‹ La Lutte contre la tuberculose en SuèdeChapitre 43 sur 78 · A. Karl · texte numérisé non relu

A. Karl

Pommades.

Curettage

Grande. Nez et cav.

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Dernier traitement

Kùsullal (iii li;iitcriicnt

Secondaire à

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En traitement.

Gangl.lvinpli.

Adénite cerv. tuberc,

>Vl2 04

supp. 1895.

conjonct. phlyct.

Lupus autour

des ouvertu-

res.

Adénites cerv. et con-

Le traitement vient de com-

jonct. phlyct. dans l'en-

mencer

fance. Gangl. lyniph.

sousmax. grandes com-

me des noisettes

Mère morte de tuberc.

Le traitement vient de commencer

Ostéite tub. du tib.

Le traitement vient de com-

à 14 ans. Adénites

mencer

cerv. supp. (de 16 à

17 ans)

Adénite cerv. dans

Le traitement vient de com-

l'enfance. Kératite

mencer i

phlyct. Tuberc. pulm.

Lvmphome

Le traitement vient de com-

ducou (opéré

mencer.

16 fois)

Ostéite du ler meta-

Va 05

Le traitement vient de com-

tars du pied g. Sommet

mencer.

g. suspect. (Frère mort de tuberc.)

Gangl. lymph. du cou

' Le traitement vient de com-

du vol. de haricots.

mencer.

Adénite cerv. supp.

Le traitement vient de com- ;

en 1897. Exstirpations

mencer. '

Sommet g. suspect.

Le traitement vient de commencer.

Sur l'identité de la tuberculose humaine et

bovine.

Compte-rendu

de la première série d'expériences faites par le comité, institué par le Conseil

médical Royal pour étudier la question des rapports existant entre la

tuberculose humaine et la tuberculose bovine.

Présenté au Conseil médical le 30 Mai 1905

par le comité

Si E. HeNSCHEN, I. JUNDELL, JOSEF SV^NSSON.

La thèse soutenue par Robert Koch en 1882, que la tuberculose bovine (maladie perlée) était identique à la tuberculose humaine et que cette maladie était transmissible à l'homme, gagna vite des adhérents parmi les médecins et les savants. Cette allégation était pendant vingt années le principe fondamental de toutes les mesures prises pour combattre la maladie perlée. Les recherches de Virchow, lesquelles tendaient à relever certaines différences entre la structure histologique des nodules de la maladie perlée et celle de la tuberculose humaine, ainsi que les différences anatomiques et cliniques existant entre la tuberculose humaine et la tuberculose bovine, perdirent toute valeur devant la déclaration de Koch, que les deux maladies étaient identiques »à cause de l'identité des parasites qui les provoquent».

Koch iit donc sensation, lorsqu'au congrès de tuberculose, tenu à Londres au mois de juillet 1901, il rétracta son opinion antérieure et, s' appuyant sur le résultat de quelques nouvelles expériences, il déclara que le virus de la tuberculose humaine n'était pas identique à celui de la maladie perlée et que par conséquent les deux maladies n'étaient pas identiques non plus.

Cette (Icclaration si ini])()rtantc lut inolivce de la inanicrc suivante:

Dans la «grande majorité des cas la coiilai^ioii liihciculeusc se transmet f^ar iiilialatioii, et ce sont les cxpccloratidiis ilrs liihrrciiltiix (|iii constituent la source principale de l infection; ces expectorations pcnclrcnl dans les parois respiratoires en forme de globules microscopiques ou de poussière desséchée. Jusqu'alors un autre mode d'infection était j^éncralement admis et les démarches les {)lus énergiques fiu'ent faites pour empêcher la transmission du bacille tuberculeux de l animal à l homme de cette manière; mais par suite d'expérimentations, faites en collaboration avec M"^ Schûtz, Koch était parvenu à une conception tout opposée à celle qu'il avait avancée auparavant.

