G. Pernet, British. Médical Journal
ments de température), une vie régulière au grand air, un exercice modéré, une propreté méticuleuse, une nourriture saine et réconfortante sans être trop animalisée, feront plus pour le lépreux que la plupart des médicaments. Dans les grandes léproseries de l'Inde, ces conditions d'hygiène constituent à elles seules tout le traitement. Vis-à-vis des lésions lépreuses, une asepsie rigoureuse est indispensable. On la réalise par les moyens ordinaires, on la maintient par l’occlusion ; un grand nombre d'ulcérations lépreuses se cicatrisent spontanément, dès qu’elles sont convenablement traitées et pansées.
«€ Parmi les agents nécessaires à l'hygiène, l'eau se trouve au premier plan ; toute léproserie doit en être abondamment pourvue. Des bains fréquents sont nécessaires aux malades ; les bains très chauds, en particulier, leur procurent un grand bien-être : les bains de mer ont en général une action excellente ; il en est de même des diverses eaux thermales sulfureuses et arsenicales (1) ».
Selon la formule classique, que nos collégiens connaissent bien, la nourriture sera saine, abondante et variée. Elle sera préparée par chaque groupe de lépreux ou par une cuisine centrale. « À l'asile de Médan (Sumatra), les pensionnaires, outre la cuisine centrale, ont une cuisine particulière où ils peuvent apprèter eux-mêmes les bons morceaux qu'ils font acheter en ville par un domestique non lépreux et qu'ils paient de leur argent de poche. Le menu est'aussi varié que possible ; chaque malade reçoit
quotidiennement 700 grammes de riz et de légumes, une
1. Sée.u Le traitement dela lèpre. » Gazette des Hôpitaux, 1902.
RMS ans
fois par semaine, 200 grammes de bœuf frais et, tous les jours, 200 grammes de poisson sec : on lui fournit du sel, du sucre, du sagou, du pain, des œufs, du thé et une nourriture spéciale, si le médecin le prescrit ; on distribue chaque jour quelques pièces de cuivre à ri malade, pour s'acheter des friandises (Rœmer). »
Autant que le permettront les ressources du pays et le budget de l'asile, on tiendra compte des goûts des internés dans le choix et la préparation de leur nourriture; on veillera en particulier à ce que les rites religieux soient observés.
M. Eblers se plaint qu'à l'asile de Richemond l’alimentation soit réglée d’après les idées généralement reçues en Danemark ; on donne aux nègres du pain de seigle qu'ils n'aiment guère, qu'ils mâchent mal et qui leur cause des maux de gorge. Il faut leur procurer leurs mets favoris, notamment la morue sèche et la soupe de farine de maïs dont ils raffolent.
On donnera comme boissons de l’eau bouillie ou filtrée