‹ La Lutte contre la Mortalité Infantile à LyonChapitre 3 sur 17 · À MES MAITRES MILITAIRES ET CIVILS · texte numérisé non relu

À MES MAITRES MILITAIRES ET CIVILS

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Introduction

Sous ce titre « Lutte contre la mortalité infantile à Lyon », nous avons eu pour but, sous la direction de Monsieur le Professeur Fabre et de Monsieur le Professeur agrégé Lesieur, d'étudier les moyens utilisés à Lyon pour protéger la première enfance.

La protection de la première enfance prend une importance de plus en plus considérable, au fur et à mesure que la question de la dépopulation en France se pose plus précise, plus angoissante que jamais. Les chiffres officiels de 1910 nous ont permis sans doute d'enregistrer un excédent de 70.000 naissances sur les décès, mais ce gain total, si minime à côté du gain des pays qui nous entourent, est dû beaucoup moins à une augmentation de la natalité (774.358 naissances en 1910 contre 769.969 en 1909, soit 4389 naissances de plus), qu'àäune diminution du nombre des décès. En 15 ans, notre mortalité générale a baissé de 15°/, pour atteindre 19,1 pour 1000habitants

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en 1910. Mais ne nous hypnotisons pas sur ces résultats, sans doute fort beaux, car si nous examinons notre courbe de naissances, nous pouvons voir qu'elle baisse avec une régularité désespérante et une rapidité qui laisse bien loin derrière elle la baisse de la natalité dans les autres pays. Seules comme régions francaises, le Nord, la Bretagne, le Limousin, la Corse et la frontière de l’Est ont une natalité qui l'emporte, de très peu, sur la mortalité, tandis que les bassins du Rhône et de la Garonne se dépeuplent chaque année. Et bientôt, comme nous ne pourrons plus lutter en agissant sur le facteur mortalité, nous donnerons le lamentable et persistant exemple du seul pays au monde où il y ait plus de décès que de naissances. Le À

En résumé, nous avons très peu d’enfants, et comme malheureusement nous ne devons guère songer, nous médecins, à augmenter la natalité, dont l’abaissement est fatal, nous ne pourrons lutter qu'en diminuant notre mortalité, lourdement grevée par ces quatre fléaux : tuberculose, syphilis, alcoolisme, mortalité infantile. Or, n'oublions pas que nous détenons le record de la baisse de natalité, celui de l'alcoolisme, et à bien peu de chose près, celui de la tuberculose, que nous avons une très lourde mortalité infantile et que la syphilis est en plein état de progression.

Sans contester l'importance des résultats obtenus

dans la lutte contre les deux fléaux, alcool et tuberculose, qu'il nous soit permis de dire que lutter contre la mortalité infantile, c’est, si on le veut bien,

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— et cet effort est nécessaire à tout prix, — préserver ce « capital humain » dont nous sommes si pauvres, c'est économiser chaque année 120.000 nourissons en France, 7 à 800 à Lyon; c'est abaisser cette effroyable mortalité infantile de 0 à 1 an (15 °/, en France, contrée 11% /'en Suède, 10. °/, en Norvège,

On /sen Danemark), c'est lutter. avec la certitude

d’un bénéfice rapide et assuré. Car ces enfants, qui n'ont théoriquement aucune raison valable pour mourir, sont chaque jour les victimes de maladies, la plupart évitables, et dont les deux plus terribles se nomment la « Gastro-Entérite » et la « Débilité Congénitale ». Donc, lutter contre la mortalité infantile, c'est un moyen de lutter contre la dépopulation, et un des meilleurs. C’est sauver « La Nation qui se meurt » (P' Fabre), c'est sauver « La Nation qui dégénère » (P° Pinard).

Plan. — Depuis une dizaine d'années, il a été beaucoup fait en France pour la protection de la première enfance, etil nous a paru intéressant d’étudier l'application de ces problèmes à la ville de Lyon.

Dans la première partie de notre travail, nous ferons donc une étude analytique des diverses œuvres de puériculture à Lyon; dans une seconde partie, nous essaierons d'envisager les résultats obtenus, ce qui a été fait dans ce sens, et ce qui reste à faire.

Nous tenons auparavant à signaler que nous nous sommes uniquement occupés de la mortalité infantile de 0 à L an, en étudiant le fonctionnement des diverses œuvres pendant l’année 1910, enfin que

notre étude se borne uniquement aux enfants nés et protégés dans le périmètre de Lyon-Ville.

Notre but est d'exposer aussi impartialement que possible les efforts comme les résultats ; c’est dire d’avance que notre travail est surtout fait de statistiques et de chiffres. Qu'on veuille donc nous par-

donner son aridité.

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