‹ La Lutte antialcooliqueChapitre 7 sur 32 · DES TÉMOIGNAGES · texte numérisé non relu

DES TÉMOIGNAGES

La Société Médicale belge de Tempérance vient de donner un exemple magnifique de ce que peuvent l'entente et l'union entre gens qui poursuivent le même but. Elle a organisé un référendum dans le corps médical belge,

demandant à chaque médecin son opinion au sujet de l'usage des boissons alcooliques. Elle leur a envoyé à chacun une carte postale avec réponse contenant les déclarations suivantes :

Je déclare être d'accord avec la Société Médicale de Tempérance sur les conclusions suivantes :

1° C'est une erreur de croire que l'usage des boissons alcooliques donne des forces, nourrit ou réchauffe ;

2° Il est parfaitement possible de vivre en excellente santé et de se livrer au travail, sans boire ni alcool, ni aucune boisson alcoolique ;

3° L'usage des boissons alcooliques prépare et aggrave les malades ;

4° L'eau bien pure est la boisson la plus hygiénique )).

Voici le résultat de cette consultation :

1487 médecins ont répondu à la Société Médicale. Les réponses se répartissent de la façon suivante :

Approbation complète des quatre

conclusions 1426

Approbation spéciale consistant à

souligner ou à ajouter quelques

mots 23

Approbation avec quelques restrictions sur l'un ou l'autre point. . 31 Approbation partielle avec fortes

restrictions 5

Réponses absolument défavorables. 2 Voilà donc les médecins belges presqu'unanimement d'accord pour condamner l'alcool et le déclarer inutile et nuisible. (Cf. Rapport du Dr de Vaucleroy au Deuxième Congrès National belge contre l'alcoolisme, 7 juin, 1910). En citant ce Rapport, nous ajoutions : « Il y aurait certes intérêt à savoir ce que pensent nos médecins canadiens. Le moyen est facile et pratique. ))

Notre vœu a été exaucé, grâce à l'initiative de l'École Sociale Populaire, de Montréal.

Parmi les témoignages, il nous fait plaisir de citer celui de la Société Médicale de Montréal.

(( Extrait des minutes de la Société Médicale de Montréal, mardi, 3 décembre 1912.

Il est proposé et unanimement résolu :

(( Que la Société Médicale de Montréal loue l'initiative de l'Ecole Sociale Populaire pour connaître l'opinion des Médecins de la Province de Québec au sujet de l'alcool ;

« Que la Société Médicale de Montréal, comme corps, approuve les conclusions suivantes du rapport de la Ligue antialcoolique, aux Commissaires royaux chargés de s'enquérir sur l'alcool dans la Province de Québec, savoir :

(( (1) La science contemporaine soutient, avec raison et preuves à l'appui, que l'alcool, poison surtout du foie et du système nerveux, est, en vérité, une substance dangereuse, dont les hommes doivent absolument s'abstenir.

(( (2) Il n'y a pas de boissons hygiéniques parmi les boissons alcooliques.

« (3) L'usage extrêmement modéré d'une des boissons fermentées peut ne pas toujours nuire à certains individus, mais n'est jamais véritablement salutaire.

« (4) Pour être en possession aussi complète que possible, à tous les instants de notre existence, de nos facul-

tés et de nos moyens naturels, il faut être d'une rigoureuse abstinence.

Le secrétaire,

G.-Wilfrid Derome.

A noter que : « Six-cent-soixante-dix^ sept (677) Médecins de la Province de Québec ont approuvé, par leur signature, les mêmes résolutions. '-^^

Un seul individu, caché sous le pseudonyme (( Jean Pol )), a, contre ces conclusions, protesté dans un article vide de sens et de bon sens ; article digne à tout point de vue, du journal où il a trouvé asile : Le Pays.

Il n'y a certes pas lieu de récuser le témoignage de la Faculté. Aussi, faisons-nous nôtres les remarques du Secrétaire-Général de la Ligue Patriotique belge :

(( Est-il encore possible, après de tels verdicts, de prendre la défense de l'alcool, ce grand coupable qui ravage le pays, sème la misère et le crime, et

(1) — Cf. « Contre Valcool)), par le Dr J. Gauvreau, L'École Sociale Populaire, publication mensuelle. Nos 18-19.

1075, rue Rachel, Montréal.

détruit la santé, la vitalité et la moralité du peuple ? Tous les bons citoyens devraient s'unir pour combattre cet ennemi public ». ^^^

Voici une autre déclaration qui a été signée, il y a déjà plusieurs années, par 69 médecins français :

« L'alcool sous toutes ses formes, est un poison. L'alcool ne soutient ni ne réchaufï'e ; c'est un excitant dangereux, qui dégrade tous les organes, les affaiblit et les rend incapables de résister eflScacement aux atteintes des maladies légères.

(( L'alcool est la cause directe d'un grand nombre de maladies mortelles.

« L'alcool, pris habituellement, même à doses modérées, conduit à l'alcoolisme.

« L'alcoolisme attaque le buveur non seulement dans sa personne, mais dans sa postérité ; la plus grande partie des enfants d'alcooliques sont atteints d'épilepsie, de convulsions, d'hystérie, etc. L'usage habituel des apéritifs est la cause de l'affaiblissement progressif de

(1) Discours du Dr de Vaucleroy, prononcé à Anvers, le 7 juin 1910.

la santé, même chez les personnes qui ne se sont jamais enivrées ; il conduit à une vieillesse prématurée et abrège l'existence.

<( L'usage habituel des apéritifs et de l'alcool, même à dose non enivrante, facilite l'invasion de la tuberculose et de la phtisie pulmonaire. ))

Qui oserait s'inscrire en faux contre ces représentants de la science médicale ? S'ils dénoncent le poison . . . c'est qu'ils savent ses effets.

Il convient de citer ici l'opinion d'un médecin célèbre parmi les plus illustres représentants de la Faculté de Paris, celle du Dr Magnan, médecin de l'hôpital Ste-Anne de Paris, sur le vin et l'alcool:

(( L'alcool est pernicieux, l'alcool est abominable ; 25% des malades qu'on amène ici, à l'asile, sont des alcoolisés simples, qui ne doivent leur délire qu'à l'abus des boissons alcooliques. Il faut y ajouter 15% de nerveux, faux alcooliques, sans doute, mais excités par l'alcool, ce que nous appelons des nerveux avec appoint alcoolique.

(( Rien que pour cette année (1907), sur 3,781 malades, on compte 644 alcooliques, 477 hommes et 167 femmes ; 390, si l'on y ajoute les nerveux avec appoint alcoolique, 295 hommes et 125 femmes ; soit, 1,034 en tout, c'est-àdire, 39%. N'est-ce pas terrible, cet empoisonnement de toute une population, poussée dans cet asile par la seule force de l'alcool ? ))

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