A. — LA PROSTITUTION
Le terme de prostitution, tel qu’on le conçoit en Europe, sonne faux à l’oreille du Guadeloupéen habitué aux coutumes de son pays et à la grande liberté des mœurs antillaises. Si l’on voulait prendre ce mot dans toute sa force, on devrait admettre que la plus grande partie des femmes, dans la classe pauvre, sont des prostituées.
En effet, le régime du célibat et de la polyandrie libre, qui est celui effectivement en honneur à la Guadeloupe dans une grande partie de la population, et qui veut qu’à partir d’un certain âge la femme s’associe, sans être liée par les convenances du mariage, à l’homme de son choix, pour mener une vie commune en ménage, autorise également ces femmes à
DE de
changer de partenaire dès qu’elles le jugent utile. Ces femmes peuvent avoir ainsi plusieurs hommes à la fois sans être pour cela considérées comme de vraies prostituées.