mon Révérend Père, en adressant votre livre aux femmes canadiennes, aux mères, en leur disant, à elles, leurs responsabilités, en leur marquant leur devoir, en leur moyiirant le bien immense qu elles peuvent faire, l'influence bienfaisante qu'il leur est donné d'exercer, vous employez l'un
des moyens les plus puissants de faire triompher la belle cause de la tempérance.
« Vous méritez donc, mon Révérend Père, toutes félicitations. Mais je sais que ce que vous cherchez, c'est de faire un peu de bien, et votre meilleure récompense, la seule que vous ambitionnez, c'est d'y réussir. Aussi, suis-je heureux de vous afirmer que votre petit livre fera du bien. »
Aux approbations épiscopales je pourrais ajouter les approbations de curés, de prêtres et de religieux.
L' Etat et la Faculté se sont unis pour louer votre ouvrage: l'Etat, dans la personne du Secrétaire Provincial, V honorable M. Jérémie Décarie, qui vous offre « ses sincères félicitations pour ce beau et pratique travail » ; la Faculté, dans la personne du Docteur Eugène Saint- Jacques, qui juge que (( le livre est joliment présenté », que (( tout y est classé clairement, tout y est dit et cependant sans longueur )) et qu'enfin, (( la lecture en est agréable et devrait porter une conviction effective ».
De l'étranger même, des remerciements vous ont été adressés : L.L., E.E. le Cardinal- Archevêque de Matines et le Cardinal Falconio, alors Délégué apostolique à Washington, les Docteurs de Vaucleroy, secrétaire général de la ligue patriotique contre l'alcoolisme en Belgique, et Henri Triboulet, médecin à l'Hôpital Brousseau, à Paris — je ne cite que les principaux — vous ont écrit dans des termes élogieux.
Aussi, ne faut-il pas s'étonner que la presse — je parle de la bonne et chrétienne presse — ait fait
bon accueil à voire travail. Nos meilleurs journaux et nos plus importantes revues se sont plu à faire remarquer r intérêt que présente votre livre, les conseils sages et judicieux que vous y donnez, l'opportunité de la croisade à laquelle vous prenez une part si active et si efficace, enfin, la solution que vous et vos confrères dans la lutte, vous proposez au problème de V alcoolisme, solution qui a donné déjà de si beaux résultats et ramené la paix au sein de si nombreuses familles. La « Nouvelle- France )) comme le « Rosaire », (( V Action Sociale )) comme le <( Bien Public », la « Vérité » comme la (( Patrie », tous reconnaissent que vous avez fait œuvre utile, et que, selon les expressions de Vun d'eux, votre livre est à répandre largement chez le peuple, comme chez tous ceux qui ont besoin d'arvies solides pour combattre le fléau de V alcoolisme.
Tout le monde comprendra, après cela, pourquoi je suis heureux, mon Révérend et bien Cher Père, de présenter au public la seconde édition de votre « Lutte antialcoolique ». Je suis persuadé quelle fera encore plus de bien que la première, et, m' emparant d'un vœu que vous faisait un de vos frères en religion, je souhaite quelle se perpétue jusqu'à la quatrième édition et au-delà.
Vous avez eu une de ces pensées qui ne peuvent venir que du cœur, quand vous avez dédié votre ouvrage « aux Femmes de votre pays ». C'est dans leurs cœurs d'épouses et de mères que vous avez jeté le cri d'alarme ; c'est en elles que vous espérez pour anéantir le fléau qui est toujours menaç^ant, c'est à leur amour que vous vous adressez pour obtenir le triomphe. « Connaître le danger,
dites-vous, est la première condition four le combattre avec succès. » Nos femmes canadiennes ne se contenteront pas de connaître le danger : grâce à la persécution que vous faites à Valcool, elles iront plus loin, et avec la grâce de Dieu, elles deviendront les meilleurs défenseurs de la lutte antialcoolique, et par là même, de leur foyer et de leur bonheur.
Soyez donc béni, mon cher Père, pour le bien que vous avez fait, comme pour celui que vous ferez encore, et puisque la bénédiction des Supérieurs est un gage de succès, continuez avec confiance la mission que vous avez entreprise pour la gloire de Dieu, pour le salut des âmes et pour V honneur de votre chère patrie.
Agréez, Révérend et Cher Père, V expression de mes religieux et affectueux sentiments en Noire- Seigneur et en Saint Dominique.
Fr. HENRI H AGE,
Pr. Prov. des FF. Prêcheurs.
Saint-Hyacinthe, 22 juillet 1913, en la fête de Sainte Marie-Madeleine, Protectrice de notre Ordre.