‹ La Lutte contre la tuberculose en SuèdeChapitre 51 sur 78 · cr a · texte numérisé non relu

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Gen. s rab.Lit.Ansr. Stockholm

La lutte contre la tuberculose chez l'espèce bovine en Suède.

Par

GusTAF Régner.

Vétérinaire aide-major; membre du Conseil Royal de l'Agriculture.

La tuberculose de l'espèce bovine est toujours un sujet d'inquiétude pour tous ceux qui travaillent avec zèle pour le bon développe ment de la vacherie et qui y voient l'une des principales conditions pour que l'agriculture donne un bon résultat financier. Car encore aujourd'hui et malgré tout ce qui a été dit et écrit là-dessus, le fait est que la tuberculose cause des pertes considérables à l'économie rurale. Ces pertes augmentent chaque année, non seulement par suite de la plus grande fréquence de la maladie, mais aussi parce que l'argent et les soins dépensés pour l'amélioration du bétail augmentent la valeur du stock.

Que la tuberculose gagne petit à petit du terrain parmi les bovidés, tant que rien ou du moins rien de sérieux n'est fait pour l'arrêter, SiEDAMGROTZSKY avec d'autres l'a clairement démontré au VII Congrès international Vétérinaire, tenu à Baden-Baden en 1899. Les tableaux statistiques des abattoirs de plusieurs États et de beaucoup de villes importantes de Allemangne l'ont suffisamment prouvé, et si l'on étudie la statistique des dernières années, on verra qu'elle est en tout cas loin de diminuer. Je connais personnellement plusieurs grandes basses-cours contaminées, qui à la deuxième épreuve de la tuberculine accusèrent une fréquence de tuberculose beaucoup plus grande qu'à la première, faite cinq à six ans avant — pour ne pas parler du bétail considéré non tuberculeux et atteint quand même à la fin de tuberculose. Du reste, à plusieurs reprises, nous avons pu constater, en Suède, que la

contamination d'une basse-cour demande relativernent très peu de temps, si les circonstances sont favorables, tel p. ex. le déplacement d'une bête à tuberculose ouverte d'un mangeoir à un autre, soit à cause de sa production de lait, soit pour tout autre raison \ Si pendant les dernières dix années on a pu constater une diminution dans la propagation de la tuberculose chez V homme, une constatation paj'eille n existe pas en ce qui concerne la tuberculose bovine.

Il n'y a d'ailleurs rien d'extraordinaire à cela. L'hygiène du bétail, en effet, n'a pas sensiblement changé et l'agglomération d'un grand nombre d'animaux sous le même toit semble en outre être un inconvénient inévitable dans l'exploitation des fermes.

Dans l'étable la cohabitation est bien plus grande que dans n'importe quelle habitation d'hommes ou d'animaux domestiques. C'est cette cohabitation, qui est la pricipale cause du développement de la tuberculose parmi les occupants de l'étable — fait qui a été particulièrement bien mis en lumière par Bang et NOCARD, et qui a été confirmé nombre de fois pendant la lutte de tous les jours contre la maladie.

Chaque fois qu'il a été question de prendre des mesures contre la tuberculose bovine, le caractère dangereux qu'elle présente également pour les hommes a toujours été vigoureusement soutenu.

Cette raison importante de la lutte contre la tuberculose bovine reçut cependant une atteinte sérieuse par les célèbres paroles prononcées par Koch au Congrès de Londres 1901, où il disait que la tuberculose des bovidés ne constituait pas un danger pour l'homme. Toutes les mesures devenaient alors superflues, tant qu'il s'agissait de protéger

^ L'exemple suivant est classique:

Dans un domaine composé de trois fermes la tuberculose fut combattue pendant les dernières sept années avec le résultat suivant:

331 animaux (tout le bétail) dont 258 ayant réagi.

80 de ceux qui avaient réagi en 1904 se trouvaient à la ferme principale, où il y avait en tout 123 animaux. L'enquête démontra qu'une vache, qui avait réagi en 1897, mais pas depuis, était restée parmi les bêtes saines, y avait attrapé pendant la dernière année une tuberculose ouverte (tuberculose du poumon et du larynx), tout en restant quelque temps à chacun des quatre mangeoirs.

MO

l'homme contre la contagion provenant du bétail. Les résultats des études faites les dernières années et publiées par ARr.oiNf;, CjRatfa, Imkhickk et Jenskn, de Yong, Karlinsky, Kosset. et d'autres semblent cependant confirmer d'une façon concluante l'ancienne opinion de l'identité entre la tuberculose humaine et bovine.

Quoiqu'il en soit, le fait que la tuberculose est la maladie la plus meurtrière et celle qui cause les pertes les plus sensibles au bétail, démontre jusqu'à l'évidence la )icccssitc de la lutte co7itre la tuberculose. Ce fait on l'a d'ailleurs reconnu partout depuis longtemps; mais une lutte efficace contre la maladie n'était pas possible, tant que la difficulté du diagnostic était si grande. Ce n'est qu'après la découverte de la tuberculine de KOCH qu'il fut possible de démontrer avec facilité — du moins dans la plupart des cas — la présence de tuberculose chez un animal. C'était le véritable point de départ pour toutes les mesures à prendre contre la maladie.

