‹ La Lutte contre la Mortalité Infantile à LyonChapitre 4 sur 17 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Etude Analytique des (Œuvres lyonnaises de Puériculture

Essai DE CLASSIFICATION. — Dans notre étude, nous nous sommes trouvé en présence d'organismes nombreux, de types fort différents, certains fort anciens en date. Une classification de ces œuvres serait chose fort artificielle, car on peut protéger l'enfant, soit après sa naissance, soit par l'intermédiaire de la mère. Dans un autre ordre d'idées, les œuvres sont dues à l'initiative privée, départementale, communale.... Nous adopterons donc plus ou moins arbitrairement un plan qui nous permettra de mettre un

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peu d’ordre dans l’exposé des œuvres si diverses et si complexes qui toutes tendent à ce même but: sauver l'enfant.

1° Œuvres Municipales (Crèches de la Ville de Lyon. Vacherie Municipale. Lait stérilisé. Pouponnière en plein air. Restaurant des Mères nourrices. Secours des Mairies).

2% Protection Départementale du Premier äge (Application de la loi Roussel et de la loi de 1904. Secours. Subventions).

3° Œuvres dépendant des Hospices de Lyon (Consultations de Nourrissons. La Nourricerie Rémond est étudiée au chapitre des Œuvres à type spécial).

4 Type Consultations de; Nourrissons (Œuvre lyonnaise des Consultations Budin. Poupons des Brotteaux. Poupons des Terreaux et de la Croix- Rousse. Société Protectrice de l'Enfance. À signaler les Consultations dépendant de la Mutualité Maternelle et de la Charité Maternelle).

5° Types Crèches. Outre les Crèches Municipales déjà citées, nous étudierons les Crèches Saint-Bernard et Saint-Paul, la Crèche Spirite et les Crèches d'Usines.

6° Œuvres d'Assistance Maternelle (Mutualité Maternelle. Charité Maternelle. Encouragement à l'Allaitement Maternel. Samaritaine).

7° Œuvres à type spécial (Gonsultations de Nourrissons du Dispensaire antituberculeux. Œuvre de Grancher. Nourricerie Rémond).

Enfin, nous devrons ajouter la Ligue contre la

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Mortalité Infantile qui, à Lyon, dirigée par Monsieur le Professeur Weill, est surtout une société d’études, de propagation, d'action, qui soutient énergiquement la lutte contre ces deux grands facteurs de la Mortalité Infantile : le Préjugé et l'Erreur. Signalons l'Office Central de la Charité qui renseigne les diverses œuvres et leur permet d'agir d'une facon efficace et bienfaisante.

APerçu Historique. — Ce fut en 1784, que Beaumarchais eut l’idée de conserver l'enfant à sa mère pour éviter les désastres de la mortalité infantile, et la première société de bienfaisance maternelle fonctionnait dès 1784 à Lyon. C'était la Société de la Charité Maternelle qui a subsisté jusqu'à nos Jours.

En 1884, Marbeau fonde à Paris l'Œuvre des Crèches et, dès 1846, Lyon voit s'ouvrir la Crèche Saint- Paul, puis, en 1850, la Crèche Saint-Bernard.

En°1874, c'est la Promulgation de lailoii Roussel.

En 1876, la première Société d’Allaitement Maternel est fondée à Vienne; celle de Lyon est fondée en 1877.

En 1891 est fondée la première Mutualité Maternelle de France ; celle de Lyon sera fondée en

En 1892 fonctionne pour la première fois une Consultation de Nourrissons à l'Hôpital de la Charité, à Paris, et c'est à cette époque l'essor de la Puériculture sous l'influence de Budin et de Pinard.

Enfin, pendant ces dix dernières années, c’est l’éclosion des diverses crèches (les premières crè-

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ches municipales datent, à Lyon, de 1901), et des Consultations de Nourrissons (Œuvre lyonnaise des Consultations Budin, 1905). Poupons des Brotteaux (1907). Poupons des Terreaux (1909).

PLAN D'ÉTUDE POUR cHAQUE Œuvre. — Nous avons fait une enquête personnelle pour nous permettre d'étudier le but, le fonctionnement et les résultats de chaque œuvre. Nous avons eu recours aux documents statistiques fournis par elles, et le plus souvent compulsé nous-mêmes les dossiers. Nous avons tenu à visiter les locaux et à assister de visu au fonctionnement des divers organismes. Enfin, nous avons choisi cette année de 1910 pour obtenir des chiffres portant sur une année complète et par cela même plus exacts.

1° Œuvres Municipales Lyonnaises

Hisrorique. — C'est en 1901 que la Ville de Lyon, toujours à l'avant-garde des œuvres de préservation sociale, sous l'impulsion de Monsieur Augagneur, prit possession de trois crèches administrées antérieurement par la Société Protectrice de l'Enfance (8, rue d'Isly ; 233, rue Vendôme ; 6, quai Fulchiron). Dès cette date, l'inspection médicale fut confiée au Bureau d'Hygiène qui rédigea un Règlement de gestion intérieure.

Depuis 1899, la Ville achetait du lait stérilisé pour lutter contre la gastro-entérite ; ce fut en août 1901 qu'elle entreprit de stériliser elle-même le lait destiné à alimenter les nourrissons nécessiteux.

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Acheté à la Société des Laits Hygiéniques, il fut dès lors stérilisé sous le contrôle du Bureau d'Hygiène. Dès 1902, on distribuait aux nourrissons nécessiteux de 1 jour à 14 mois, 215 litres de lait par jour. La même année, la Ville de Lyon prit possession de trois nouvelles crèches restées sous la dépendance de la Société Protectrice de l'Enfance (72, rue de la Charité ; 43, rue Saint-Pierre-de-Vaise ; 92, rue Vendôme). En 1903, une septième crèche est fondée rue Imbert-Colomès, et en 1904 les sept crèches municipales recoivent déjà 212 enfants, avec un total de 22,000 journées de présence.

