DEUXIÈME PARTIE
I. Etude d'Ensemble et Essai de Critique des Œuvres Iyonnaises de Puériculture.
Il. Les Résultats .- La mortalité [nfantile à Lyon. |
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Notre exposé analytique nous permet de dégager ces trois grandes modalités de Protection de la Première Enfance, Œuvres d’Assistance Maternelle — Consultations et Gouttes de Lait — Crèches.
a) Œuvres d'Assistance Maternelle. — Leur bat cest de (donner, non par humanitarisme, mais dans notre propre intérêt, aide et protection matérielles, à la femme dépositaire de la chose la plus rare en France, d'un enfant » (PJ. Courmont). Nous avons étudié plusieurs œuvres lyonnaises de type, mais combien peu importantes en regard des besoins, surtout dans une grosse agglomération comme Lyon ! Néanmoins, il faut féliciter tous les efforts dirigés dans ce sens, tout en regrettant que les secours soient trop modiques ou trop restreints (Charité maternelle). C'est l'assistance qui permettra à la mère de conserver son enfant et de le nourrir elle-même (Société d'Encouragement à l'allaitement maternel. Samaritaine). Et à côté de ces œuvres charitables, l'Œuvre de la Mutualité Maternelle, excellente dans son principe mutualiste, féconde en résultats, ne fait sentir son action bienfaisante que sur trop peu de femmes.
b) Les Œuvres du Type Consultations avec ou sans adjonction de Gouttes de Lait ont pris à Lyon une extension considérable. (Il est regrettable qu'il y ait une prédominance de l’épithète Goutte de Lait, servant d’argument à leurs détracteurs, alors que ce sont surtout des Consultations de nourrissons allaités au sein). C’est là un excellent rouage de la Puériculture, la véritable Ecole des mères, et en même temps un centre d'enseignement pour les étudiants et les futures mères. Une des meilleures preuves de leur utilité, c’est ce fait que la plupart des Œuvres se sont adjoint des Consultations (Consultations
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annexées aux Crèches municipales, à la Charité maternelle, à la Mutualité maternelle), c’est aussi la tendance des services départementaux de la Première Enfance à entrer dans cette voie. Nous croyons qu'il suffit de se rapporter aux statistiques des diverses Consultations pour éliminer les arguments dirigés contre elles —d’encourager à l'élevage artificiel, d’avoir une mortalité élevée, d'augmenter les chances de contagion. Toutefois, si, dans une grande ville comme Lyon, une Consultation, bien dirigée au point de vue médical, peut faire merveille et a fait ses preuves, son utilisation à la campagne est beaucoup moins pratique. Enfin, Consultations et Gouttes de Lait ne doivent pas être en rivalité, mais doivent se compléter mutuellement, la première constituant une excellente école de Puériculture, la seconde assurant aux enfants un lait irréprochable.
c) Les Crèches ont été encore plus critiquées. Rappelons leur but défini par Firmin Marbeau : « Soigner l'enfant pendant les jours et heures de travail de la mère ». C’est donc dire leur utilité à Lyon, grosse agglomération industrielle, où les conditions sociales et économiques interdisent à la mère ce que dicte le devoir, l’allaitement maternel. Accusées successivement d’être une école de sevrage, un foyer de contagion, une pépinière de rachitiques, elles n’en restent pas moins une nécessité sociale. Pour parer à la première critique, il faudrait exiger l'allaitement maternel à l’arrivée de l’enfant, au cours de la journée et le soir au domicile, et à ce
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point de vueil est très regrettable que l’article du Règlement de 1901, prescrivant ce minimum d’allaitement maternel, soit tombé en désuétude dans les Crèches municipales, alors qu'on l'exige dans certaines Crèches privées. La plus grande attention, les soins minutieux d'hygiène, et un sévère contrôle médical permettront d'éviter les chances de contagion inhérentes à toute collectivité.
Toutefois, il est vrai que ce sont des œuvres coùtant assez cher ; à Lyon, la journée d’un enfant revient à 0 fr. 80,-1 fr. Combien il serait préférable que la mère nécessiteuse devienne la nourrice payée de son propre enfant, plutôt que l’abandonner pour le gain si minime qu'elle retire de l’usine. Enfin, regrettons à Lyon l'absence des crèches dites d'usines, qui permettraient à la mère de travailler sans priver son enfant de son lait.
