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VII. Résultats du traitement

Dans 74 de nos 12 1 cas de lupus, le traitement principal était achevé avant le i:er avril de l'année présente (1905). Les autres malades, au nombre de 47, sont encore en traitement. Parmi les 74 malades dont le traitement était fini, il y avait i: 41 cas guéris, 2: 22 » presque guéris, 3: II » très améliorés.

I. Cas guéris. Les malades restent encore en observation après la fin du traitement. S'ils ont quitté Stockholm, nous avons soin de

tious rcnseij^nor sur la persistance de la ^iiérisoii \y.iv lettres des malades eux-niênies ou de leur médecin.

11 est d'importance majeure, avant de pouvoir dire que la f^uérison est définitive, de considérer le temps écoulé après la fin du traitement. Il est imprudent de prononcer le mot «^uérison avant ([ue 6 mois, (ju mieux, un an se soient passés sans récidive. En ce moment-ci, sur nos 41 malades considérés comme guéris, il y a 7 qui n'ont pas eu de récidive depuis 2 ans ou plus, 16 qui ne l'ont pas eu depuis un an, 1 1 depuis 6 mois, et 7 depuis moins de 6 mois. Afin d'acquérir plus de certitude, avant la sortie du malade, nous avons souvent eu recours à la tuberculine de KoCH. Nous avons procédé de la façon suivante: quand, à l'examen quotidien de la partie malade comprimée par une lame de verre, ce qui fait bien ressortir les taches gris-jaunes du lupus dans la peau anémiée, on ne peut plus rien voir, on attend encore deux semaines ou plus sans traitement, jusqu'à ce que la rougeur réactionnelle des parties traitées en dernier lieu ait disparu. Alors, si rien de suspect ne subsiste à l'épreue de la compression par la lame de verre, on injecte — après avoir pris la température du malade — un mgr de tuberculine. S'il n'y a pas de réaction après cette première injection, on fait souvent, deux jours après, une seconde injection avec une dose double ou triple. D'accord avec l'Ecole de Breslau, je trouve que la tuberculine donne souvent des renseignements précieux sur le résultat du traitement. En effet, des processus tuberculeux seuls sont le siège d'une réaction et celle-ci a lieu alors d'une façon presque constante. Nos deux cas de la forme rare de lupus folliculaire de Tilbury Fox ne réagissaient pas à la tuberculine, même à la dose énorme de 10 mgr (voir ci-dessus). Dans l'un de ces cas, obs. 80 Aug. B., nous avons constaté des bacilles de KoCH bien autentiques dans les nodules miliaires.

Dans trois cas, au moins, de lupus vulgaire en apparance guéri, où il n'y avait pas eu de réaction à la suite d'une injection de i à 2 mgr de tuberculine, ' il y eut pourtant des récidives in loco quelques mois plus tard. Inversement, dans l'obs. 62, Tekla G., il y avait une réaction typique à la sortie de la malade, mais pas de récidive après plus de 6 mois, d'après les renseignements du médecin de l'endr oit.

Si nous pouvons considérer ces 41 malades comme guéris, ce qui n'est justifié que sous réserves, du moins pour les 7 derniers, nous arrivons à un chiffre de guérison de 55,4 p. c, pendant les 2 ans et

demi qui ont servi de base pour notre statistique. Ce résultat doit être considéré comme satisfaisant, si l'on considère, combien beaucoup de ces cas étaient anciens et étendus et qu'ils avaient subi antérieurement des traitements multiples.

Durée de la maladie: de lO à 30 ans . . 7 cas

» » » » moins de 2 » . . 4 »

Extension des lésions: grande 8 cas

moyenne . . . .16 »

petite 17 »

Le traitement antérieur avait consisté, outre les moyens simples, dans les méthodes plus efifectives suivantes:

Curettage, thermo- ou galvano-cautérisation 14 cas ■

Excision, transplantation 5 »

Radiothérapie (dans un cas 2 V2 ans, 250

séances) 6 »

Parmi ces 41 cas guéris, il y avait 11 qui appartenaient à la classe des lupus primaires ou par inoculation, chez des personnes bienportantes, 9 cas de lupus secondaire ou par continuité avec des ganglions tuberculeux sous-jacents, des ostéites, dacryocystites etc., 20 cas de lupus associé à d'autres lésions tuberculeuses et un cas de lupus folliculaire disséminé de Tilbury-Fox.

