CONCLUSIONS
1° Le paludisme est une endémie grave en Tunisie. Elle est grave par son taux d’endémicité et par ses réveils épidémiques brusques qui entraînent une mortalité considérable.
2° Le paludisme tunisien exige une défense cons-
tante : ses périodes d’accalmie sont traîitresses et ne doivent pas entraîner un optimisme qui n’aurait pour résultat que de diminuer les soins apportés à la lutte antipaludique.
3° L’endémie palustre tunisienne est encore mal con-
nue et devrait bénéficier des travaux d’un service antipaludique proprement dit.
4° La Tunisie a fait un effort considérable depuis
1928 et surtout depuis 1933 dans le domaine de la lutte antipaludique.
5° Pays pauvre, la Tunisie doit porter ses efforts sur
les moyens prophylactiques les moins coûteux et dont l'efficacité se montre immédiate et importante.
a) traitement curatif énergique des paludéens, partant stérilisation des porteurs de germes dangereux;
b) prophylaxie collective des centres de virulence, partant amendement du réservoir de virus. Cette
prophylaxie est largement facilitée par les possibilités qu'offre la nouvelle méthode qui a fait l’objet des expériences tunisiennes sur le terrain;
c) Délarvisation méthodique et judicieusement répartie en tenant compte des limites d'efficacité de cette méthode;
d) Une bonne législation antipaludique.
6° Les grands travaux d’assainissement semblent
dépasser pour longtemps les possibilités de la Tunisie. Ceux-ci seront à entreprendre surtout dans le cadre de la bonification agricole, devront éviter la dispersion des capitaux disponibles et ne seront possibles que peu à peu à la faveur d’une réglementation mieux comprise, d’une législation plus complète.
7° La lutte antipaludique doit marcher de pair avec
l’amélioration de la « condition humaine », la bonification du terrain clinique. Le rattachement de la lutte antipaludique à l’Hygiène sociale est une première étape franchie dans ce sens.
Vu : le Doyen, Vu : le Président de Thèse :
ROUSSY. M. FIESSINGER.
Vu :le Recteur, CHARLET Y.