En même temps que des épreuves scientifiques par la tuberculine furent faites dans la plupart des pays civilisés — c'est à dire au commencement de 1891 — des vétérinaires entreprirent à plusieurs endroits en Suède d'étudier ses effets et de se familiariser avec le remède au point de vue de la tuberculose bovine. Malheuresement, ces épreuves ne purent être faites d'une manière aussi complète qu'on aurait voulu le faire. Le prix de la tuberculine metta:it à ce moment des obstacles sérieux à l'examen du bétail en grand, car seulement de rares propriétaires d'animaux voulaient sacrifier sept couronnes (9* 80) pour un gramme de tuberculine, lequel ne suffisait d'ailleurs qu'à l'examen de quelques animaux. Les résultats auxquels arrivaient nos vétérinaires furent en général très encourageants. Tant à cause de ces résultats, que parce que les rapports qui venaient de l'étranger furent unanimes à vanter les qualités de la tuberculine comme moyen de diagnostic pour prouver la présence de la tuberculose chez le bétail, l'Etat décida, vers la fin de iSç^, de faire préparer le remède dans le pays, pour rendre son emploi possible sur une plus grande échelle.

La préparation de la tuberculine fut confiée à l'Institut Vétérinaire à Stockholm, où le professeur SVENSSON la prépare encore aujourd'hui, et au commencement de i8çj le premier envoi de tuberculine pouvait s'effectuer aux vétérinaires. Ce fut cette année également que commencèrent les travaux d'extermination de la tuberculose chez le bétail de quelque fermes, sans cependant prendre un essor sérieux avant la fin

de i8çy, époque où t Etat prenait lui-même la direction de cette question et accordait une subvention pour son développement.

Le Conseil Royal de l'Agriculture fut chargée de conduire et de surveiller la guerre d'extermination contre la tuberculose dans les bassescours. Le rapporteur de la présente fut attaché à cet effet au Conseil comme vétérinaire pour instruire et rapporter les affaires s'y rattachant.

Les avantages qu'offre l'Etat aux propriétaires d'animaux sont: i:o remise gratuite de tuberculine, 2:0 examen gratuit des bestiaux par la tuberculine, 3:0 conseils et indications gratuits concernant les moyens de lutter contre la tuberculose, donnés par un conseiller vétérinaire ambulant, expressément engagé à cet effet et 4:0 subventions aux petits propriétaires d animaux qui combattent la tuberculose avec activité.

La tuberculine n'est remise qu'aux vétérinaires diplômés, même dans le cas où l'Etat ne prend pas l'examen du bétail à sa charge. Chaqîie propriétaire d animaux a droit a une première épreuve gratuite par la tuberculine, pourvu que l'épreuve comprenne soit tous les bovidés, soit toutes les bêtes jeunes, comme les taureaux jusqu'à l'âge d'un an et demie, les génisses non couvertes et les veaux. Les bêtes visiblement atteintes de tuberculose, les bêtes qui ont déjà réagi et les animaux, qui sous peu devront être éloignés de la ferme, ne sont pas compris dans l'examen. Cet examen à l'aide de la tuberculine n'oblige pas le propriétaire des animaux à prendre des mesures contre la maladie. Mais s'il veut de nouveau profiter d'un examen gratuit, il doit justifier chaque fois par certificat de vétérinaire qu'il a pris des mesures effectives et les a continuées afin d'exterminer ou de prévenir la tuberculose, et cela dans le mois même qui a suivi le dernier examen par la tuberculine, ou, si ce mois a précédé immédiatement l'envoi des bêtes au pâturage, avant qu'il ne soit terminé. L'examen gratuit de tout le bétail ne peut être répété qu'après un délai de six mois. La première année seule donne droit à deux examens gratuits, les autres seulement à un par an. Indépendamment de ces examens, le fermier qui se montre réellement actif dans la lutte contre la tuberculose a droit annuellement à un examen partiel, comprenant soit des veaux non encore examinés ou des animaux nouvellement achetés, soit des animaux qui réagissaient d'une façon douteuse à l'examen précédent, ou bien qui appartiennent à ces trois catéerories à la fois.

En rendant le premier examen absolument f:(ratuit, l'intention a été de i^agner éj^alement les petits ])r()[)riétaires de bétail, (]ui autrement auraient renoncé à tout examen à cause de la dépense. Leur bétail est généralement indemne de tuberculose. Il était donc très important de les protéger contre l'invasion de la maladie, mais l'intérêt ne pouvait être éveillé chez eux qu'après les résultats gagnés par une injection de la tuberculine.

