LES DIFFÉRENTES INSTITUTIONS ANTITUBERCULEUSES
Nous allons, maintenant que nous connaissons les éléments essentiels de la législation américaine au point de vue qui nous occupe, tâcher de voir comment elle se trouve appliquée et décrire sommairement quelques-unes des institutions qu’elle a suscitées.
Un sanatorium d'état (Ray Brook Sanatorium). — C’est le sanatorium de l’état de New-York. Voisin de Trudeau, fondation privée, Ray Brook n'accepte que les malades indigents qui lui sont envoyés par les organisations officielles.
Fondé en 1900 pour des malades curables, au premier stade de la maladie suivant l’ancienne expression. Situé dans le comté d'Essex à 5 kilomètres de Saranac, sur les bords du lac Placide, au milieu des montagnes des Adirondaks, à une altitude de 600 mètres environ ; vue merveilleuse qui s’étend sur la chaîne de montagnes. Le sol est sec et sablonneux. |:
Comme construction c’est le type du grand bâtiment à plusieurs étages. Il comprend quatre pavillons, deux pour les hommes d’un côté, deux pour les femmes de l’autre. Au centre un bâtiment spécial
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= 4 — pour les bureaux, les salles d'examens, le logement du directeur. Il comprend 300 lits avec un personnel de 100 employés environ. Un laboratoire d’analyses et un autre de radiologie complètent l'installation au point de vue scientifique.
Les malades sont envoyés par les organisations diverses officielles ou reconnues par l’état, telles que sociétés de bienfaisance, office public d'hygiène, municipalités, etc. L'organisation qui envoie le malade s'engage à payer pour lui 5 dollars par semaine de traitement. La différence entre cette somme et le prix exact de revient (12,55 dollars) est payée par l'état. é
Jusqu’à présent les enfants au-dessous de 16 ans n’y sont pas acceptés. Il est cependant question de construire pour eux un pavillon de cent lits. Nous avons vu le projet qui semble plein de promesses : souhaitons qu’il réussisse.
Les malades privés ne sont acceptés que s'il y a des places libres, mais on leur préfère les malades envoyés par les organisations officielles.
En pratique il y a rarement de places libres et souvent la liste d'attente est assez longue.
Au point de vue des conditions physique d’admission sont reçus seulement les malades au début.
Sont refusés ; malades avancés, cachectiques, cawitaires, tuberculoses laryngées, ganglions suppurés.
Le traitement est surtout conslitué par la vie au grand air : cure de chaise longue, sommeil sous la véranda qui communique avec chaque chambre. À
SA à A0 ce point de vue Ray Brook présente le type idéal de sanatorium :; les malades sont répartis par pelites chambres de un, deux, trois ou quatre lits.
Tout patient en état de travailler est tenu d’avoir une certaine occupation. En pratique les malades sont employés aux travaux d'intérieur tels que nettoyage, buanderie, etc. Des cours d'application à lu sage des médecins étrangers à l'institution sont donnés l'été, autant que possible en liaison avec l’école Trudeau voisine.
Un hôpital pour tuberculeux avancés.
Comme nous l’avons vu à propos de la législation chaque comté est en principe tenu d’avoir une semblable institution : ce type d’hôpital reçoit les malades avancés, ceux dont le traitement exigerait trop longtemps pour pouvoir les admettre dans un sanatorrum. En effet, d’après la conception récente, ce dernier représente plutôt une école où le malade vient apprendre à se soigner, à vivre d’une façon hygiénique. En théorie tout au moins, le séjour ne doit donc pas se prolonger. Au contraire en ce qui concerne l'hôpital pour tuberculeux, le malade doit en principe y séjourner jusqu’à sa guérison.
