‹ La Lutte Antivenérienne à la GuadeloupeChapitre 34 sur 39 · DAS · texte numérisé non relu

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centre de traitement. Ces dispensaires devraient être pourvus d’un matériel et d’un personnel suffisants. Ils pourraient être organisés sur le modèle suivant, comprenant

— un laboratoire autonome avec son secrétariat;

—— un médecin spécialiste des maladies vénériennes;

— 3 infirmiers et 3 infirmières;

— une surveillante;

— un matériel et un stock de médicaments importants pour la distribution gratuite aux malades.

Ils devraient en outre être en relation étroite avec tous les autres organismes de la lutte antivénérienne, les consultations vénériennes, les consultations prénatales, les maternités et les crèches, l’asile d’aliénés de Saint-Claude et toutes les formations sanitaires du pays en vue d’un recensement et de la centralisation des résultats obtenus.

Il faudrait pour cela qu’une consultation vénérienne soit instituée dans toutes les communes et les bourgs de la colonie, ce qui permettrait, grâce aux moyens dé communication faciles, le dépistage actif des maladies vénériennes par ces dispensaires, et l’institution d’une thérapeutique adéquate.

On pourrait alors compléter utilement la lutte contre les sources de contagion. Mais cela ne nous empêche pas dès à présent d’envisager ce problème et de formuler les mesures qui nous paraissent nécessaires. à

L'idéal, évidemment, serait de faire uniquement la prophylaxie par le traitement. Pour obliger les malades à se soigner, il faudrait gagner leur confiance en leur facilitant l’accès au traitement, en respectant leur liberté, en réduisant au minimum les frais néces-

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sités par les soins et déplacements, et s’il y avait lieu de faire un traitement gratuit dans le minimum de temps.

Mais ces moyens, risqués, pourraient actuellement ne pas réussir et nous estimons plus prudent d’organiser une lutte très active contre les sources de contagion par les moyens coercitifs suivants, dont nous empruntons le plan au Professeur Gougerot dans son programme de lutte antivénérienne, rapport présenté au Congrès interallié d'hygiène sociale, en l’appliquant à la situation particulière à la Guadeloupe:

1° la surveillance de la prostitution autorisée et la lutte contre la prostitution clandestine;

2° l'éducation morale et les réformes sociales;

3° les conseils de prophylaxie individuelle;

4° Ja propagande antivénérienne par l'éducation du public.

À. La surveillance de la prostitution autorisée et la lutte contre la prostitution clandestine.

Pour que cette tâche soit efficace, il faut nécessairement :

1° Avoir une police de mœurs bien organisée et renforcée. 3

A la place d’un seul agent, comme il existe à Pointeà-Pitre, il faudrait concevoir le plan suivant :

— 2 agents indigènes;

— une infirmière spéciale, assistante des visites sanitaires;

— un inspecteur européen, pour corriger le rôle ingrat des émissaires du pays.

On lui attribuerait des pouvoirs étendus de con-

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trôle, sur les cases des prostituées et les hôtels spécialisés dans leur commerce, sur les débits de boissons, sur les casinos.

2° Renforcer le contrôle sanitaire en instituant chez les prostituées :

— une visite médicale hebdomadaire,

— un examen sérologique mensuel,

— l’hospitalisation forcée en cas d’accidents syphilitiques contagieux, en rendant le traitement obligatoire.

En recherchant la source de la contagion et les sujets susceptibles d’avoir été contaminés.

3° Lutter contre la prostitution clandestine en considérant officiellement, comme prostituées, toutes les danseuses suspectes des casinos et en les astreignant comme les autres aux visites médicales périodiques. Nous avons vu en effet qu’il n’y a pas d’autre critère de la prostitution que l’éclosion d’une maladie véné- .tenne et que la vraie source du mal se trouve dans les casinos.

4° Réglementer d'une façon plus sévère et plus stricte les casinos, les débits de boisson des vieux quartiers, où s’effectuent le racolage, en imposant des taxes suffisamment élevées pour que leur industrie se ralentisse.

»° Appliquer les mesures de répression et des sanctions pénales sévères, contre : ;

— le racolage scandaleux dans les rues de la ville et le vagabondage spécial sur les places publiques, après 10 heures du soir,

— l’homosexualité,

— le détournement des mineurs des 2 sexes, de moins de 18 ans.

B. — L’éducation morale et les réformes sociales.

On pourrait utiliser tout d’abord avec profit et sur une grande échelle dans cette lutte, l'influence moralisatrice de la religion, qui agit favorablement déjà sur la grande liberté des mœurs. Elle précherait la continence, conseillerait et favoriserait le mariage, travaillerait au relèvement de la morale.

2° On détournerait les jeunes gens des prostituées :

— er créant des cercles d'instruction et des sociétés de musique;

— en encourageant la pratique du sport, très déficiente en ce moment à Pointe-à-Pitre. La Savane de la Place de la Victoire étant définitivement morte, depuis trop longtemps, pour le football, sport favori au pays, il ne sera pas facile d’intéresser à nouveau la jeunesse à la pratique du sport. Aussi, nous suggérons l’idée de recréer cet amour, en développant scientifiquement un autre sport, très aimé et tout aussi intéressant, la natation.

Une piscine découverte avec tremplins serait construite en ville par les soins de l'Administration publique et des Sociétés Sportives. Le plaisir ignoré de faire des sauts sur ces Trempliness agréables, aurait vite fait d’intéresser les jeunes gens. Dans cet établissement seraient installés un ping-pong, des barres fixes et parallèles, des poids et haltères, qui complèteraient utilement les séances d'exercice physique. Au début, on permettrait à tous les sportifs l’accès libre sur simple présentation d’une carte de société, ce qui aurait pour résultat certain de créer l’émulation. Par

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