2. Cas presque guéris. Ce groupe comprend d'abord 22 malades qui ont fini le traitement principal, et aussi 14 malades qui sont encore en traitement, mais qui semblent toucher de bien près à la guérison. Quelques-uns avaient interrompu le traitement, parcequ'ils étaient satisfaits du résultat déjà obtenu et qu'ils voulaient rentrer chez eux pour revenir plus tard. D'autres étaient guéris extérieurement, mais il y avait eu chez eux des lésions muqueuses (le plus souvent dans la cavité nasale, quelquefois dans la bouche ou le sac lacrymal) qui pouvaient sembler guéries, mais dont le siège difficilement accessible à l'examen pouvait rendre une récidive plus ou moins probable. D'autres, enfin, étaient guéris en apparence, mais réagissaient encore à la tuberculine et devaient donc encore être comptés parmi les » presque guéris».

Parmi les 14 «presque guéris» qui sont encore en traitement, il y en a qui ont été en traitement très longtemps (comme le malade de l'obs. I, Karl J., 300 séances), parceque ce sont les cas les plus graves, des lupus secondaires à des foyers tuberculeux sousjacents indéracinables,

dont le sic<4c dans les <4an<4li()ns lyni|)li.'ili(|iics, les os, le sac lacr)-inal on dans nne nuujnense inaccessible; ou des lujnis invétérés, ayant attaqué les tissus de rétraction cicatricielle, chéloïdienne et ayant subi des traitements antérieurs intenses.

3. Cas très améliores. Ce groupe comprend, éi>alemcnt, d'abord 1 1 malades qui ont fini le traitement principal et ensuite 7 malades qui sont encore en traitement. Tous étaient des cas de lupus très étendu ou invétéré, ou difficilement curables ou même incurables pour d'autres raisons: secondaires à des foyers inaccessibles ou compliqués de lésions tuberculeu.ses internes incurables. Cependant, même les malades incurables peuvent, après avoir obtenu une amélioration, mener une existence relativement supportable.

Un seul malade (obs. 14) devait être exclu du traitement, pour cause d'ivresse trop fréquente. Les autres malades ont suivi le traitement photothérapique avec une grande confiance et d'une façon assidue et régulière, malgré des difficultés pécuniaires et autres.

Condusioîis: De toutes les méthodes employées contre le lupus vulgaire, c'est la photothérapie qui a les plus grandes chances d'être efficace, parcequ'elle s attaque a la cause, parcequ'elle n est pas sanglante ni douloureuse . Les rayons chimiques bactéricides agissent d'une façon uniforme sur la partie cutanée malade, donc non seulement sur la partie malade macroscopiquement, mais aussi sur les parties environnantes. Ils pénètrent dans la profondeur, sans jamais pouvoir nuire.

Au point de vue esthétique, aucune méthode ne donne d'aussi bons résultats: les cicatrices sont minces, pâles, lisses, parcequ'il n'y a pas d'autre perte de substance que celle provoquée par la maladie elle-même.

Le pourcentage des gucrisons est assez élevé (55,4 "/,, pendant les 2 V2 ans passés, sera plus élevé très probablement avec le temps). Il se trouve abaissé par les circonstances qui contrarient tous les traitements connus du lupus, à savoir que celui-ci est souvent secondaire à des foyers tuberculeux sousjacents des muqueuses, des os, des ganglions lymphatiques, du sac lacrymal etc., qui peuvent être difficiles, voire impossibles à déraciner.

La photothérapie, comme toutes les autres méthodes de traitement du lupus, doit être secondée par les méthodes adjuvantes, chirurgicales, rhinologiques, ophtalmiatriques etc.

On peut objecter contre la photothérapie que les résultats sont lents. Mais c'est également le cas dans toutes les méthodes employées contre le lupus, sauf l'excision complète, laquelle ne convient, quand il s'agit du lupus de la face que pour les petits foyers. La photothérapie exige une installation spéciale, une source électrique puissante, un personnel relativement grand, bien instruit et très attentif, ce qui la rend coûteuse. Ce sont là des objections justifiées.

Magnus MôllER: La photo-

(T tu

Traitement

Extension et siège des

Nom et numéro

antérieur

lésions lupiques

Pri maire

de la peau

d'une muqueuse

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