‹ La Lutte contre la tuberculose en SuèdeChapitre 52 sur 78 · n'ont pas réagi et qui continuent d'être indemnes · texte numérisé non relu

n'ont pas réagi et qui continuent d'être indemnes

^ La statitisque pour cette année n'était pas encore entièrement terminée en Mars 1905, tous les rapports n'étant pas encore arrivés. Le nombre des tracés de température non encore rentrés, est toutefois si minime qu'on peut en faire abstraction.

4:o n'ont pas réagi au premier examen, mais sont devenus tuberculeux depuis.

Groupe i. Le nombre de troupeaux atteints de tuberculose dès le début et qui sont devenus indemnes, s'élève à 214 avec 8.205 animaux. Ce groupe comprenait au commencement de la campagne contre la maladie, 8.122 animaux dont 2.652 ont réagi, soit 32,7 "/o de réaction. Dans les deux cas le nombre d'animaux par troupeau est d'environ 40. Les troupeaux étaient tuberculeux dès le début, au degré qu'indique le tableau .suivant:

Réaction

nombre de

Réacti

on

nombre de

troupeaux

troupeaux

jusqu'à 10

jusqu'à

lOo

Groupe 2. Dans 335 tropeaux avec 21.202 animaux on n'a pas réussi à obtenir une non-réaction complète; 1.532 animaux ont réagi, soit 7,2 °/o, ce qui représente pourtant un progrès considérable, car ces troupeaux comprenaient au début de la campagne 20.040 animaux avec 8.437 réactions, soit 42,2 ^/o '. H est évident qu'il s'agit ici de grands troupeaux. Le nombre d'animaux de chaque troupeau s'élève en moyenne à environ 63 et dépasse de beaucoup celui calculé sous

^ Contre ce calcul aussi bien que contre ceux faits sous Gr. i on peut objecter qu'au commencement la lutte engagée contre la tuberculose n'a pas partout compris tout le troupeau entier, cas dans lequel le 7» primitif d'animaux atteints ne se laisse pas calculer, et on peut aussi prétendre que le travail contre la maladie dans les troupeaux cités n'a pu résulter dans les 7,2 % indiqués, vu qu'il est vraisemblable qu'une partie des animaux réagissant soit au début, soit à l'épreuve renouvelée ou ayant été considérés tuberculeux sans avoir été soumis à la tuberculine, ont été laissés en vie — quoique isolés, — comme utilisables jusqu'à leur mort naturelle.

Mais de ces deux objections, qui du reste n'atteignent qu'un tout petit nombre de troupeaux, la première n'est pas de nature à amoindrir la valeur du résultat, bien le contraire, vu que dans les cas où au commencement on n'a pas examiné tout le troupeau, le jeune bétail a en règle été soumis à l'épreuve d'orientation, par lequel procédé le 7" primitif de réaction est devenu plus favorable que si un examen total avait eu lieu. La seconde objection n'est pas non plus de grande importance, ce que montre le fait que le nombre d'animaux en 1904 est considérablement p'us élevé que celui du commencement. Qiioi qu'il en soit, on est autorisé à supposer, selon mon avis, que si les 21,202 bovidés présents à la fin de 1904 n'avaient pas été l'objet de mesures prophj'lactiques, ils auraient réagi avec au moins 42,2 "/o.

Gr. 1. T.es troupeaux étaient au début atteints de tuberculose au de^ré (|u'indique le tableau suivant:

Réaction

Nombre de

Réact

on

Nombre de

troupeaux

troupeaux

jusqu'à 10

jusqu'à

Groupe 3. Nous avons réussi à tenir la tuberculose éloignée de 170 troupeaux et là où elle a été introduite accidentellement, soit par suite de l'arrivée d'animaux de troupeaux étrangers, soit à cause d'une nourriture défectueuse des veaux, on a vite réussi à s'en débarasser, grâce à la tuberculine. Ces troupeaux étaient au début composés de 3.318 animaux; en 1904 au contraire ils comprenaient 3.648 animaux et appartiennent par conséquent à la catégorie des petits troupeaux. Ils ont été soumis à la tuberculine une fois par an pendant deux jusqu'à sept ans, et dans 52 de ces troupeaux aucun cas de tuberculose n'a pu être constaté une seule année.

Groupe 4. Les résultats de 1904 démontrent que la tuberculose s'est faufilée dans 52 troupeaux indemnes au début. Ces troupeaux qui comprenaient au début 1.520 bêtes n'ayant pas réagi et en 1904 1.941 avec 114 animaux réagissant, soit 5,9 "/o de réaction, sont dans plusieurs cas assez grands et donnent par conséquent le nombre moyen de 37 par troupeau. Cette recrudescence de la maladie, qu'indique le ^U de réaction cité, n'est évidemment pas grave et se laisse facilement réparer.

Ici il sera peut-être à propos de faire ressortir les avantages indirects, qui résultent de la lutte anti-tuberculeuse dans les basses-cours. Sans elle nous n'aurions certainement jamais vu ce que nous avons pu con stater dans notre pays pendant les dix dernières années, savoir: la construction de nombreuses étables bien appropriées et aménagées, une plus grande attention quant à la propreté de l'étable et aux soins de ses habitants, une surveillance plus active de l'état sanitaire des animaux, la désinfection annuelle de l'étable, plus de propreté dans la manipulation du lait etc. etc.

L'impression générale de la statistique que nous venons d'examiner est forcément celle-ci, que des progrcs considcrahlcs o)it ctc obtenus

par cette lutte contre la tuberculose chez les bovidés poursuivie pendant de nonibmtses années par des centaines d^ agriculteurs suédois.

Pose-ton maintenant la question par quels moyens ils ont gagné ce résultat, la réponse sera qu'ils ont suivi la route tracée par le Professeur Bang de Copenhague, qui a indiqué les mesures à prendre pour obtenir une race bovine exempte de tuberculose. Comme ces moyens ont été souvent indiqués, aussi bien dans des conférences que dans des livres, je suis peut-être autorisé à croire qu'ils sont connus pour la plupart et qu'il est inutile de les rappeler ici. Nous avons pourtant fait quelques expériences qui élucident quelques détails de la méthode en question, sans que toutefois les principes fondamentaux en souffrent le moins du monde. Il me sera donc permis de mentionner très brièvement quelquesuns de ces résultats.