Tout propriétaire de bétail a le droit de demander assistance a / expert officiel chargé des mesures a prendre pour combattre la tuberculose paruii les bovidés. Cet emploi fut inauguré au commencement de 1902. L'expert Mr O. Stenstrôm en a été chargé jusqu'à présent. Il se rend à l'endroit indiqué, dresse le plan de la campagne à entreprendre dans la ferme en question pour attaquer la maladie et donne ses conseils et ses instructions par écrit, toujours ensemble et d'accord avec le vétérinaire de l'endroit. Ou bien il explique au propriétaire fermier la cause réelle du nombre inattendu de réactions après l'épreuve par la tuberculine et le met ainsi en mesure de prendre les dispositions nécessaires pour prévenir une rechute. Si dans un de ces cas l'expert estime nécessaire d'abattre un ou plusieurs animaux de la ferme pour gagner une certitude absolue, le droit lui appartient de le faire, d'accord avec le propriétaire, et contre paiement effectué par l'Etat d'une indemnité au propriétaire. Par l'expert le Conseil de l'Agriculture reste constamment en contact avec les propriétaires qui combattent la maladie. Ceux-ci ne se sentent donc jamais isolés ou abandonnés, ce qui a son importance.

Au début, des récompenses assez fortes furent données aux propriétaires qui avaient obtenu les meilleurs résultats dans la lutte contre la tuberculose. Mais comme cette méthode avait ses inconvénients, les dispositions furent changées en 1904 de telle sorte que ces propriétaires seuls pouvaient être récompensés qui possèdent au plus 15 bovidés et qui prennent des mesures efficaces d'extermination de la maladie. Cette récompense n'est décernée à la même personne qu'une seule fois, et ne peut en aucun cas dépasser 300 couronnes.

Les expériences faites par la tuberculine démontrèrent bientôt d'une façon évidente que la tuberculose en Suéde, comme dans beaucoup d'autres pays, s'était répandue, d'une manière inquiétante, parmi les

bestiaux originaires du pays et surtout parmi les bêtes des races améliorées. Pendant les années 1897 — 1904 8.698 troupeaux examinés ont donné le résultat que 69.717 bêtes sur un total de 226,864 — soit 30,7 ^/o — étaient atteintes de tuberculose. En tenant compte dans certains cas du peu de garantie qu'offre l'emploi de la tuberculine, on oserait néanmoins prétendre, et cela avec une assez grande certitude, que près que tous les trois bovidés sont atteints de tuberculose. — En examinant cette statistique plus à fond, nous trouvons que de ces 8.698 troupeaux 3.462, représentant 46.455 animaux, n'ont pas réagi. Le nombre des troupeaux atteints de tuberculose s'élève donc à 5.236, comprenant 180.409 animaux, dont 69.717 ayant réagi, ce qui donne une moyenne de 38,6*^/0 de tuberculose dans les troupeaux contaminés. Parmi ceux-ci il y en a où pas une seule bête n'est indemne de tuberculose, jusqu'aux troupeaux où seulement quelques dixièmes p. c. des animaux sont atteints. Entre ces deux extrêmes relativement rares, la fréquence de la tuberculose varie évidemment beaucoup. Le tableau ci-dessous démontre que la fréquence de la tuberculose augmente avec le nombre de bêtes dans un troupeau; cette règle semble pourtant ne s'appliquer qu'aux trou peaux de plus de 30 animaux.

1 rou peaux

n/o de bêtes ayant réagi

grandeur

nombre

là 15 animaux

au

-dessus de 100 »

total

Il va sans dire que la lutte contre la tuberculose n'a pas été engagée dans tous ces troupeaux; nos agriculteurs sont malheureusement encore loin d'être pénétrés de son utilité et de sa nécessité. D'un autre côté, on ne peut nier que ce principe n'entre chaque année davantage dans l'esprit des agriculteurs, ce que prouvent jusqu'à l'évidence les indications suivantes, concernant l'augmentation constante de troupeaux réexaminés. Je dois seulement attirer l'attention sur le fait que dans ce nombre entrent certains troupeaux où dès le début l'intention fut uniquement de préserver les bêtes contre la contagion.

Troupeaux rcexaminOs

année

nombre

nombre d'animaux

l(Sc)7 ù i(Sc)(S 1.S99 IQOO 1 90 1

Pendant l'année 1904^ la lutte contre la tuberculose a donc été menée dans 810 troupeaux, composés de 35.149 animaux. Ces chiffres sont peut-être un peu trop bas, puisqu'une nouvelle épreuve par tuberculine d'un troupeau n'ayant point réagi ou seulement en partie ne revient pas annuellement dans beaucoup de cas. Du reste je suis obligé d'exclure 39 troupeaux, le résultat de leur premier examen étant inconnu.

Le rcsultat des efforts faits pour co)nbattre la tuberculose des bovidés en Suède, et poursuivis à très peu cl exception près pendant deux h neuf a)is, serait donc que nous avions fin iço^ j^.ççô bctes dont 1.6^6 ont réagi, soit ^.y ^lo, contre jj.ooo bêtes dont ii.oSç (soit jj,(, ^/oj avaient réagi au début de la lutte.

A plusieurs points de vue il est d'un grand intérêt d'analyser ces documents de statitisque. A cet effet nous croyons utile de diviser les troupeaux en deux groupes: ceux dans lesquels on a essayé d'exterminer la tuberculose déjà existant, et ceux qu'on a voulu protéger contre une invasion de la maladie (le côté défensif de la campagne contre la tuberculose).

Dans le premier groupe nous rencontrons les troupeaux qui, à la première épreuve de la tuberculine:

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