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dehors des heures de cure : chaque cottage est pourvu du ehauffage central et d'une salle de bains. Les repas sont pris en commun dans une grande salle à manger où se trouvent réunis malades, nurses et médecins. Quelques bâtiments plus vastes, au centre de l’institution comprennent les bureaux, la salle à manger, les chambres du personnel, l’infirmerie, le laboratoire de bactériologie et les salles d'examen, le laboratoire de radiologie. Un bâtiment spécial est consacré au logement des nurses qui ont à Trudeau une école spéciale, sous le nom de « D'Ogden Mills training school ». Les élèves suivent des cours et des exercices pratiques qui durent deux ans et reçoivent ensuite un diplôme spécial fort apprécié aux Elats- Unis.
Ajoutons que la plupari du personnel, tant les employés que les nurses et les médecins sont d’anciens malades.
Le sanatorium fut fondé petit à petit, grâce à de généreux donateurs, et d’année en année on le vait s’'augmenier-d’un ou deux cottages de plus.
Toul le confort moderne, sans parler des soins les
plus dévoués et les plus éclairés, est assuré aux malades qui payent un prix modique pour leur entrelien ; le déficit de chaque année est comblé par les fondations qu'a reçues l’établissement.
Un atelier de travaux artistiques el manuels sert de passe-temps aux malades : pour être complets mentionnons une bibliothèque et des salles de jeux à leur disposition également.
Ce sanatorium sert d’école de perfectionnement à l'usage des médecins américains désireux d'acquérir des connaissances spéciales en matière de tuberculose ; ils viennent en été y suivre un cours de deux
.mois durant lesquels on leur enseigne l'organisation et les méthodes d’examen et de traitement. Une grande partie des directeurs ou médecins traitants des sanatoriums que nous avons visités au cours de notre voyage, ont suivi les cours de l’école Trudeau.
Mentionnons enfin dans le village de Saranac, distant de 3 kilomètres environ, le laboratoire del’école à la disposition des praticiens de la localité et qui sert pendant les cours d’été à l'instruction des élèves.
Les malades désirant entrer au sanatorium arrivent à Saranac où ils trouvent, par les soins d’un office spécial, un logement et une pension de famille. [ls doivent faire choix d’un médecin traitant de la localité, puis viennent subir à Trudeau un examen complet. S'ils sont jugés aptes à profiter du traitement, ils prennent rang sur une liste d’attente et sont admis au fur et à mesure des vacances. Le séjour est en principe de six mois.Pour résumer en deux mots, c'est le vrai type du sanatorium tel qu'il est conçu de nos jours : Ecole où l’on enseigne au malade premièrement qu'il peut guérir, ensuite comment il doit se soigner et comment il devra organiser sa vie une fois sorti, enfin quelles précautions il doit prendre pour ne pas être une source de danger pour ses voisins.
Disons enfin pour terminer que l’école Trudeau,
Là
sous l’énergique impulsion de son personnel médical de tout premier ordre, continue à être comme du temps de son fondateur le centre scientifique en matière de la tuberculose des Etats de l’est,
LA LÉGISLATION ANTITUBERCULEUSE
Dans les précédents chapitres nous avons tâché de montrer les conditions dans lesquelles avait débuté la lutte antituberculeuse. Nous avons cherché aussi à donner une idée de l'importance des œuvres privées en Amérique. Nous devons maintenant nous occuper des institutions officielles, c’est-à-dire de la part que prend l'Etat dans la question.
Aussi nous semble-t-il que l’heure est venue de parler des lois qui ont eté promulguées dans ce but.
En Amérique, disons-le tout de suite, les lois d'hygiène sont en principe une affaire d'Etats, en d’autre terme, une question régionale. Le pouvoir central ou fédéral comme on dit là-bas, n'intervient à ce point de vue que dans les questions qui dépassent les limites d’un Etat, telles que hygiène des voies de communications, transport des denrées péris- sables d’un Etat à l’autre, voyage de malades contagieux en dehors de leur Etat, etc.