Dans la lutte contre la tuberculose chez les bovidés, la tuberculine, selon les indications de Bang, joue un rôle important, ce qui est parfaitement juste, vu que le but de la campagne est l' extermination de la tuberculose. Mais gagner ce but ne nous serait pas possible, si nous ignorions quels sont les animaux atteints de tuberculose; c'est ici que la tuberculine nous vient en aide. Les grandes espérances, je dirai même l'enthousiasme, que ce moyen de diagnostic faisait naître au début, a pourtant dû céder avec le temps à une opinion plus sobre sur ses mérites. La tuberculine est un moyen inestimable et inévitable pour exterminer la tuberculose ; mais celui qui se fie exchtsivement à la ttcberculine pour distinguer e7itre des bctes atteintes et non atteintes fera, tôt ou tard, tine triste expérience.

Je ne fais pas allusion ici aux cas souvent cités de tuberculose avancée, cliniquement facile à diagnostiquer, laquelle ne se trahit généralement pas du tout, ou seulement d'une façon très incertaine par l'emploi de la tuberculine; je pense aux cas de tuberculose ouverte, mais non avancée, qui est souvent fort difficile à démontrer. Car même de tels cas peuvent se dérober à l'influence de la tuberculine, mais occasionnent, si les circonstances sont favorables, des ravages désolants dans un troupeau indemne et cela en relativement très peu de temps. Pendant les dernières années nous avons subi, dans la lutte contre la tuberculose, quelques contre-coups, qui, sinon toujours en première main, ont eu cependant pour cause l'effet défectueux de la tuberculine. Il s'est toujours agi d'animaux, qui appartenaient au début à un troupeau tuberculeux et qui avaient d'ordinaire été, l'objet d'injections répétées

(le tuhcrculinc. Ils ont l'caj^i à (|ucl(|uc occasion, mais sont (|iian(l même restes dans la section des animaux indemnes, soit par suite d'une erreur ou d'un jut^ement trop peu sévère, soit pour tout autre cause, ou ils n'ont pas réagi depuis, ni, en tant cju'il eut été possible de le vérifier, à la première épreuve. Mciiw à des inoculations répétées de la hibercidi)u\ son effet est asserj incertain, ce qui a été prouvé par le Professeur SVENSSON de Stockholm, dans une lon<^ue série d'expériences.

Tous ces faits réclament le diagnostic clinique et bactériologique, lequel dans la lutte contre la tuberculose chez les bovidés a été assez négligé, exception faite pour la tuberculose de la mamelle. Notre expérience nous montre toutefois d'une façon incontestable que la tuberculose ouverte des organes de la respiration joue un rôle très important, quand il s'agit de la propagatio7î de la maladie dans la bassecour et mérite en conséquence infiniment plus d'attention que la tuberculose de la mamelle, d'autant plus que cette forme de la maladie est bien plus rare que l'autre. — Pour éviter des surprises désagérables dans le travail contre la tuberculose occasionnées par des résultats incertains de l'épreuve par la tuberculine, nous avons d'abord jugé prudent de ne pas soumettre un troupeau à la tuberculine, quand il est soupçonné d'être, à un degré sensible, atteint de tuberculose. En cas de doute cependant il serait utile de soumettre un certain nombre d'animaux en apparence sains à un examen d orientation. Si le troupeau est grand et plus ou moins amélioré comme race, un pareil examen montre presque sans exception un pourcentage élevé de tuberculose. Dans ces cas il vaut mieux considérer tout le troupeau comme tuberculeux, que de laisser les quelques "^/o d'animaux n'ayant pas réagi former la base d'une race non tuberculeuse, ce à quoi le propriétaire, neuf fois sur dix, ne voudrait pas se décider à renoncer après un examen général. Elever un troupeau non tuberculeux en se servant d' animaux reproducteurs d apparence saine, dans le troupeau tubercideux^ c est la vraie manière d attaquer la tuberculose dans les grands troipeaux. Cette méthode amène en outre le grand avantage que le propriétaire des animaux s'applique davantage à faire usage des mesures qu'elle comporte.

A part l'isolement complet, la stérilisation du lait destiné à élever les veaux et la désinfection de la basse-cour, les mesures suivantes méritent particulièrement d'être signalés: i:o que l'ancien troupeau soit débarrassé de temps en temps des sujets à tuberculose ouverte,

cliniquement et bactérioscopiquement, 2:0 que le veau, qui aurait été mis à bas- dans ce troupeau soit immédiatement transféré dans le troupeau protégé, 3:0 que le premier lait de la mère soit trait de façon à éviter autant que possible, l'infection extérieure 4:0 que le veau soit soumis à la tuberculine le plus tôt possible, de préférence à l'âge de huit jours,' puis à l'âge de six mois et ensuite une fois par an, 5:0 que chaque animal qui réagit soit marqué spécialement pour éviter des confusions Cl l'isolement et que l'examen clinique soit fait de ceux des autres animaux, qui le demandent à cause de leur aspect ou de leur attitude (surtout après des quintes de toux repétées), 6:0 que les bêtes soient soigneusement numérotées (d'abord à l'oreille, ensuite sur l'une des cornes) et enregistrées, et que 7:0 des animaux, si jeunes soient-ils, ne soient jamais introduits dans le troupeau des bêtes protégées, que s'ils viennent d'un troupeau indemne ou, si cela rencontre des difficultés insurmontables, qu'ils y soient introduits du moins avec certainsprécautions. J'ajouterai encore quelques mots à ce propos.