19 bovidés, prouvés indemnes de tuberculose par l'épreuve de la tuberculine, furent infectés de bacilles tuberculeux d'origine humaine: des cultures pures ou des expectorations tuberculeuses furent inoculées par injections sous-cutanées, intra-veneuses ou intra-péritonéales; six de ces animaux ingéraient journellement pendant 7 à 8 mois des crachats tuberculeux ou inhalaient de grandes quantités de bacilles tuberculeux délayés dans de l'eau. Aucun d'eux ne fut atteint de tuberculose et a l'autopsie, qui avait lieu 6 à 8 mois plus tard, il n'y avait chez eux aucune trace d'altérations tuberculeuses dans les organes, sauf quelques petits foyers de bacilles au point de l'injection, comme cela arrive même à l'injection sous-cutanée de bacilles morts.

Les animaux infectés au contraire de bacilles tuberculeux d'origine bovine tombaient tous malades, quel que fût le mode d'infection; une température élevée, un grand dépérissement, signes typiques de la tuberculose, se manifestaient constamment. Quelques-uns des animaux moururent, d'autres furent abattus comme étant très atteints; l'autopsie montrait toujours des altérations tuberculeuses. L'injection intrapéritonéale provoquait dans tous les cas sur l'épiploon et dans le péritoine les altérations caractéristiques à la maladie perlée.

6 porcs ingéraient pendant 3 mois des crachats tuberculeux mélangés au fourrage, 6 autres porcs recevaient pendant le même temps des bacilles d'origine bovine dans leur nourriture. Tous les 6 premiers restèrent bien-portants, les autres 6 tombèrent malades; 3 de ceux-ci moururent spontanément, les autres 3 furent abattus après 3 mois. Aucune trace de tuberculose chez ceux qui avaient ingéré des bacilles humains, sauf ça et là quelques nodules dans les ganglions lymphatiques du cou, et dans un seul cas quelques tubercules dans les poumons.

Chez les porcs qui avaient ingéré des bacilles bovines au contraire, de graves altérations tuberculeuses se manifestaient sans exception. Les mêmes expériences appliquées sur des ânes, des moutons et des chèvres donnaient le même résultat.

Il résulte donc, selon Koch, de toutes ces expériences que la tuberculose humaine et la maladie perlée ne sont pas identiques et que la tuberculose humaine n'est pas transmissible aux bovidés.

La seconde question qui se pose est donc: est-ce que la maladie perlée est transmissible à l'homme? Ce problème ne peut pas se résoudre par la voie expérimentale. Mais s'il en était ainsi, un grand nombre d'hommes qui consomment du lait et du beurre d'une provenance tuberculeuse devraient mourir de tuberculose abdominale primitive. Or, la statistique prouve que cette maladie est très rare et que dans les cas où elle se présente, on peut aussi bien conclure à une infection de bacilles humains, avalés avec la salive ou introduits dans le corps autrement.

» Quoique la question si importante de la réceptivité de l'homme pour la tuberculose bovine ne soit pas encore tranchée et que ce problème n'aille se résoudre ni aujourd'hui ni demain, on est néanmoins en droit de dire dès à présent que, si vraiment une telle réceptivité existe, cette sorte d'infection est extrêmement rare. Je ne voudrais même pas attribuer plus d'importance à l'infection contractée par le lait et le beurre provenant de vaches tuberculeuses qu'à l'infection héréditaire, et je ne le juge pas nécessaire de prendre une mesure quelconque contre cette infection.»

La source principale de l'infection est donc, selon Koch, les crachats des phtisiques et tout doit se faire pour les rendre inoffensifs. A cet effet Koch propose: désinfection des crachats, hygiène des logements, fondation d'asiles pour les cas avancés de la maladie, déclaration obligatoire, instruction, traitement des malades dans des sanatoriums.

La grande importance hygiénique et économique qu'avait la communication de Koch, fit que beaucoup de savants se mirent tout de suite à répéter et à contrôler ses dernières expériences. Les résultats obtenus par ces savants semblaient tous parler contre la dernière assertion de Koch.