En 1905, la Ville fait construire au Parc de la Têted'Or une vacherie modèle, avec usine de stérilisation. Autre fait important : on organise dans les crèches des consultations hebdomadaires de nourrissons pour les enfants des crèches et pour les bénéficiaires du lait. C’est là une heureuse tentative de combinaison des Crèches et des Consultations.

La réorganisation de 1909 permet une surveillance plus active des enfants; en 1910, fonctionnent pour la première fois la Pouponnière en plein air, et le Restaurant des Mères nourrices. En 1911, création d’une nouvelle érèche à Monplaisir. Tel est l'exposé historique des efforts tentés par la Ville de Lyon pour diminuer la mortalité infantile.

Etude des Œuvres Municipales. — L'étude des documents administratifs municipaux nous permet de les diviser ainsi que suit :

1° Secours aux femmes mariées récemment accou-

chées. — 10.000 francs, soit 100 bénéficiaires à 100

francs, payées pendant 10 mois à raison de 10 francs par mois. Ces secours distribués par les mairies d'arrondissement sont malheureusement insuffisants et parviennent à des femmes ayant le plus souvent quatre enfants. Il est vrai qu'une grande partie des fonds mis à la disposition du Maire pour secours en cas d’extrème misère (15.000 francs)est utilisée dans ce sens.

2 Les Crèches et la Pouponnière représentent un budget annuel de 37.000 francs (1910).

3° La Vacherie et son usine de stérilisation ont coûté en 1910 une somme de 57,000 francs environ.

4° Le Restaurant des Mères Nourrices représente un budget annuel de 10.000 francs.

Soit, en ajoutant quelques subventions, un budget annuel de 120.000 francs environ destiné à la Protection de la Première Enfance.

A) Crèches Municipales.

La Ville de Lyon possède actuellement les neuf Crèches suivantes :

18, rue Imbert-Colomès (1° Arr.); 19, cours Charlemagne (11°) ; 233, rue de Vendôme, et 30, rue de Gerland (IIT°); 8, rue d’Isly (IV°); 78, quai Saint- Georges, et 17, rue Chénard (V°); 57, rue Vendôme, et 44, boulevard des Brotteaux (V[°).

Elles sont régies par le règlement municipal de 1901 qui règle minutieusement les questions de propreté et d'hygiène. Comme locaux,chaque Crèche dispose d’une salle de berceaux, d’une salle de ma-

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nipulation du lait, d’un vestiaire, d’une salle des Mères et d'un cabinet servant à la Directrice et au Médecin.

L'enfant est reçu gratuitement de 15 jours à 2 ans ; à son arrivée 1l est déshabillé, son linge est mis au vestiaire dans un sac individuel, sa température est prise et sa propreté vérifiée. Le lait qui lui est donné provient de la Vacherie Municipale ; il arrive chaque matin à 7 h. 1/2 et est manipulé dans une salle spéciale. Les enfants prennent le biberon toutes les trois heures, et le titrage du lait est fixé par le médecin. Ce lait, tout au moins théoriquement, n’est qu’un complément, car la Mère doit allaiter son enfant au moment de l’arrivée à la Crèche et au moment du départ, ainsi qu’au cours de la journée. Mais malheureusement, dans la pratique, on ne peut arriver à ce résultat pourtant si désirable. A partir du huitième mois le médecin peut prescrire des aliments légers (crèmes, bouillies, bouillons de légumes).

La plus grande propreté est prescrite pour les tétines, les linges, la literie, l'hygiène corporelle des enfants (cheveux coupés ras). — En ce qui concerne la prophylaxie des maladies contagieuses, tout enfant présentant une température de 37°5 ou présentant le moindre symptôme suspect,est renvoyé à sès parents. Il ne pourra être réadmis que sur certificat médical de guérison.

Pour chaque enfant il existe une fiche (Renseignements sur la naissance, le mode d’allaitement, courbe de poids...). Les enfants sont pesés tous les huit jours et sont présentés deux fois par semaine à la

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consultation médicale, Quant aux mères, elles doivent également se présenter une fois par semaine, à jour fixe, à la consultation.

À côté des enfants des crèches se placent les Bénéficiaires du Lait à domicile. Ce sont des femmes nécessiteuses qui, après demande à la Mairie d'arrondissement, touchent journalièrement le lait pour leurs enfants. Elles sont astreintes à amener leurs nourrissons tous les quinze jours à la visite médicale, et continuent à toucher le lait jusqu’à ce que l'enfant ait atteint quatorze mois.

Au cours de 1910, il ya eu 1115 bénéficiaires du lait stérilisé, dont 625 à domicile et 490 dans les Crèches. Au 31 décembre 1910, il existait 394 bénéficiaires, dont 226 à domicile et 168 dans les Crèches (en 1900, il n y avait que 350 bénéficiaires.)

Dans la même année, 490 enfants ont fréquenté les Crèches, contre 510 en 1909. Celà est dû à quelques petites épidémies, d’où diminution de journées de présence (36.644 journées). Pour les mêmes raisons, contre 37 décès en 1909, il y a eu 40 décès en 1910, soit une mortalité globale de 8,5 °/,.

La journée de présence revient à 1 franc par tête d'enfant, et la moyenne annuelle du coût d'un enfant est de 78 francs environ.

B) Vacherie et Laiterie Municipales.

Désireuse de fournir aux enfants pauvres un lait

pur, la Ville de Lyon créa, en 1905, cet établissement au Parc de la Tête-d'Or(mêmeinitiative à Tourcoing).

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