‹ La Lutte Antipaludique En TunisieChapitre 44 sur 50 · PROPAGANDE · texte numérisé non relu

PROPAGANDE

Nous n’avons pas à revenir sur l'ignorance de la population tant indigène qu’européenne en matière de paludisme. Il est certain qu’en Tunisie cette ignorance peut compter comme un des gros obstacles à la lutte antipaludique. La propagande s'avère donc comme indispensable. 1

Elle ne fut d’ailleurs jamais négligée. Dès la fondation de l’Institut Pasteur de Tunis, tracts, affiches, conférences, brochures, tant en -français qu’en arabe furent nombreux. Des notions essentielles sur le paludisme, des conseils de protection individuelle, des méthodes de thérapeutique étaient ainsi abondamment données au public. Depuis peu, le film et le disque sont venus augmenter cet arsenal. Dans les écoles, des démonstrations sont souvent faites aux jeunes enfants et dans l’ensemble, la propagande a donné quelques bons résultats. Il semble toutefois qu’un sérieux effort soit encore à faire dans ce domaine.

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Nous avons vu dans les chapitres précédents, les différents épisodes de la lutte antipaludique en Tunisie, son organisation actuelle, les détails de son activité.

L'œuvre antimalarique est en somme passée par deux phases : une longue période d’action isolée pendant laquelle il fallut lutter contre l’ignorance générale entratnant une insuffisance notoire des crédits indispensables et entravant la bonne marche des quelques essais pratiqués; une deuxième période, au cours de laquelle on prend enfin conscience du danger palustre, des moyens qu’il faut employer pour s’en défendre, période de création d’une organisation administrative solide.

Après quelques tâätonnements inévitables, ja lutte antipaludique a dès lors pris une orientation que nous pouvons ainsi résumer :

1° Extension des enquêtes épidémiologiques ;

2° Extension de l'amendement du réservoir de virus et des mesures de petit assainissement au détriment des grands travaux d’assainissement.

Extension des enquêtes épidémiologiques. —— Elles sont faites grâce à la collaboration de toutes les compétences : médecins inspecteurs, médecins de colonisation,

personnel infirmier. Elles sont basées sur une méthode standard. i

Amendement du réservoir de virus. — Il se fait soit, par thérapeutique curative en traitant énergiquement tout malade dépisté ou consultant, soit, par thérapeutique préventive.

Jusqu'à ces dernières années, la première méthode a prévalu; on va au malade, on soigne le plus grand nombre de paludéens possible. Les soins sont spécifiques, c’est-à-dire s'adressent directement à l'affection palustre : les médicaments employés sont la quinine et les médicaments synthétiques. Parallèlement à cette médication spécifique, les soins, dans certaines circonstances, comportent une thérapeutique dirigée contre la misère. physiologique, destinée à modifier le terrain sur lequel se développent les parasites (lazarets antipaludiques).

Depuis 1934, des essais de thérapeutique préventive à grande échelle ont donné d’excellents résultats. Ces essais de prophylaxie ont été faits avec trois composés synthétiques : plasmochine, rhodoquine, quinacrine. Les méthodes essayées ont permis d'envisager la possibilité de traiter toute une population, donnant ainsi ure toute autre allure à la prophylaxie médicamenteuse. Le rythme d'absorption de ces médicaments permet en effet de diminuer le personnel distributeur et contrôleur, partant d'amener une diminution importante du prix de revient de là prophylaxie, il permet d’autre part d’atteindre plus facilement la totalité des habitants d’une région.

Ces méthodes nouvelles permettent dès maintenant

. d’entrevoir une extension de la thérapeutique préventive qui s’adresserait :

1° A tout individu isolé désireux de se protéger contre l'infection palustre sans la suggestion d’une thérapeutique quotidienne : propylaxie individuelle.

2° Aux ouvriers de chantiers, aux employés d’exploitations agricoles ou industrielles vivant en région impaludée : prophylaxie d’une collectivité autonome.

Ce procédé conviendrait également aux armées occupant des territoires à malaria.

3° À toute la population d’un centre de virulence repéré au cours des enquêtes épidémiologiques : prophylaxie collective.

I] faut entendre par centre de virulence : les villages, bourgs ou régions d'endémie particulièrement sévère où viennent s’impaluder les habitants des régions voisines. En traitant la population d’un tel centre, on diminue les chances d’infestation des passants, partant l’extension du paludisme. Sont également centres de virulence, les régions où se montrent impraticables les petites mesures antilarvaires (Régions d’oueds infestés de larves, trop rapides pour être traités par pétrolage, gambusias, etc., par exemple). ;

4 Aux nomades et transhumants. La possibilité d’une prophylaxie par prise médicamenteuse décadaire (tous les 10 jours), voire bi-mensuelle permettrait de traiter les nomades au départ de leurs randonnées, au cours de certaines étapes fixes, au terme de leur voyage. Le traitement de ces errants supprimera une source d’exten- ‘sion du paludisme.

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