Pour établir un tel hôpital, on s’attache moins à rechercher un beau site, une altilude particulière, un climat plus propice comme on le fail pour le sanatorium. Le point de vue le plus important ici, c’est de ne pas trop éloigner le malade de sa résidence. Et ceci pour plusieurs raisons. |
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En premier lieu la cure doit être de longue durée. Un malade au début peut facilement consentir à s'éloigner pour quelques mois pour les passer dans un sanatorium : le désir de guérir, la beauté de site, l'ambiance générale en un mot font facilement consentir à ce pelit sacrifice. Il n’en est pas de même du malade avancé ; on doit le prévenir que sa cure sera longue ; c’est un infirme la plupart du temps qui se rend compte de son état. Il est bien plus difficile de l’éloigner pour longtemps des siens. Et de plus, dans son cas, cela devient moins nécessaire, Si le malade, sous l'influence d’un climat spécial, bien différent du sien propre, s'améliore au point de pouvoir être renvoyé chez lui, il est à craindre que le changement au retour n'influence défavorablement sa santé. I n'y a pas grand intérêt donc à le changer de climat ; il paraît préférable de le soigner près de sa résidence pour qu’une fois sorti de l'hôpital, les conditions nouvelles ne soient pas trop différentes et que de ce fait soient diminuées les chances de rechute du mal. C’est là l’idée américaine actuelle qui nous a semblé digne d'intérêt. |
Nous avons visité le Norfolk county Hospital : cette institution répond en tous points à ce que nous avons dit plus haut.
Situé dans le Massachussets, près de Boston, dont il reçoit ses malades, c’est un établissement fort confortable et très bien adapté au genre spécial de malades qu'il traite. Installation très moderne, le seul point qui nous a semblé criticable c’est le trop
6e grand nombre de malades dans les mêmes salles:
Nous pensons que, comme au sanatorium, il est préférable de placer les malades par petites chambres. Ils y gagnent plus de calme et plus de confort. Ils ont l'impression d’être plus chez eux, moins «à l’hôpital ».
L'hôpital dont nous nous occupons accepte tous les malades non justiciables du sanatorium.
C'est le ministère de santé publique qui y dirige les malades sur proposition des médecins privés où des œuvres diverses.
Le nombre de lits est à peu près égal au nombre de décès par tuberculose dans l’année dans le comté. Les frais de séjour sont couverts soit par le malade lui-même s’il le peut, soit en partie par lui, en partie par sa localité d’origine, soit s’il est indigent par la municipalité ou le comté.
Ajoutons pour être complets que l'hôpital peut diriger sur le sanatorium de l'Etat les malades jugés susceptibles d'y suivre avec fruits le traitement habituel. 5 | The J. N. Adam Mémorial Hospital (Perrisburg. N.-Y). — C'est le Berk-sur-Mer américain. Il accepte les cas de taberculoses chirurgicales ; le traitement par l'héliothérapie y est associé à la cure au grand air. Le traitement de Rollier pour la cure de la tuberculose pulmonaire vient d'y être expérimenté. Situé non loin du lac Erié, c’est une institution splendide, où l'hospitalité la plus cordiale est offerte au visiteur.
Ecoles ‘de plein air. — La première fut fondée
en 1908 par le D' Stone à Providence, À l'heure actuelle on en compte plus de 3.000 en Amérique.
Les enfants, chaudement vêtus en hiver, assistent aux classes où les fenêtres sont constamment ouvertes ; l'été la classe a lieu en plein air. Des exercices fréquents avec jeux ont lieu également à l’école.
Les enfants sont examinés au point de vue médical
et pesés périodiquement. Une nurse visite leur domicile pour enseigner aux parents les améliorations hygiéniques nécessaires. Les enfants, de leur côté, sont instruits des mêmes questions.
Si les parents sont tuberculeux, on tâche de les déterminer à envoyer leurs enfants au préventoriuim, dans le but d’éviter ainsi pour ces derniers les infections massives, et de les placer dans l:s meilleures conditions possibles pour résister à l'infection si elle s’est déjà produite.
Les dispensaires.— Nous en avons visité quelqueuns avec le plus vif intérêt. Cependant nous devons reconnaître qu à ce point de vue nous n'avons que fort peu à apprendre des Américains. Nous possédons à Paris, en particulier, les types les plus modernes dans ce genre d'institution. Nous tenons du reste à rappeler ici que le dispensaire est bien une invention française, dont le mérite revient tout entier à notre maître, M. le professeur Albert Calmette. En ce qui concerne l'Amérique, nous avons constaté partout que cesinstitutions possèdent l’organisation matérielle la plus moderne avec un personnel tant médical que social des plus dévoués et des
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plus instruits. Le Henry Phipps institut de Philadelphie, fondé comme nous l’avons vu plus haut par le D' Laurence Flick, nous a paru représenter l'idéal dans ce genre d'organisation. Nous tenons spécialement à remercier le D: Landis qui a bien voulu nous le faire visiter et nous en expliquer le fonctionnement.