Il va sans dire que le marché aux bestiaux exerce une influence considérable sur la lutte contre la tuberculose et que cette influence ne s'exerce pas en général dans un sens favorable. Celui qui achète une vache sans plus ample information doit en règle compter avec la possibilité qu'elle soit tuberculeuse. Ce fait est naturellement de peu d'importance pour un troupeau, qui n'est pas protégé contre la tuberculose, même si un tel achat peut contribuer à une augmentation qualitative de la tuberculose. Par contre, un seul achat imprudent fait pour un troupeau indemne, peut en très peu de temps faire perdre le résultat de plusieurs années de travail. Dans la lutte contre cette maladie il faut malheureusement compter avec ce fait, que même celui qui maintient sa race en élevant lui-même, ne peut pas éviter d'une façon absolue de la compléter par des achats. Dans le cas le plus heureux il peut se contenter d'acheter de temps en temps un taureau pour la reproduction; mais des calamités dans la basse-cour ou des intérêts économiques pourront également le forcer à acheter des bêtes laitières, des génisses pleines et des veaux d'élevage. Si en outre les travaux de l'exploitation rurale se font partiellement ou en entier avec des boeufs, il y a dans le constant changement de ces animaux un facteur avec lequel il doit compter au point de vue du danger de contamination que courent les animaux de sa basse-cour. Il devient alors important pour lui de se protéger

contre une nouvelle imasion de tuberculose, en se servant de tous les moyens i\u\ restent à sa disposition.

// //(■ suffit pas sciilciiiciit d cxii^ci\ coiiiiiic ou le dil en i^ciicnxL que ranimai c/u'on achète ne réagisse pas. S'il vient directement d'un troupeau ou partie de troupeau notoirement indemne et qui, au moins pendant deux ans, a été soumis à des mesures protectrices contre la tuberculose, et si l'animal est ne et élevé dans ce troupeau, tout est pour le mieux. Autrement l'acheteur devra exiger qu'on lui fournisse des renseignements sur le troupeau, d'où vient la bête, afin de savoir si la tuberculose y existe ou non. Il doit donc avoir été soumis à la tuberculine, de sorte que le résultat de cet examen puisse être présenté à l'acheteur. C'est le pourcentage de tuberculose chez les vaches laitières et non celui du troupeau entier qui détermine l'opportunité de l'achat. Il n'est pas possible de fixer un maximum de pourcentage de tuberculose; j'estime pour ma part qu'il ne doit pas dépasser 50 "/o des vaches laitières. Si enfin un agriculteur se décide à acheter une bête appartenant à un troupeau qui n'aura pas réagi et qui aura donné un résultat négatif à l'examen clinique, achat qu'il ne devrait conclure que d'accord avec un vétérinaire, il fera bien de faire désinfecter l'animal à son arrivée à la ferme, surtout les sabots et la partie inférieure des jambes et, si possible, de le garder six mois en quarantaine. Si les conditions locales ne permettent pas cette dernière mesure, l'animal doit être placé à part dans l'étable sans changer de place, avant que l'épreuve renouvelée par une double dose de tuberculine ait été faite, et cela dans le délai de six mois. Quant aux boeufs, il est évident que la difficulté de toujours en avoir qui sont indemnes est très grande. Les boeufs ne devraient donc jamais être logés dans la basse-cour.

Il peut sembler que toutes ces précautions à prendre à l'achat d'animaux pour compléter un troupeau indemne soient bien minutieuses. Cependant, celui qui, comme moi, a été pendant nombre d'années en mesure de suivre en détail la lutte contre la tuberculose bovine peut certifier que le commerce des bovidés la complique au plus haut degré et que l'agriculteur qui dispose d'un troupeau non tuberculeux ne pourra jamais prendre trop de précautions dans ses achats d'animaux nouveaux.

A ce propos je me permets de signaler une mesure à prendre pour seconder la vente d'animaux reproducteurs non tuberculeux.

Depuis le i" novembre 1903 on continue en Suède, sous la direction de l'Etat, la création de divers centres d'élevage de bovidés, dans les conditions suivantes :

que chaque demande de participation au concours entre les troupeaux de bestiaux, dont le résultat détermine l'excellence des centres d'élevage, doit être accompagnée d'une attestation que tous les animaux des troupeaux ont subi, pendant l'année où a été faite la demande de participation au concours l'épreuve de la tuberculine par vétérinaire diplômé et qu'à cette épreuve au moins 55 *^/o d'animaux de tout le troupeau ne réagissent pas. Il faut aussi que de telles mesures pour prévenir ou arrêter la tuberculose dans le troupeau aient été prises avant ou après l'examen par vétérinaire pour donner droit, selon les conventions, à une nouvelle épreuve de tuberculine aux frais de l'Etat;

qu'un troupeau, pour pouvoir obtenir la qualification de centre d'élevage, doit avoir été soumis à la tuberculine et avoir accusé, à l'examen qui précédait immédiatement l'inspection définitive, au moins 90 °/o d'animaux indemnes sur tout le troupeau;

qu'un troupeau ne doit pas être proposé pour un prix d'encouragement, si l'épreuve de la tuberculine, qui précède immédiatement l'inspection définitive, n'a pas donné pour le troupeau entier un nombre d'animaux indemnes d'au moins 80 ^/o; qu'il incombe, en outre, aux propriétaires des centres d'élevage de ne pas vendre de leur troupeau d'autres animaux que ceux qui n'ont pas réagi et de laisser examiner leur troupeau une fois par an par la tuberculine, ainsi que de prendre et de continuer toutes les mesures nécessaires pour y obtenir l'extermination de la tuberculose — le tout selon les prescriptions communiquées par le Conseil supérieur de l'Agriculture.

Pour démontrer encore davantage avec quel intérêt la lutte contre la tuberculose bovine est poursuivie en Suède, nous faisons remarquer que, pour le 20^^™^ Congrès général des agriculteurs suédois, qui se tiendra à Norrkoping en 1906, vont être construites des étables spéciales avec leurs locaux attenants, où seront exposés des bovidés par les propriétaires de basses-cours indemnes. Avant cette époque on espère également voir accepter par le gouvernement un projet de loi déposé il y a quelque temps, et qui prescrit la désinfection obligatoire des wagons de chemin de fer servant au transport des bestiaux. Ce projet a été déposé en vue du danger que présente le transport de bestiaux par le

chemin de fer au point de vue de la propagation de la luberculosc parmi les bovidés.