La critique de von Behring eut surtout un grand retentissement à cause de la grande autorité de l'auteur. L'avis de von Behring est tout à fait opposé à celui de Koch. Selon lui les tubercu-

loscs hiiinainc cl hox'inc ainsi (|iic les mici'obcs des deux maladies sont i(lenli(]ues. I>a tuberculose humaine était pi'ovocjuee par in^^estion, surtout par la consommation de lait tuberculeux pendant la picmiere enfance. La diiïcrcnce existant éventuellement entre le bacille tuberculeux humain et le bacille tuberculeux bovine se bornait a lui degré différent de virulence, mais cette différence existait habituellement dans toutes les diverses espèces de bactéries (dans toutes les races de la même espèce). Seulement le bacille humain avait moins de virulence chez les bovidés que n'en avait le bacille d'origine bovine, mais ce degré différent de virulence disparaissait si l'on faisait passer le bacille humain sur des animaux; si, par exemple, on inoculait une culture de bacilles humains à des chèvres, la virulence de ces bacilles augmentait au point à avoir la même énergie sur des bovidés qu'une culture de bacilles provenant de la maladie perlée.

Cependant Kossel a soumis les publications qui paraissaient bientôt après la conférence de Koch à une analyse critique. Dans une séance, tenue par le comité du Reichsgesundheitsamt allemand, le 2 avril 1902, Kossel releva que les expériences, dont les ouvrages de critique donnaient un compte-rendu, n'avaient pas été pratiquées de la manière que Koch avait indiquée comme étant la meilleure dans la conférence à Londres. Au lieu des injections sous-cutanées qu'avait recommandées Koch, ces auteurs avaient procédé à des injections intra-veineuses ou intra-péritonéales. Il était évident que des altérations locales se déclareraient à ces injections, comme cela arrivait du reste aussi à l'injection sous-cutanée, et que l'injection de grandes quantités de bacilles tuberculeux dans les veines jugulaires devait provoquer certaines altérations dans les poumons. Si l'on envoyait ces animaux à la boucherie prématurément, on pourrait facilement être induit à l'erreur qu'on se trouvait en présence d'une inoculation réussie de bacilles tuberculeux humains à des bovidés; mais si l'on laissait ces animaux en vie pendant quelque temps, on observerait un retour et même une disparition complète de ces altérations.

En vertu de cette critique, le comité de tuberculose allemand décida, le 2 avril 1902, dans cette même séance, à laquelle prenaient part les principales autorités allemandes dans le domaine de la bactériologie, de procéder à de nouvelles expériences quant au rapport existant entre la tuberculose humaine et la tuberculose bovine et d'effectuer ces expériences d'après un plan élaboré consciencieusement, où

seraient évitées les sources d'erreurs ci-dessus. Le même jour le comité allemand résolut en outre de se mettre en communication avec les autorités des autres pays, par son ministère des affaires étrangères pour présenter son plan d'essai aux comités qui existaient déjà dans ces pays ou qui y seraient éventuellement institués pour l'étude de ladite question.

Lorsque le gouvernement suédois eut reçu la note du Reichsgesundheitsamt, ainsi que le plan d'essai du comité de tuberculose allemand, il chargea, le 14 mars 1903, le Conseil médical d'instituer un comité qui, s'appuyant sur le plan des savants allemands, devait contribuer à l'éclaircissement de la question importante si les deux formes de tuberculose qui existaient chez l'homme et chez les animaux (particulièrement les bovidés) sont identiques ou non.

Nous soussignés, nommés membres de ce comité, le 20 avril 1903, avons donc élaboré un plan à suivre dans nos recherches, lequel nous avons présenté au Conseil médical; lorsque le Conseil l'eut approuvé, nous avons pu commencer nos expériences.

Le plan d'essai des savants allemands avait la teneur suivante:

A. Expériences avec de la tuberculose humaine.

a Récolte de cultures pures de bacilles tuberculeux d'origine différente, surtout celles provenant de tuberculose primitive dans l'intestin, les ganglions mésentériques, les amygdales et les ganglions cervicaux, et inoculation sous-cutanée de ces cultures à des veaux de 3 à 6 mois.

