‹ La Lutte Antituberculeuse Aux États-UnisChapitre 13 sur 14 · L'ŒUVRE DU D' PRATT · texte numérisé non relu

L'ŒUVRE DU D' PRATT

Le Dr Pratt de Boston a bien voulu nous exposer lui-même ses idées, ses méthodes et les résultats obtenus. Nous l’en remercions bien sincèrement ; il a su nous intéresser au plus haut point et nous avons le ferme espoir que le succès continuera à récompenser ses efforts.

Et tout d’abord disons comment il comprend le traitement de la tuberculose. Pour lui la chose indispensable, c’est le repos prolongé au lit. Mettre son malade au repos le plus completet le plus longtemps possible représente pour lui le traitement de choix. La question de climat ou d'altitude n'intervient que comme facteur secondaire. Le D' Pratt a minutieusement analysé les auteurs, allemands en particulier, qui ont préconisé la cure dite de travail. Il en a conclu que la dite cure n’est en réalité qu'une cure de repos, el c’est ce repos qui lui a assuré le succès. Il suffit pour s’en convaincre de comparer seulement le temps où le malade prend réellement de l'exercice et celui pendant lequel il se repose. Le D' Pratt montre que les phtisiologues qui ont employé la cure de repos n’ont jamais ordonné à leur malade un plus long repos dans les vingt-quatre heures. Il con-

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clut donc à la nécessité du repos prolongé. En “second lieu,le D' Pratt cherche à supprimer le sanatorium, source de dépenses pour l'Etat, de désagrément pour le malade. Il préconise la cure à domicile.

Pour cela il choisit des malades d'esprit très

sérieux, désireux de gucrir et présentant une bonne

volonté manifeste. Il les instruit chaque semaine à un cours du soir auquel ils doivent assister bien régulièrement. Là il leur enseigne les éléments indispensables du traitement.

Une nurse bien expérimentée visite le domicile pour prescrire les précautions que lui suggère l’état où elle trouve l'habitation.

On indique au malade la façon de faire chez lui sa cure. On l'installe en plein air, soit sur le toit de la maison, soit dans un jardin, soit même dans une petite véranda construite contre sa maison. Si le

malade est indigent, les œuvres charitables se chargent d’aider sa famille et de lui procurer les aliments nécessaires. Bref le malade reste chez lui.

Le résultat de la méthode serait, comme nous l'avons dit, de supprimer le sanatorium et de ne pas déplacer le malade. Il fait sa cure chez lui aussi une fois guéri, rien ne changera dans sa façon de vivre ; il se remettra seulement au travail progressivement.

Cette méthode, appliquée en grand, serait en réalité très économique, Une seule difficulté se pré- -sente. Pour ce travail d'enseignement et de visite, il est indispensable de posséder un personnel très entraîné, des apôtres comme on appelle en Amérique

les gens commele D: Pratt. De plus seuls les malades d'esprit sérieux peuvent bénéficier du traitement. Malheureusement, il y a tant de tuberculeux peu énergiques, qui n’ont pas Ja patience ni la persévérance nécessaire pour se soigner ainsi seuis, loin du personnel des sanatoriums.

LS Là

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