Dans ce qui précède j'ai dit que le résultat obtenu en 1904, dans la lutte contre la tuberculose bovine en Suède était dû surtout à ce que l'agriculteur était entré dans la même voie que celle poursuivie en Danemark, d'après les instructions de Bang. Cette vérité comporte cependant une modification; car à beaucoup d'endroits elles n'ont été suivies que partiellement, et ce qui précède tend à montrer de plus d'une façon, quelles sont les fautes que l'agriculteur a commises. On ne doit pas être surpris que des fautes sont commises dans la lutte contre la tuberculose bovine, puisqu'elle demande tant de prévoyance, d'attention et d'expérience chez le propriétaire des bêtes ainsi que chez le personel de la ferme, dont dépend en dernier lieu le résultat de la lutte. Quel que soit le nombre d'excellentes prescriptions et de conseils en vue d'exterminer la tuberculose — s'ils ne sont pas bien compris par ceux qui doivent les appliquer, ils manqueront totalement leur but. Nous croyons pouvoir dire que pour aucune autre maladie contagieuse des animaux domestiques il n'existe autant d'opinions diftérentes sur le moyen de la combattre que pour la tuberculose. Et cela non seulement chez l'agriculteur, mais aussi parmi les vétérinaires qui ne sont point toujours d'accord sur la valeur et l'utilité de telle ou de telle mesure à prendre.

Cela est évidemment bien regrettable, car bien que chaque vétérinaire doive être considéré comme le chef de la lutte contre la tuberculose dans son rayon d'activité, il faudrait cependant que la tactique suivie fût partout la même, sinon il résulterait de la méfiance et de la mauvaise volonté contre les mesures prescrites du côté des agriculteurs. Dans le but d'obtenir l'uniformité dans ces mesures, il nous semble que des conférences pour les vétérinaires sur la lutte contre la tuberculose doivent être considérées coninies très utiles. L'auteur traite ce sujet luimême au cours annuel qu'il donne à l'Institut Vétérinaire de Stockholm à l'intention de vétérinaires diplômés il y a longtemps ainsi que de ceux qui aspirent à devenir vétérinaires de province.

En ce qui concerne les agriculteurs, on a proposé de répandre parmi eux des publications qui leur donneraient la vraie conception de la tuberculose bovine et de sa grande influence sur l'économie rurale.

Celles-ci et d'autres feuilles de propagande pourraient, on l'espère, les stimuler à prendre une initiative de lutte contre la maladie. En Suède, nous avons déjà appliqué cette méthode. Il y a cependant cet inconvénient avec de telles publications que beaucoup d'entre elles ne sont pas lues et encore moins comprises. La conférence fait beaucoup plus d'effet; et une conversation sur ce sujet avec l'agriculteur chez lui est sans doute encore le meilleur moyen. Ce sont donc les vétérinaires, chacun dans son milieu, qui sont les plus aptes à faire cette propagande, dont l'importance, tant que la lutte contre la tuberculose n'est pas obligatoire, est excessivement grande. Le Dr. Malm de Christiania a incontestablement raison, quand il dit que le combat contre la tuberculose bovine dépend, dans la plupart des cas, de l'intérêt plus ou moins grand que lui témoigne le vétérinaire. Cela n'exclut nullement que l'Etat de son côté fasse de la propagande. C'est ainsi que le conseiller expert, dont nous avons parlé plus haut, est également chargé de faire des conférences sur la lutte contre la tuberculose aux assemblés des agriculteurs, chaque fois qu'une société d'agriculteurs en fait la demande au Conseil supérieur de l'Agriculture.

De tout ceci il semble résulter que la lutte contre la tuberculose chcrj les bovidés en Suéde dépend de la bonne volonté de f agriculteur , sous la direction et avec le concours de l'Etat^.

Il me parait hors de doute qvie l'extermination de la maladie est possible, même en admettant qu'une maladie contagieuse, qui pendant plusieurs décades a pu se propager d'une façon inaperçue parmi les bovidés d'un pays, exige une période très longue de travail continu et énergique pour l'exterminer. Il est possible qu'on ne puisse viser aussi haut partout, et je ne veux pas cacher qu'en Suède deux circonstances ont été particulièrement favorables: i:o que notre race bovine n'a presque pas eu à souffrir d'autres maladies contagieuses, réclamant spécialement notre attention, 2:0 que les grandes fermes ont très souvent plusieurs étables, ce qui simplifie d'une façon considérable l'isolement, cette pierre angulaire de toutes les mesures.

Si la lutte contre la tuberculose chez les bovidés n'a pour but que de réduire la maladie dans certaines limites, comme cela semble

* Le Parlement Suédois a jusqu'à présent (y compris 1906) votée une somme de 530.000 couronnes (742.000 fr.) pour cette lutte. Dans cette somme ne sont pas com prises les dépenses pour la lutte contre la tuberculose de la mamelle, qui est ordonnée par une loi spéciale et dispose d'autres subventions,

être le cas dans plusieurs pays du continent, (|uel()U('s unes des niesiu'es indiquées dans le proj^raniine de lîANC peuvent naturellement suffire. Chacune de ces mesures comme n'importe (pielle combinaison entre elles aiu'a certainement ])oiu' consé(juence un recul de la maladie, si elles sont appliquées d'une manière suivie et énergique.

C'est ainsi que les mesures prescrites par le Professeur (),srKR'r,\f;, de Berlin porteront sûrement leurs fruits dans les troupeaux ap])artenant à la Ostpreussische Hollânder Heerdbuch-Gesellschaft. Mais on n'arrivera pas à avoir des troupeaux complètement indemnes, ni en appliquant ce procédé, ni à l'aide de n'importe quelle combinaison de ces mesures.

Bien que la lutte contre la tuberculose bovine en Suède semble donner de bonnes promesses pour l'avenir, nous n'avons pas oublié le procédé de VON BEHRING qui, après de nombreuses années d'expérience a cru devoir recommander la vaccination protectrice, d'autant plus que c'est indiscutablement là le moyen le plus simple de combattre la tuberculose. . Mais en tenant compte de tous les sacrifices imposés tant à la nation qu'aux particulieurs pour combattre la maladie, nous n'avons pas pu, bien entendu, nous décider à l'adoption d'une méthode qui est encore loin d'avoir été définitivement étudiée dans la pratique. L'Etat suédois a cependant accordé des subventions pour l'étude pratique de cette méthode. Depuis l'automne 1904, des expériences sont faites par l'auteur et le conseiller expert en matière de tuberculose bovine.