â Inhalation de quelques cultures fortement virulentes, soit, de crachats tuberculeux, par des veaux de 3 à 6 mois.

c Ingestion quotidienne pendant 3 mois de crachats tuberculeux, soit de lait bouilli, additionné de cultures de bacilles tuberculeux, par des veaux de 3 à 6 mois et par des porcelets de 5 à 8 semaines.

d Passage — pratiqué une ou plusieurs fois — de cultures faiblement virulentes sur des chèvres (5 chèvres) et inoculation de ces cultures à des veaux de 3 à 6 mois.

jB. Expériences avec de la tuberculose bovine.

a Injection sous-cutanée de cultures pures et récentes provenant de cas différents de la maladie perlée à des veaux de 3 à 6 mois.

à Inhalation de cultures d'origine bovine par des veaux de 3 à 6 mois.

r Inucstioii (|ii()ti(licnnc pcndaiil 3 mois de cultures bovines jiur des veaux de 3 à 6 mois et pnr des porcelets de 5 à 8 semaines.

Quant à la marche des expériences, le comité tuberculeux a indi^iué les règles suivantes:

Ensemencer les cultures de bacilles tuberculeux de proveiiruice box'ine, faire des ensemencements en surface dans un l)ouillon «jljxériné à 2 "/o; après développement satisfaisant tle la cultine, la portei" sui' un filtre pour faire absorber le liquide adhérent, la peser, la bi-o)'er dans un mortier avec une solution physiologique de sel pour en jjréparer une émulsion homogène, délayer cette émulsion dans une solution de sel à la proportion que l'émulsion délayée contienne 0,01 gr. de la masse de culture sur i cm.^. Pour l'injection aux bovidés, prendre 5 cm."^ d'une telle émulsion contenant 0,05 gr. de masse de culture.

Pour les expériences ne se servir que d'animaux n'ayant pas réagi à 0,5 gr. de tuberculine.

Pratiquer les expériences A et R dans des étables séparées l'une de l'autre.

Le comité de tuberculose allemand avait joint a son plan d'essai quelques indications.

Les expériences avaient pour but primordial de répondre ii la question si les bacilles tuberculeux contenus dans les expectorations des phtisiques ou si les cultures pures provenant de tuberculose humaine avaient une autre action sur les bovidés que les bacilles tuberculeux d'origine bovine. Pour trancher cette question le comité recommande les procédés ci-aprés. Employer non seulement des cultures provenant de tels cas de tuberculose humaine, où la maladie avait pu être contractée par l'introduction de bacilles tuberculeux dans les organes digestifs comme la tuberculose primitive dans l'intestin, les amygdales, les ganglions mésentériques ou cervicaux, mais aussi faire usage de cultures provenant de la tuberculose pulmonaire, péritonéale, urogénitale et articulaire.

L'injection sous-cutanée avait été considérée comme le meilleur mode d'inoculation, puisqu'elle relevait le mieux la différence de pathogénésie, c'est-à-dire la faculté différente des cultures de provoquer une maladie progressive. Contre l'injection intra-véneuse, dont s'étaient servis la plupart des auteurs qui critiquaient Koch, on pouvait faire des objections, puisque les bacilles entrant dans les poumons avec le sang, pouvaient, sans se multiplier, y provoquer des altérations anatomo-

pathologiques, qu'on pourrait prendre comme la preuve d'une infection réussie. Or, il était connu que même des bacilles tués pouvaient produire des altérations histologiques ressemblant à celles provoquées par des bacilles vivants. L'injection abdominale donnait lieu aux mêmes scrupules. Ces faits donnaient peut-être l'explication de l'erreur de beaucoup de savants, lesquels avaient conclu à la pathogénésie des bacilles d'origine humaine chez les bovidés par le résultat obtenu par des injections intra-veneuses ou intra-péritonéales.

Pour imiter autant que possible la voie naturelle d'infection, pratiquer des essais d'inhalation sur des bovidés avec des cultures d'origine humaine, possédant une très forte virulence. Enfin faire ingérer par des veaux des crachats tuberculeux et du lait stérilisé, où avaient été délayés des bacilles tuberculeux d'origine humaine.