Félicitons-nous de posséder, par contre, à Lyon quelques organismes à type spécial : ce sont le Lait Municipal, le Restaurant des Mères Nourrices, la Pouponnière en Plein Air, la Nourricerie Raymond, qui ont bien peu d’analogues en France et à l'étranger. Mais quelle situation peu brillante au point de vue de l'alimentation en lait ! Il est juste de dire que cette question si grave est actuellement à l'étude, et que nous souhaitons de tout cœur la prompte solution qu'on est en droit d'attendre de la part de la Municipalité lyonnaise, si justement soucieuse de toutes les questions d'hygiène sociale.
Quant à la Loi Roussel, excellente dans son principe, mais d’une efficacité douteuse, sa revision s’im-
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pose pour qu'aucun enfant placé en nourrice ne puisse être soustrait à son action bienfaisante, pour qu'aucune nourrice ne puisse sacrifier à son intérêt l'existence de son propre enfant.
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Nous pouvons maintenant envisager la situation de Lyon au point de vue démographique, et voir sous
quel jour s’y présente la question de la mortalité infantile.
Lyon détient actuellement le troisième rang des villes françaises avec un chiffre de520.735 habitants. Gros centre d'appel pour toute la région sud-est, Lyon a augmenté de 200.000 habitants en 50 ans. Mais si, au lieu de se leurrer de cette grosse augmentation, on envisage les faits de plus près, nous pourrons voir que le problème de la dépopulation s’y pose avec la même acuité que partout ailleurs en France.
19 NaTALITÉ LYONNAISE. — Elle baisse avec une régularité inquiétante. Si nous envisageons les chiffres globaux, nous trouvons, en 1872, un chiffre de 9.051 naissances contre 8.234 en 1910. La natalité rapportée à 1.000 habitants donnerait une courbe de décroissance encore plus accentuée, étant donnée la grosse augmentation de population. La natalité pour cette même période décroît de 27,9 à 48,8. Donc, à ce point de vue, situation lamentable.
2° MorrariTé Lyonnaise. — Sa baisse assez sensible nous console un peu, sans cependant nous faire
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perdre de vue la gravité du problème. Pendant la période 1865-1872, elle a légèrement augmenté, alors qu'il y avait déjà un gros fléchissement de la natalité. Puis, de 1872 à 1910, elle est tombée de 26 à 46 °°, (19 en France).
3° RAPPORT ENTRE LA NATALITÉ ET LA MORTALITÉ. — Nous pouvons voir que le gain fait sur les décès est bien loin de compenser le déficit qui va toujours croissant du côté de la natalité. En 1865, 1866, 1867, lefléchissement de la natalité se fait sentir, ne donnant pour une population s’élevant alors à 320,000 habitants que les excédents si minimes de + 262, + 391, + 278 naissances. Dès 1868, le déficit apparaît, et sauf un léger gain en 1872 (excédent de natalité de 1,6), l’exès de mortalité sur la natalité devient un phénomène constant, oscillant entre 4,3 en 1875, et 0,2 en 1910.
En 1910, il y a eu à Lyon 8,884 naissances et 8.45% décès. Nous pouvons donc dire que, malgré l'accroissement apparent de la population lyonnaise (200,000 habitants en 50 ans), il n’y a aucun accroissement réel, qu'il y a déficit, et que ce déficit n’est masqué que par le gros appel que fait Lyon sur les régions avoisinantes.
4° La MorTaLziTÉ INFANTILE À Lyon. — Envisageons maintenant la mortalité de 0 à 1 an. Et dès maintenant disons qu'il nous faut faire de grosses réserves : chaque année un très grand nombre de nouveau-nés sont envoyés en nourrice hors de Lyon. Quelquesuns reviennent, mais le plus grand nombre d’entre eux meurent dès la première annnée, grevant la
mortalité des campagnes avoisinantes et allégeant d'autant la mortalité infantile lyonnaise. Régulièrement, ces enfants devraient être signalés à Lyon, ce qui permettrait d’avoir chaque année le nombre des nouveau-nés vivants constituant la force vive de la population lyonnaise. Donc, tandis que toutes les
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