Mortalité par Tuberculose pulmonaire en Suède pendant les années 1751 — 1830.

Par GUSTAV SUNDBÀRG.

D'après la loi ecclésiastique de 1686 il incombait au clergé suédois de tenir des registres sur les mariages, les naissances, les décès, ainsi que sur tous les habitants de la paroisse, en les classifiant par ménage. Déjà entre 1730 et 1740, l'idée fut émise d'utiliser ces registres pour établir une statistique du pays entier. Après des essais préliminaires, des recensements réguliers furent organisés à partir de 1749, et à partir de la même année, des tableaux réguliers et complets furent également établis sur le mouvement de la population. En 1756 une administration spéciale (Statistiska Tabellkommissionen) fut créée pour centraliser et coordonner ces renseignements nouveaux. Cette institution était la première de son genre en Europe.

Lors de la création d'une statistique de la population suédoise, vers le milieu du dix-huitième siècle, celle-ci pouvait donc déjà se baser sur une tradition de plus de 60 années, grâce à la loi de 1686. Voilà qui explique que les résultats de la démographie suédoise étaient, dès le début, assez sûrs et rigoureux pour posséder une valeur scientifique.

Ce qui, en premier lieu, provoque l'admiration de la postérité, c'est la multiplicité et la complexité des détails qu'on osait demander aux formulaires. On demandait ainsi, par exemple, au sujet de la mortalité, des chiffres sur l'âge, par groupes de cinq ans, toujours séparément pour hommes et femmes; on allait même jusqu'à diviser le i^'' groupe,

celui de o à 5 ans, en trois sous-groupes, de O à i an, de i ;i 3 et de 3 à 5 ans. Mieux encore, avec ces renseignements sur la mortalité furent combinés d'autres, sur la cause des dcccs, et cette n(jmenclature comprenait iuscju'à 33 maladies différentes.

C'est de cette façon que la Suède a pu donner à la science, entre autres choses, cette statistique sur la variole pendant 150 ans, laquelle a joué un si grand rôle dans la discussion sur l'utilité de la vaccination, et qui est connue de tout médecin s'étant occupé de l'histoire de cette question.

C'est un sujet d'étude bien intéressant que d'examiner ce que peut donner cette source abondante concernant la fréquence de la Tuberculose pulmonaire dans notre pays pendant ces temps éloignés.

Ce que nous avons dit plus haut au sujet de la complexité des formulaires permet d'espérer qu'on trouvera une abondance de renseignements, et cet espoir ne sera pas déçu. Quant à la valciir de ces renseignements, on sera moins exigeant, quand on se rappelle qu'ils ont été fournis par le clergé, et non par des autorités compétentes. Mais ici il convient de faire remarquer combien ce clergé suédois avait des attaches étroites et multiples avec la population et combien il était bien au courant de tout ce qui se passait dans leur paroisse. Il ne faut pas non plus oublier que le clergé, dans notre pays si pauvre et à population si peu nombreuse, a été obligé, pendant des siècles, de remplir, sur une grande échelle, le rôle qui revient au médecin. En effet, les connaissances médicales étaient assez répandues chez le clergé suédois pendant le 18"''^ siècle.

La série curieuse de renseignements sur les causes des décès, qui commence vers le milieu du iS"""^ siècle, continue pendant 80 ans. Elle fut interrompue après 1830. Les circonstances avaient changé, à cette époque, et le clergé se trouvait de plus en plus étranger à ce travail. De plus grandes exigeances quant à l'exactitude scientifique eurent pour effet de démontrer que ce travail était au-dessus de leurs forces. A partir de 1831, le clergé fut donc dispensé de donner des renseignements complets sur les causes des décès. Au lieu de donner des renseignements sur toutes les causes des décès, le clergé ne devait plus notifier que les maladies épidémiques, les cas de mort violente et les suicides. Nous ne pouvons que regretter ce changement faisant cesser un travail qui à cette époque n'avait pas son égal, et qui aurait certainement provoqué

des réformes radicales de notre statistique de la mortalité, s'il avait été continué.

Les années 1751/1830 forment donc, dans l'étude que nous poursuivons, une période à part, bien définie. Les renseignements consciencieusement et laborieusement recueillis, que nous en avons, méritent certainement qu'on les soumette à un examen détaillé. Ils le méritent déjà, parcequ'ils sont, sans conteste, les renseignements les plus anciens qui existent sur la fréquence de la tuberculose pulmonaire chez un peuple entier.

Avant d'aborder le sujet principal de notre étude, c'est-à-dire la fréquence de la tuberculose, il convient d'exposer brièvement l'histoire de la mortalité générale dans notre pays après 1750. Le Tableau i donne les principaux chiffres à ce point de vue. (Pour plus de simplicité, plusieurs groupes d'âge de cinq ans y ont été réunis de façon à former des groupes plus vastes).

Si nous étudions, dans ce tableau, le taux de mortalité de la population entière, nous ne trouvons, pour la période 1751/1790, aucune diminution, plutôt le contraire. Après 1790 cela change. Il y a bien un arrêt dans la tendance vers le mieux, au commencement du 19™^ siècle, causé par les guerres napoléoniennes, mais cet arrêt n'est que momentané. La tendance vers le mieux se manifeste avec force à partir de 1820, époque où la paix était rétablie, et que le bien-être augmentait. Depuis lors, le progrès a été presque ininterrompu. En ce moment-ci, le taux de mortalité est plus bas en Suède (et en Norvège) que partout ailleurs en Europe. Au commencement du 19™^ siècle il en était autrement. Les chiffres pour la Suède n'étaient alors que moyens, comparés avec ceux de l'Europe occidentale.

Il n'est pas sans importance pour l'étude de la fréquence de la tuberculose d'étudier la mortalité totale pour les différents groupes d'âge pendant la longue série d'années depuis 1750. Voici ce que nous apprennent les chiffres à ce point de vue.

Dans le groupe de o à i an, il n'y a pas d'amélioration stable qua'près 181 5. A partir de cette année, les progrès ont été très considérables, malgré certaines périodes d'arrêt. Les dernières décades ont réalisé des progrès particulièrement importants dans ce groupe.