Pour être à même de trancher la question si importante pour l'agriculture si les porcs étaient réceptifs à la tuberculose humaine ou non, soumettre ces animaux à des expériences.

A cause des assertions de von Behring, il serait aussi désirable d'examiner si le bacille tuberculeux d'origine humaine pourrait gagner en virulence chez les bovidés par le passage des cultures sur des chèvres.

Une seconde série d'expériences avec des bacilles d'origine bovine contribuerait à trancher la question si la virulence chez les bovidés différait selon que les cultures provenaient de cas différents de tuberculose bovine. Dans ce but mettre à l'épreuve des cultures différentes et récentes d'origine bovine — comme cela se faisait aux expériences avec des cultures de provenance humaine — pour explorer leur pathogénésie chez des bovidés à l'injection sous-cutanée, aussi bien qu'à l'inhalation et à l'ingestion. Pour contrôler les expériences correspondantes avec des cultures d'origine humaine, faire ingérer par des porcelets du lait stérilisé, auquel avait été additionné des cultures d'origine bovine. Ce qui était de la plus grande importance dans ces expériences, c'était que les cultures fussent aussi récentes que possible, puisque selon beaucoup d'auteurs la virulence diminuait, quand les cultures restaient depuis longtemps au laboratoire.

Pour obtenir des résultats aussi positifs et aussi uniformes que possible, il importait de déterminer la préparation et la quantité de la matière d'injection.

Quant à l'âge des bovidés et des porcs, il était fixé à 3 — 6 mois puisqu'à cet âge une tuberculose spontanée était plus rare que chez des

animaux plus à^cs. Comme une (elle Uihcrciilosc sponlanéc C()m|)li(|uail l'apprcciation dos altérations, (jui se montraient a 1 autopsie, et (|u'en outre elle pourrait causer la contamination des autres animaux d'expérience, qui étaient dans la môme étable, il fallait choisir des animaux n'ayant pas réa<^'i à une injection de 0,5 (4m. de tuberculine. l'Lnfin il fallait séparer localement les animaux destinés à l'expérience avec de la tuberculose humaine de ceux destinés à l'expérience avec de la tuberculose bovine.

Dans notre plan, approuvé par le Conseil médical, le 3 juillet 1903, nous avons indiqué la difficulté d'expérimenter avec un grand nombre d'animaux simultanément, attendu qu'alors les animaux ne pourraient être si bien soignés et qu'il serait difficile d'étudier les cas différents. A ces difficultés s'ajoutait encore une autre, celle de pouvoir calculer d'avance les frais des expériences, vu l'impossibilité de prévoir le prix de revient des veaux, le temps qu'ils vivraient etc. C'est pourquoi nous avons cru devoir commencer nos expériences sur un relativement petit nombre de veaux, savoir 30, dont 20 étaient destinés à l'inoculation de tuberculose humaine, 10, pour le contrôle, à l'inoculation de tuberculose bovine. Selon le plan du Reichsgesundheitsamt, 4 groupes d'animaux devaient être infectés de tuberculose humaine, 3 de tuberculose bovine. Sans nous écarter de l'idée du plan allemand, nous avons commencé par les expériences indiquées sous ^ a, c et H a, c, lesquelles comportent l inoculatwji sous-aitaiicc de cultures pures d'origine humaine, resp. bovine et f ingestion d'un produit tuberculeux: cultures pures ou crachats. Quant aux modes d'infection indiqués sous A b, d et H b [inhalation et augmentation en virulence par le passage des cultures sur des animaux], il fut décidé, qu'ils ne seraient employés qu'éventuellement plus tard.

Ainsi, nous avons expérimenté jusqu'à présent avec des inoculations sous-cutanées et des ingestions de tuberculose humaine resp. bovine [les moments A a, c et B a, c], et nous allons maintenant faire le compte-rendu de cette première série d'expériences.