Ce travail s’appliquera donc surtout à résumer les idées générales qui se dégagent de la législation de chaque Etat. |
Dès 1902, l'Etat de Maryland promulgue une loi assimilarit la tuberculose aux autres maladies conta-
gieuses et ordonne que dans les villes la déclaration soit rendue obligatoire ainsi que la désinfection des logements où ont séjourné les malades : Interdiction de cracher dans les lieux publics ; l'Etat fait examiner gratuitement les échantillons de crachats envoyés
par les médecins. ;
Rappelons qu’en Amérique les médecins doivent déclarer non seulement les maladies épidémiques, mais encore les maladies contagieuses, les maladies professionnelles, et même les maladies vénériennes.
Aussi la question de principe pour savoir s'il était légal d’obliger une catégorie seulement de citoyens, c’est-à-dire les médecins, à un travail donné pour l'Etat, ne se posa même pas. La loi fut promulguée sous des peines assez sévères,
Nous ne voulons pas étudier ici en détail la législation antituberculeuse américaine : ce serait sortir de notre cadre. Nous nous contenterons seulement d’en résumer la teneur.
1° Déclaration obligatoire pour le médecin traitant les directeurs d’hôpitaux, sanatoriums, dispensaires, etc. En cas de non exécution peine de 10 à 25 dollars d'amende.
2 Le médecin g#st tenu en outre de prendre les précautions indispensables pour l’entourage du malade.
Le logement doit être désinfecté avant de pouvoir être occupé par une autre personne. Dans ce cas le propriétaire de l'immeuble et le médecin sont responsables tous les deux.
Une fois la déclaration faite, le médecin reçoit du
service de santé publique une feuille à remplir sur laquelle il doit donner tous les renseignements demandés. De plus il lui est rappelé les précautions qu'il doit faire prendre par le malade et l'entourage. Il doit répondre s'il consent à se charger de celte dernière mission. S'il ne le peut pas ou ne le veut pas, il le déclare, et dans ce cas le service de santé s’en chargera.
S’il consent à s’en charger il doit expliquer en détail les précautions prises. Si ces dernières sont jugées insuffisantes il reçoit à ce sujet une nouvelle lettre explicative. Si elles sont jugées suffisantes il reçoit une rétribution de un dollar et demi.
L'imprimé fait mention en outre des moyens mis par l’état à la disposition du médecin pour établir ou confirmer son diagnostic ; il donne la liste des produits qui sont mis à sa disposition pour prendre les mesures prophylactiques nécessaires.
Disons tout de suite qu’en cas de déclaration intentionnellement fausse le médecin encourt une peine très grave pouvant aller à plusieurs moisde prison et plusieurs milliers de dollars d'amende.
Le médecin doit en outre avertir le service de santé de tout décès par tuberculose enindiquant si le logement occupé se trouve libre de ce fait.
Il doit signaler ceux de ses clients qui négligent de prendre les précautions hygiéniques nécessaires. Il doit enfin avertir le service de santé de la guérison de tous lès malades traités par lui pour tuberculose. Si un malade se montre négligent et de ce
fait dangereux pour son entourage il est rendu responsable et il peut lui être intenté par ses voisins un procès en dommages et intérêts.
Ajoutons à ce sujet que tout le monde a le droit — non plus le devoir cette fois — de signaler à l’autorité les cas de tuberculose à sa connaissance, ainsi “que les cas de mort ou les malades négligents des précautions d’hygiène.
Bien entendu l'état de ce fait se trouve obligé de mettre à la disposition des médecins les produits et les examens de laboratoire nécessaires.
Tout comté dont la population dépasse 35.000 habitants doit avoir un hôpital spécial pour tuberculeux, comprenant un nombre de lits égal au nombre de morts par tuberculose dans le comté dans l’année. Au-dessous d’une population de 35.000,deux comtés peuvent s’entendre pour avoir sur la partie commune de leurs territoires l'hôpital en question.
Chaque agglomération de 10.000 ou plus doit avoir un dispensaire antituberculeux.
L'état doit avoir un ou plusieurs sanatoriums pour les malades au début.
C’est à l’état qu’incombe le soin de faire appliquer les différentes lois, de créer les institutions el d’orga: niser la propagande nécessaire.
Comme chez nous, l’état se charge de l’inspection sanitaire des écoles, et en ce qui concerne la tuberculose il veille au fonctionnement des écoles de plein
air et des préventoriums.