CONCLUSIONS
Au cours de ce travail nous avons cherché à dégager les idées générales directrices des méthodes américaines. +
Mais nous ne pensons pas que ces méthodes puissent être directement transplantées chez nous ; certaines lois telles qu’elles existent en Amérique, la déclaration obligatoire pour le médecin en particulier, nous semblent difficiles à faire accepter actuellement en France.
Nous nous permettrons donc, en manière de conclusion, d'exposer sommairement la façon dont nous envisageons la lutte antituberculeuse chez nous.
Nous estimons en premier lieu que la coopération médicale doit être acquise à l'Etat. (’est là un point capital. Le gouvernement pourra prendre des inesures aussi draconiennes qu’il voudra, créer les plus beaux dispensaires ou sanatoriums possibles, ce sera peine et argent perdus si, de ce fait, il s’aliène le corps médical. Si, au contraire, il sait s’en assurer la coopération bienveillante, il aura trouvé en lui les
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auxiliaires indispensables à mener à bien ce problème si complexe. Souvenons nous qu’en Amérique les premiers résultats furent peu favorables tant que l'Etat s’est contenté de dire : « Le médecin est tenu de... » Une amélioration sensible s’est produite au contraire, dès que le gouvernement a montré par des actes, qu'il entendait respecter les intérêts légitimes des médecins. Voici donc en peu de mots,les grandes lignes de l’organisation telles que nous les concevons.
En premier lieu la déclaration de la tuberculose devrait êtr2 obligatoire pour le malade ou ses répondants. Si la loi menace de ses sanclions le malade négligent, le médecin ne fera aucune difficulté pour avertir du risque auquel il s'expose : cela deviendra une question de conscience professionnelle. Actuellement existe pour la déclaration des maladies épidémiques un carnet à souche envoyé à chaque médecin. Il sera très facile de le modifier de la façon suivante : le médecin remet au malade la carte-lettre sur laquelle il inscrit le diagnostic et son adresse propre. Le malade devra signer, mettre son adresse et expédier la carte. Le médecin inscrira sur le talon qu'il conserve, le nom du malade pour lui servir à prouver qu'il a bien averti ce dernier. Il ne nous semble pas que cette méthode présente plus de difficultés d'application ou de contrôle que le projet qui voudrait faire faire la déclaration par le médecin lui-
même. Dans ce dernier cas en effet, pour convaincre le praticien de négligence, il faudrait prouver qu'il
n'a pas déclaré un malade, c'est-à-dire trouver d’abord ce dernier.
Dans la méthode que nous envisageons, le moyen de contrôle est le même : il faut aussi trouver un malade non déclaré, la difficulté n’est pas plus grande.
Cette méthode aura le double avantage, et de laisser intact le secret professionnel, et de ne pas obliger le médecin à un travail pour le compte de l'Etat. C’est une question de principe à laquelle on tient beaucoup chez nous ; il ne doit pas y avoir de lois d'exception, et la profession médicale étant une profession libérale, on ne peut l’astreindre à des fonctions gratuites dans un but de statistiques. Une fois la déclaration faite par le malade, l'Etat fera contrôler le domicile par le service social. Il demandera au médecin s’il veut se charger des mesures d'hygiène, et dans ce cas mettra les moyens nécessaires à sa disposition et rétribuera son travail. Pour établir ou confirmer son diagnostic, le médecin pourra user du dispensaire qui lui communiquera le résultat de l'examen et le traitement proposé. En aucun cas le dispensaire ne soignera de malades non indigents : ces derniers devront toujours être pourvus d’un médecin traitant.
Le dispensaire fonctionnera aussi comme centre de - triage pour les sanatoriums ou hôpitaux, et dans ce but examinera tous les malades qui se présenteront.
Les non indigents qui n’auront pas été admis au sanatorium ou à l'hôpital seront rendus aux soins de leur médecin particulier.
Déjà avant la guerre il existait quelques œuvres et
LR a institutions antituberculeuses, en France en partie grâce aux initiatives privées, en partie avec le concours de l'Etat. Une organisation dans ce but a été créée par le ministère de l’Intérieur. Citons les stalions sanitaires qui, à la suite de la guerre, ont pris une importance encore plus considérable. Un comité. national a été fondé. La commission Rockefeller, nous apportant ses méthodes de propagande, a pris une large part dans ce développement. Il ne faut pas que les fruits de toutes ces-initiatives soient perdus. | Ce qui nous paraît le plus urgent à l'heure présente, c'est de posséder une législation antituberculeuse plus complète et plus efficace. Il faut en un mot que les pouvoirs publics s'intéressent davantage à la question.
L'Etat devra donc intervenir :
1° Pour réglementer : en promulguant les lois d’hygiène et de prévoyance sociale qui ne le sont pas encare ;
2° Pour traiter les malades : en créant les dispensaires, sanatoriums, hôpitaux, laboratoires nécesgaires ; |
3° Pour encourager les initiatives privées et le médecin praticien en facilitant son diagnostic par le dispensaire et le laboratoire, et en rétribuant son travail s’il se charge des mesures d'hygiène ;
4° Pour faire la propagande nécessaire :
Parmi le public par des conférences, brochures, affiches, cinémas, etc.
Parmi le corps médical en l’intéressant à la ques-
hr tion, en subventionnant les cours de spécialisation : En exigeant enfin pendant les études médicales un stage obligatoire dans les dispenssires d'hygiène sociale et dans les services hospitaliers de tuberculeux au même titre que pour les autres spécialités,
Vu : le Président de la thèse L. BERNARD Vu : le Doyen,
ROGER Vu et permis d'imprimer, ; Le Reeteur de l’Académie de Paris,