La matière tuberculeuse humaine a été prise sur des hommes affectés des cas suivants de tuberculose: 2 cas de tuberculose urogénitale, 3 cas de tuméfaction tuberculeuse des ganglions lymphatiques du cou I cas de tuméfaction tuberculeuse des ganglions axillaires, i cas d'ostéite

tuberculeuse, i cas d'ostéochondrite tuberculeuse, i cas de sérosité tuberculeuse multiple, I cas de tuberculose dans les tissus du derme,

1 cas de spondylite tuberculeuse, i cas de méningite tuberculeuse, i cas de tuberculose dans les ganglions bronchiques et i cas de tuberculose pulmonaire.

La matière provenant de tous ces cas a été inoculée à des cobayes. Après leur mort spontanée ou lorsqu'ils ont été tués, les bacilles tuberculeux, prélevés ordinairement sur leur rate, ont été ensemencés d'abord sur du sérum puis en bouillon. Les cultures en bouillon, du nombre de 14, ont été inoculées sous la peau de 14 veaux (i veau pour chaque culture). A part les 14 cultures pures, quelques autres cultures provenant de tuberculose humaine, ont été produites sans avoir été inoculées à des veaux.

Pour l'expérience par ingestion, 6 veaux ont ingéré, tous les jours pendant 3 mois, des expectorations de personnes atteintes de tuberculose.

6 cultures de bacilles d'origine bovine ont été ensemencées, savoir 3 cultures prélevées sur des mamelles tuberculeuses, i culture provenant de tuberculose généralisée, i culture de ganglion lymphatique tuberculeux chez un veau âgé de quelques jours [probablement tuberculose héréditaire], i culture de ganglion lymphatique de la mamelle.

Chacune de ces cultures tuberculeuses d'origine bovine a été inoculée sous la peau d'un veau; en outre 4 de ces 6 cultures ont été ingérées journellement pendant 2 mois par 4 veaux différents.

Les expériences avec la tuberculose humaine et la tuberculose bovine ont été exécutées dans des locaux différents. Les veaux inoculés de tuberculose humaine et ceux inoculés de tuberculose bovine ont été placés dans des étables séparées et des vachers différents les ont soignés. Tous les veaux, qui sortaient d'une basse-cour notoirement indemne de tuberculose, ont été soumis au traitement par la tuberculine avant d'être mis en expérience. C'est une propriété près de Stockholm, Hamra, qui a fourni les veaux; cette propriété est depuis 1895 l'objet de procédés de toute sorte contre la tuberculose bovine, et depuis plusieurs années aucun cas de tuberculose n'a été signalé parmi les animaux, dont le nombre dépasse 450. Nos 30 veaux, qui ont été soumis à la tuberculine, n'y ont pas réagi. [En tout, nous avions acheté 32 veaux;

2 devinrent bientôt malades, et, comme à l'injection de la tuberculine ils manifestèrent une température élevée, ils furent abattus sans avoir

été inocules de 1)acilles tiiherciileux. A l'aulopsie les 2 veaux ne mon traient pas d'altérations patholof^i(|ues.|

La matière d'inoculation de |)rovenance humaine a été fournie ]):\v l'hôpital des Séraphins, où les cas furent choisis par le soussigné Hen schen, par la maison de cure de la Princesse R(jyale Louise pcjur enfants malades et entîn par la section chirurgicale de l'hôpital de Sabbatsberg.

Dans tous les cas où nous avons pratiqué des inoculations souscutanées à des veaux, nous nous sommes servis de cultures absolument pures, obtenues par l'inoculation de la matière tuberculeuse à des cobayes. Dans certains cas un tel procédé était nécessaire, parceque la matière primitive contenait non seulement des bacilles tuberculeux, mais aussi d'autres bactéries; dans d'autres la matière tuberculeuse était vraiment si indemne de bactéries étrangères qu'on aurait pu obtenir une culture pure par l'ensemencement de la matière primitive directement sur du sérum, sans la faire passer sur des cobayes. Quelques cultures auraient donc fait le passage sur des cobayes, d'autres non. Quoiqu'il ne soit pas prouvé que la virulence du bacille tuberculeux se modifie par le passage sur des cobayes, nous avons jugé le plus prudent de nous servir toujours de cultures obtenues de la même manière, surtout pour les expériences les plus importantes, les inoculations souscutanées ^ .