La mortalité de i à 10 ans montre des chiffres plus compliqués. La tendance vers le mieux fut manifestement amenée par la vaccination. Mais il se produisit une réaction remarquable depuis, pendant quelques

périodes décennales. D'autres maladies d'enfance se monlraienl, a la place de la variole, et ne ])ouvaient être arrêtées qu'avec [)eine. Les années 1886/ 1900 montrent pourtant une nouvelle amélioration, cl la mortalité infantile est en ce moment-ci moins forte que jamais.

Pour la jeunesse — de 15 à 30 ou 35 ans — l'amélioration n'est pas bien considérable. Ce qui s'explique en partie par le fait que les taux de mortalité ont toujours été bas pour cet âge, et que les progrès ont par conséquent été plus difficiles à réaliser. Pendant les dernières 20 à 30 années il y a même eu une augmentation de mortalité dans ces âges, au moins pour la population féminine célibataire des campagnes, ce qui tient probablement à la question qui nous occupe, soit la fréquence de la turberculose.

Pour l'âge moyen et la vieillesse, à partir de 30 à 35 ans, il n'y a pas d'amélioration dans la mortalité qu'après 1840. Jusqu'à cette époque il y avait même une augmentation pour certains groupes, au moins après 1780. On ne peut manquer de mettre ceci en rapport avec l'abus des boissons alcooliques, abus qui était plus grand que jamais pendant la période 1780/ 1830. — A partir de 1840, la mortalité baisse d'une façon considérable, même pour l'âge avancé.

Nous allons maintenant aborder notre sujet principal, à savoir la mortalité par tuberculose pulmonaire en Suède pour la période 1751/1830.

Ici nous rencontrons tout de suite un inconvénient sérieux: les changements introduits dans la nomenclature, ce qui n'est pas étonnant pour une si longue série d'années.

Dans le premier formulaire, en usage jusqu'en 1773, la tuberculose pulmonaire était classée parmi les » Maladies de poitrine». Ce que signifie cette dernière expression sera mieux compris par les hommes compétents, s'ils possèdent la nomenclature entière, de façon à connaître les maladies voisines, qui s'y trouvent mentionnées. A cet effet, nous avons copié, dans un appendice, tous les formulaires en rapport avec les causes de décès qui ont été en usage dans notre pays de 1750 à 1830.

Le nombre total de décès par -a Maladie de poitrine et phtisie >■> s'élève pour chacune des années 175 1 à 1773 aux chiffres suivants:

Années I7S4 17SS

s. Nombre.

Années.

Nombre.

Années

Nombre.

Années.

Nombre.

Il est évident que tous les cas de »maladie de poitrine» ne sont pas de la tuberculose pulmonaire. Les chiffres ci-dessus sont donc trop élevés pour indiquer la fréquence véritable de cette dernière maladie. Ils ne sont pourtant pas sans valeur sous d'autres points de vue.

La ■!> Phtisie f> (Lungsot) se trouve mentionnée à part dans le formulaire en usage de 1774 à 1801, de même que dans celui de 1821 à 1830. Par contre, pour la période de 1802 à 1820, la phtisie est réunie à la ^^Consomption» (Tvinsot). Cette catégorie est mentionnée à part dans les formulaires en usage de 175 1 à 1801, et aussi de 182 là 1830, dans cette dernière période pourtant seulement pour les adultes.

Après avoir consulté des hommes du métier, nous avons, dans nos chiffres définitifs (Tabl. 2) indiquant la fréquence de la tuberculose pulmonaire, réuni ceux de la Phtisie et de la Consomption (Lungsot et Tvinsot).

Quant à cette dernière maladie, la dénomination varie un peu dans les formulaires. Pour les années 1751/73 la rubrique est: »Tvinsot et mjàltsjuka» (Consomption et spleen); 1774 à 1801: »Trânsjuka et tvinsot» (Nostalgie et consomption); enfin, depuis 1802: »Tvinsot» (Consomption). Malheureusement, il paraît que la signification de ces termes a changé. Comme on peut le voir du Tabl. 5, la consomption est constatée, pendant la période 1776/1800, surtout pour les âges de l'enfance; depuis 1802, au contraire, le nombre des enfants est moins important, tandis que, aux âges plus avancés, la fréquence augmente.

Quant aux âges au-dessus de dix ans le nombre des décès a été pendant 1821/30:

Age.

Décès par Phtisie.

Décès par Consomption.

Total.

Consomption, "/n

Le Tabl. 5 fait voir que pour la période 1776/ 1800 les chiffres relatifs sont resp. 24,7, 17,8 et 21,0 pour cent. Ici la différence est moins accentuée, quoique indubitablement remarquable.

Il importe de faire remarquer que nous avons compte comme de la tuberculose pulmonaire tous les cas assez rares, il est vrai, de >/Crachemenl de sang» et d'hémorrhagie pulmonaire, cjuand ils se trouvaient dans des catégories spéciales. Car, pour certaines années, ils sont mentionnés dans la môme catégorie que la phtisie. Quelquefois (jn a également ramené les cas de mort par hémorrhagie dans la catégorie de la phtisie. Il faut se rappeler qu'on a toujours compté à part les cas de mort par accident et les suicides, ce qui exclue toute confusion avec ces causes de décès. Il n'en est pas moins certain qu'une partie des décès par hémorrhagie ne sont pas dus à la tuberculose, mais cette partie ne doit pas être bien grande.

Donc, si nous identifions la Tuberculose pulmonaire de nos jours avec la phtisie + la consomption des temps anciens, nous disposons de chiffres comparables pour la série d'années 1774/ 1830. Le seul défaut est que la «consomption chez les enfants» manque pour les années de 1821 à 1830. Dans notre tableau général (Tabl. 2) nous avons fait une correction approximative pour ce défaut, en supposant que la fréquence relative des cas de phtisie et de consomption réunies, pour l'âge au-dessous de dix ans, a été la même en 1821/30 que pour les années 1811/20^

Nous avons cherché à trouver des chiffres approximatifs pour la fréquence de la tuberculose aussi pour la période 175 1; 1773- Tous les décès par consomption (Tvinsot) doivent d'abord y entrer. Il s'agit donc de savoir combien de décès par »maladie de poitrine et phtisie» doivent êtres mis sur le compte de la tuberculose pulmonaire.

