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depuis trente ans. Elle a reçu pour son œuvre, depuis sa fondation, plus de 170.000 livres sterling. Son premier asile fut bâti en 1875 : elle en possède aujourd'hui 42 et vient en aide à 16, sans compter 20 établissements qu'elle a élevés pour les enfants sains, nés de parents lépreux. Elle assiste d’une façon quelconque des lépreux dans 72 centres de l’Inde, de Ceylan, de Sumatra. de la Birmanie, de la Chine et du Japon.
Elle poursuit son œuvre en coopération avec 24 églises protestantes, un grand nombre de gouvernements, de princes et de notables.
Quand, sous la pression de l'opinion, les corps élus refuseront de voter les crédits nécessaires, pour faire avorter les réformes, il faut que l'administration puisse, passer outre et les inscrire d'office au budget. Les préfets n’ontils pas ce droit en France, pour assurer l'exécution de la loi sur la santé publique, en cas de conflit avec les conseils municipaux ?
I faut remarquer, dit Ehlers, que la plupart des internés sont déjà des indigénts classés, et qu'ils vivent plus ou moins de l'assistance publique ou de la charité privée. La lèpre est une maladie, qui, fatalement,en une dizaine d’années, enlève à ses victimes l'aptitude à tout travail et il faut tôt ou tard que la société s’en occupe. L'argent qu'on dépensera aujourd'hui pour isoler les lépreux donnera plus tard de fortes rentes ; il s’agit simplement d’un débours, qui diminuera d'année en année, et cessera au bout de vingt ans.
Les Anglais, gens pratiques,avaient compris depuis long-
temps que le lépreux est une charge pour la collectivité
Tor
en fondant pour lui des asiles, ils n'étaient pas moins guidés par des préoccupations économiques que par une pensée d'humanité et ils voulaient éviter que le renom
d’insalubrité de leurs colonies ne nuisit à leur commerce.