Nous n'avons jamais inoculé le produit tuberculeux primitif directement à des veaux, quand même il n'aurait pas été difficile de trouver une matière indemne de bactéries étrangères, puisqu'a l'inoculation directe on n'est pas à même de doser la quantité de bacilles injectés, circonstance qui compliquerait beaucoup l'appréciation des résultats obtenus.

Aux expériences par ingestion au contraire, où un dosement exact n'est pas de rigueur, nous avons jugé superflu d'employer des cultures pures, mais dans les cas, où cela était faisable, c'-est-à-dire à l'ingestion de tuberculose humaine, nous nous sommes servis d'expectorations d'hommes tuberculeux, matière d'inoculation d'autant plus avantageuse quelle est naturelle et inaltérée. A l'ingestion de tuberculose bovine, au contraire, nous avons fait usage de cultures pures, vu la difficulté de procurer régulièrement et pendant longtemps un produit de cette provenance.

^ Dans un seul cas, la culture B 6 fut en-semencée directement d'un ganglion lymphatique mammaire d'une vache.

Pour obtenir des cultures pures, nous avons donc inoculé une matière tuberculeuse d'origine humaine ou bovine sous la peau de cobayes (en général deux pour chaque cas).

Après la mort spontanée des cobayes, ou lorsqu'ils ont été tués, ce qui en règle a eu lieu dans le délai de deux mois après l'inocvilation, ils ont été soumis a l'autopsie, et de petites parcelles ont été prélevées sous précautions aseptiques sur les organes qui montraient des altérations tuberculeuses (gangUons lymphatiques, rate, foie, poumons). Ces parcelles, qui étaient éventuellement des tubercles miliaires isolés, furent brisés entre deux lamelles ou entre les deux branches d'une forte pincette stérile. Le tissu brisé ainsi fut ensemencé sur du sérum de boeuf coagulé. Les cultures de bacilles tuberculeux sont obtenues le plus commodément de la manière suivante: tuer le cobaye à l'époque où la rate est infiltrée de tubercules miliaires gris et fins, (ordinairement 4 à 6 semaines après l'inoculation sous-cutanée) prélever aussi aseptiquement que possible un morceau du volume d'un pois sur la rate, briser ce morceau à plusieurs reprises entre les branches d'une longue pincette stérile, porter les bouts des branches, auxquels adhère le tissu brisé, a la surface de quelques tubes de sérum, dégager la matière tuberculeuse et frotter la surface du sérum avec un fort fil de platine.

Pour obtenir un sérum très stérile, nous avons retiré du sang des veines cervicales d'un bovidé; ce sérum est coagulé à une température qui ne doit pas dépasser 70° C. L'air de l'étuve, où s'effectue la coagulation, doit être saturé de vapeur d'eau, et à cet effet on place au fond de l'étuve i ou 2 boîtes de Pétri, remplies d'eau. Sous l'étuve, juste au-dessous des boîtes de Pétri, on allume i ou 2 becs de gaz, qui sont facilement réglables. La coagulation ne doit pas être trop forte, mais pas si faible non plus, que la surface du sérum ne résiste pas à un frottage vigoureux de la spatule de platine. Dans quelques cas nous avons ajouté au sérum de la glycérine (2 ^!o), dans d'autres non. Cette addition n'a en rien modifié le développement des cultures.

Si l'on se sert d'un sérum, qui n'a pas été coagulé dans une atmosphère à vapeur d'eau, l'ensemencement rate souvent. Les cultures qui ont déjà poussé même en abondance sur un tel sérum ne se développent souvent pas à la surface sèche d'un sérum coagulé dans l'air sec. Si au contraire le sérum a été coagulé dans une atmosphère à vapeur de la manière indiquée ci-dessus, on peut la garder dans une

glacière iiicnic pcndaiil (|iicl(iiies jours sans (|u'il dcviciiiu- inoins apte poui' l'cnsemcncciiiciU de bacilles tuberculeux.