Le seul moyen d'appréciation est ici la connaissance de la fréquence de la «consomption» pendant la période en question. Le nombre des décès par «phtisie» (Lungsot) correspond pour la période 1776/85 à 290 pour cent des décès par consomption. Pour les périodes 1781/90 et 1791/ 1800, la proportion était resp. de 267 et de 266 p. c. Pour les deux périodes décennales suivantes, nous trouvons les deux formes de maladie sous une même dénomination; ensuite, quand on les sépare de nouveau, en 1821/30, la proportion est de 323 cas de phtisie pour 100 de consomption (d'après les chiffres complétés, Tabl. 2). Nous avons donc supposé que, pour la période 1751/73, la proportion devait être de 290 p. c, comme elle l'était pour la période 1776 85.

^ Pour le nombre des décès par «consomption chez les adultes» de 1821 à 1830, voir la note du Tabl. 4.

Si nous pouvons calculer ainsi la fréquence de la tuberculose pulmonaire pour la période 1751/73 dans sa totalité, on ne doit pas présumer que la proportion ait été la même pour chaque année prise séparément. Car le reste, c'est-à-dire le nombre de décès par » maladie de poitrine», pourrait alors devenir trop variable. Il faut naturellement trouver une proportion raisonnable pour chaque année entre la phtisie et les maladies de poitrine. Si nous supposons, comme cidessus, que la phtisie ait enlevé 2,9 fois plus de personnes que la consomption, nous arrivons au chiffre total de 71,326 pour la phtisie en 1751/73, ce qui correspond à 38,7 p. c. du chiffre commun pour les maladies de poitrine et la phtisie (184,411). Nous avons donc suivi deux voies différentes. D'un côté nous avons compté 290 p. c. du nombre connu de décès par consomption, de l'autre nous avons compté 38 p. c. du nombre de décès par »maladie de poitrine et phtisie». Sur les chiffres de ces deux séries nous avons calculé la moyenne arithmétique pour chaque année. Ce sont ces chiffres qui sont reproduits dans le Tabl. 2 en caractères spéciaux. La somme totale de décès par phtisie pour toute la période 1751/1773 se trouve ainsi être de 70,703.

Ce résultat est incertain, mais il est assez satisfaisant sous un point de vue important. Il est possible que les chiffres pour la période 1751/73 soient un peu trop élevés ou trop bas. Mais, quand on connaît l'ensemble de décès par phtisie, consomption et maladie de poitrine pour chaque année, on peut du moins dire sans trop de risque si la tuberculose pulmonaire a augmenté ou si elle a diminué/'(?;z^«;z/ cette période.

Si l'on additionne les chiffres pour toutes les trois maladies mentionnées ci-dessus, on trouve pour chaque période quinquennale de 1750 à 1770 les nombres suivants:

Moyennes

Population

Nombre

de décès.

Décès par les maladies ci-dessus.

des années.

moyenne.

Nombre

Par les ma-

.Sur 1,000

Sur 100

total.

ladies ci-dessus.

hab.

décès.

Même si l'on ne peut pas connaître avec toute certitude le nombre de tuberculeux parmi les »malades de la poitrine», il n'en est pas moins certain qu'il n'y a aucune augmentation des maladies en question pour cette période. On peut même constater une certaine diminution, sur tout comparativement à la mortalité totale.

lyi

Pendant la période \77\I7S il y a un chanj^enient dans la nomenclalurc. 11 est donc difficile de trouver des chiffres nif)yens sûrs pour cette période. Mais on peut affiruiei- (ju'il y a un accroissement notable des maladies en ([uestion pendant les années de disette 1772 et 1773. L'accroissement de la mortalité générale est pourtant encore plus considérable. Pendant l'année 1774 la mortalité par phtisie était |)articulièrement basse, comme du reste pendant les années suivantes.

Si, enfin, nous cherchons, dans le Tabl. 2, les nombres donnés ou calculés de décès par tuberculose pulmonaire (c'est-à-dire phtisie et consomption) pour chacune des huit périodes décennales de 1750 à 1830, nous arrivons aux résultats suivants:

Moyennes des années.

Population moyenne.

Nombre

total de décès.

Décès par tuberculose pulmonaire.

Décès

par

tuberculose

pulmonaire.

Sur 100

hab.

décès.

Etant donné que, même si les chiffres pour les années 1751/70 sont incertains, il n'y a certainement pas eu d'accroissement pendant cette période, et que les chiffres moyens pour la période 1771/80 ont été très élevés à cause des années de disette 1772 et 1773, il résulte de ce qui précède:

que la fréquence de la tuberculose pulmonaire na pas subi cC accroissement pendant la période ly^o! lySo, mais qu'il y a eu un accroissement 7iotable de ijSo à i8jo. Ces résidtats ressoi-tent plus clairement compares avec la mortalité totale qii avec les chiffres de la population.

Pendant la période 1751/60, la mortalité par tuberculose pulmonaire entrait pour 7,8 '"o dans la mortalité totale. Pour celle de 1771/80 ce chiffre baisse à 7,2. Mais, depuis, la proportion s'élève, et pendant la période 1821/30 elle monte à 11,7 °/o.

On peut se rappeler que la période 1780/ 1830 coïncide avec les pires abus de l'eau-de-vie dans notre pays.

Profitant des riches matériaux dont nous disposons, nous allons maintenant examiner de plus près la répartition de la tuberculose par sexe et par âge.

Pour les résultats de nos recherches à ce sujet, voir le Tabl. 3, où les nombres de décès par tuberculose pulmonaire etc. sont comparés avec les chiffres de la population, et le Tabl. 4, où ils sont comparés avec les chiffres de la mortalité totale. Tabl. 5 contient des spécifications ultérieures pour la période 1776/ 1800.

Nous avons laissé de côté la période 1771/75, parce-qu'elle se partage entre deux nomenclatures différentes et qu'elle comprend les années anormales 1772 et 1773.

