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CHAPITRE IV

COMMENT LUTTER EFFICACEMENT CONTRE LES MALADIES VENERIENNES À LA GUADELOUPE

Les problèmes concernant le péril vénérien et la prostitution sont encore actuellement des problèmes graves et complexes que tàchent de résoudre les hygiénistes et les vénérologues de tous les pays.

D’excellentes méthodes ont été proposées, maïs ces méthodes, qui font peut-être merveille dans un autre pays, ne peuvent pas être adoptées par la Guadeloupe sans de sérieuses retouches, en tenant compte de Sa superficie restreinte, des mœurs spéciales de ses habitants, de son budget...

La question qui a été envisagée à maintes reprises déjà, avec une haute compétence, par les médecins du corps de Santé colonial et les médecins civils, a toujours abouti à une conclusion négative.

On s'accorde en général pour établir dans les grandes lignes, les moyens à employer qui sont cal-

SHÉORE

qués sur ceux adoptés en Europe, tels que le traitement des malades contagieux et la surveillance de la prostitution. :

Mais, dès que l'on veut passer à la réalisation pratique, on se heurte, à la Guadeloupe, à des difficultés insurmontables. C’est qu’en effet, la prophylaxie des maladies vénériennes est d’une complexité presque inextricable en matière indigène.

« Depuis de longues années, écrivaient Noc-Stevenel-Iman en 1911, le Service de Santé des colonies a essayé vainement de réagir. Quiconque a habité les Antilles peut concevoir l’inutilité de ces efforts renouvelés, les maladies vénériennes y sont restées toujours florissantes. » Et Jacques Lutrot, en 1932, ajoutait « Jusqu'à ces dernières années, les mesures prises pour le traitement et la prophylaxie des maladies vénériennes ont été à peu près inexistantes.

«On s’est contenté de traiter les syphilitiques comme des dysentériques ou des paludéens. Les gens aisés se faisaient soigner par leurs médecins, mais beaucoup d'individus des classes pauvres ne voulant pas être hospitalisés ne se traitaient pas. Les conséquences sanitaires de cet état de choses ont abouti à l’infection profonde de toute une population. »

Acuellement, les choses ont beaucoup changé, car nous possédons ce qui n’existait pas encore à cette époque, des organismes de lutte antivénérienne.

Nous les avons vu, au cours de cet exposé, au moment de la réalisation du plan de la Mission Even-Léger, qui a abouti à la création d’un certain nombre de formations sanitaires antivénériennes.

. Q . . A * Mais des perfectionnements doivent être encore ap-

portés et sont nécessaires pour solidifier ce bloc de résistance.

OUT Her

Aussi, cette question mérite-t-elle d’être envisagée à nouveau, cette fois-ci avec moins de septicisme et plus de courage.

La lutte antivénérienne. Une étude de la lutte antivénérienne, pour être satisfaisante, devrait pouvoir comporter le développement des points suivants :

— dépistage et recensement;

— destinations à donner aux malades, suivant leur catégorie (blennorragie ou syphilis) ;

— réglementation et propagande;

— organisation du traitement;

— centralisation des résultats obtenus;

—— enfin, lutte contre toutes les sources de conta- Sion.

Malheureusement, les moyens de défense dont nous disposons actuellement dans un petit pays comme la Guadeloupe ne permettent guère une standardisation aussi importante. L'Institut de Prophylaxie de Pointeà-Pitre est en effet le seul organe bien outillé et sérieux de la lutte. Mais, situé en dehors de la ville, il est peu pratique et il favorise la persistance de la légende : « Syphilis, maladie honteuse. >» En outre, ses consultations sont envahies et débordées par un grand nombre de malades, ne relevant pas de sa spécialité. Elle fait, de la phtysiologie, de la petite chirurgie, de la dermato-vénérologie, de la bactériolôgie, etc., et il n’existe pas de service d’urologie et de gynécologie à l'Hôpital Central.

Pour bien faire, il faudrait créer:

— Trois dispensaires antivénériens, situés dans les villes mêmes, de Pointe-à-Pitre, de Basse-Terre et du Moule, avec laboratoires autonomes et fonctionnant comme centre de dépistage clinique et sérologique et

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