Après avoir ensemence les tubes de sérum du produit tuberculeux pris sur des cobayes, il faut les pourvoir d'un capuchon en caoutchouc ou d'un bouchon de paraffine pour empêcher la dessication, et puis les mettre dans l'étuve à 37 — -38° C. Le lendemain on tloit contrôler encore si le bouchon ferme bien, ou si, à cause de la pression de l'air, il s'est dégagé. Après 2 ou 3 semaines on voit la surface du sérum jjarscmée de petites colonies grises, qui dans les cas différents et dans les différents tubes sont plus ou moins serrées, mais qui s'y trouvent souvent en grand nombre.

Comme il a déjà été dit plus haut, les bacilles tuberculeux ne se développent ordinairement pas du tout sur un sérum coagulé dans l'étuve sans vapeur; pourtant on voit dans certains cas se produire après 3 à 5 semaines quelques rares granulations — quelquefois une ou deux seules — d'un gris jaunâtre; ces granulations poussent graduellement de manière à former à la fin d'assez grandes colonies verruqueuses. A l'ensemencement sur du sérum coagulé dans un air relativement sec, une certaine différence se manifeste entre les bacilles de provenance humaine et ceux d'origine bovine. Ceux-ci n'ont jamais voulu pousser sur un tel sérum dans aucun des essais nombreux que nous avons faits à cet effet, ceux-là ont donné des cultures dans à peu près la moitié des cas. Sur un sérum coagulé dans une atmosphère à vapeur, les ensemencements de l'une et de l'autre espèce de bacilles n'ont jamais raté.

Lorsque la première génération de bacilles se fut développée, elle fut réensemencée sur un autre tube; la matière tuberculeuse de la première génération fut étendue avec soin à la surface du tube et introduite jusqu'à un ou deux millimètres de la limite de l'eau de condensation. Après environ 3 semaines, il se formait à la surface du sérum une mince couche cohérente, sèche et d'un blanc grisâtre et une autre couche semblable nageant à la surface de l'eau de condensation. Celle-ci fut prélevée avec un petit fil de platine à boucle ou à spatule et déposée à la surface d'un bouillon glycérine à 2 ^!o, auquel avait été laissée sa réaction nature. Le bouillon ayant été réparti dans des matras plats offrait une grande surface pour le développement des bacilles. Après quelques semaines il se formait à 37 — 38° à la surface du bouillon une membrane cohérente et sèche. En général cette membrane se développait plus lentement dans les tubes contenant des bacilles d'origine bovine

que dans ceux contenant des bacilles d'origine humaine; dans ceux-là la membrane était aussi plus mince, avec quelques nodosités un peu plus épaisses par-ci par-là.

Lorsque la membrane était assez développée, elle fut prélevée avec une spatule stérile, séchée sur un papier de filtre, pesée, broyée dans un mortier, délayée dans une solution physiologique de sel stérile à la proportion i : loo. De cette émulsion 5 cm'', soit 0,05 gm. de masse de culture, furent injectés sous la peau de quelques veaux, et comme nous avions appris par une communication orale que le comité de tuberculose allemand faisait aussi des expériences sur des lapins, nous avons injecté dans la plupart des cas i cm^ d'émulsion, soit 0,05 gm. de masse, à des lapins.

Les expériences d'ingestion de tuberculose humaine se pratiquaient de la sorte, que les veaux ingéraient tous les jours pendant 3 mois du lait bouilli additionné après refroidissement de grandes quantités de crachats tuberculeux. L'ingestion de tuberculose bovine s'effectuait ainsi que les veaux recevaient tous les jours pendant 2 mois des cultures de provenance bovine, lesquelles, après avoir été broyées, étaient délayées dans du lait, préalablement bouilli et refroidi.

Nous procédons maintenant à l'étude des extraits de nos procèsverbaux.

H signifie culture pure de bacilles tuberculeux d'origine humaine. B signifie culture pure de bacilles tuberculeux d'origine bovine.

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