Pour le 18"^^ siècle nous avons des chiffres de fréquence pour chaque classe d'âge de cinq ans. Pour les années de 1802 à 1830 au contraire, à partir de 10 ans, nous ne trouvons que trois grands groupes, ceux de 10 à 25, de 25 à 50 et de 50 et au-dessus. Au-dessous de 5 ans, nous avons pourtant, pour toute la période, des chiffres spéciaux pour les trois sous-groupes de o à i an, de i à 3 et de 3 à 5 ans — chose surprenante, parceque il a dû être particulièrement difficile pour le clergé de connaître les causes de décès dans ce bas âge. Ce fait indique, soit dit en passant, avec quelle ténacité on poursuivait le but premier, lequel était de trouver des moyens de combattre la grande mortalité dans la première enfance.

Dans les Tabl. 3 et 4 on trouve des chiffres relatifs aussi pour la période 1751/70. Comme on ne peut éliminer pour ces années les » maladies de poitrine», nous les avons laissées de côté dans le texte suivant, qui ne traite ainsi, généralement, que les périodes de 1776 à 1830.

Etudions d'abord le résultat pour les âges de f enfance. De nos jours nous n'avons de chiffres sur cette matière que pour les villes. Si l'on compare donc les chiffres récents pour Stockholm (1891/1900) avec les chiffres du pays entier pour les époques dont il est question ici, nous trouvons les chiffres ci-dessous de la mortahté annuelle par tuberculose pulmonaire, par 1,000 habitants dans chaque groupe:

Pays entier pendant les périodes 1776/1880. 1801/10. 1811/20. 1821/30'.

' Pour cette période-: »phtisie» seulement (dans les âges de l'enfance).

Age.

Stockholm, 1891/ 1900.

o/i an

1/3 ans

I,éi

La période 1821/30 n'est pas comparable ici avec les autres périodes, parceque pour lesdites années on ne connaît pas les cas de ..consomption» chez les enfants. Quant à la période 1776/ 1800, le Tabl. 5 démontre que ses chiffres très élevés sont dus pour la plupart au f^rand nombre des cas de cette dernière maladie. Plus tard, après 1800, la consomption est devenue plus rare, dans nos tableaux, pour les â^es les plus jeunes.

En somme, la mortalité par tuberculose pulmonaire dans l'enfance doit avoir été inférieure, dans ces temps éloignés, à celle de nos jours, — au moins à celle de la ville de Stockholm.

Nous passons maintenant aux â£-es plus avances. Ici nous ne pouvons étudier (pour toute la série d'années) que les trois grands groupes de 10 à 25 ans, de 25 à 50 et de 50 et au-dessus. La mortalité annuelle par tuberculose pulmonaire dans chacun de ces groupes, par 1,000 habitants, était de:

. Stockholm, Pays entier pendant les périodes

10/25 ans 1,92 0,81 0,97 1,24 1,01

50/co » 4,15 6,03 6,88 6,65 7,62

Pour rendre cette comparaison plus instructive, on doit comparer les chiffres ci-dessus avec la mortalité moyenne par tuberculose pulmonaire de la population totale au-dessus de dix ans. Cette mortalité moyenne a été pour Stockholm 3,18 par mille habitants, et pour la Suède entière dans chacune des quatre périodes resp. 2,62, 3,01, 3,19 et 3,38 par mille. En mettant ces nombres =100, on trouve la fréquence proportionelle suivante pour les différents âges:

, Stockholm, Pays entier pendant les périodes

10/25 ans 60 31 32 39 30

Deux choses importantes se dégagent des chiffres ci-dessus.

D'abord la grande régularité de ces anciens chiffres, régularité qui est bien faite pour donner une haute idée de la valeur de cette statistique ignorée jusqu'ici.

L'autre fait important, qui ressort de nos chiffres, est que la fréquence de la tuberculose était autrefois répartie d'une façon différente qu'elle ne l'est maintenant, — du moins tant qu'on peut considérer les chiffres actuels pour la ville de Stockholm comme représentants pour

les conditions normales, ce qui n'est peut-être pas entièrement exact. Pourtant ils doivent l'être suffisamment pour permettre une conclusion sommaire. // paraît donc que la tuberculose puhnonaire était autrefois relativement moins fréquente dans la jeunesse; au contraire, elle aurait été plus fréquente dans V âge mitr et dans la vieillesse qu' elle ne V est aujourd'hui.

Nous trouvons partout dans nos statistiques des chiffres spéciaux pour les différents sexes. Si nous mettons les taux de la mortalité par tuberculose pulmonaire chez les femmes à loo (voir le Tabl. 3), nous trouvons les proportions suivantes pour les hommes:

Age.

Stockholm, 1891/1900.

0/5 ans 116

Pays entier pendant les périodes

Total 155 118 III 108 III

Ici, il ne serait certainement pas exact de considérer les chiffres pour Stockholm comme caractéristiques pour le pays entier. Les chiffres de la première colonne représentent une grande ville moderne, non pas un pays. Si nous regardons les chiffres du pays entier, nous trouvons une assez grande régularité. La fréquence est plus grande chez les hommes que chez les femmes, exception faite pour la jeunesse et, pendant la période 1811/30, aussi pour l'âge de 5/10 ans.

Pour les périodes de 175 1 à 1800, où nous pouvons calculer les rapports pour chaque groupe de cinq ans, nous trouvons les proportions suivantes pour les hommes, en mettant les taux des femmes à 100:

Age.

0/5 ans.

Age.

45/50 ans

IIO

Nous trouvons donc ici aussi une assez grande régularité ' . En général ce n'est que pour l'âge de 10 à 20 ans que la fréquence

^ En comparant les deux périodes on doit se rappeler la diiïérence entre les rubriques, qui sont; pour la période 1751/70, maladie de poitrine et phtisie; pour la période 1776/1800, phtisie et consomption.

chez les hommes est moins i^randc que chez les femmes. Dans l'âge moyen nous troux'ons (i776/i(Soo) les taux des hommes supérieures de 20 à 40 "/(, à ceux (les femmes.

Le Tabl. 4 indiciue le nombre de décès par tuberculose pulmonaire dû lis SCS rapports avcx la mortalité totale dans les différents âges. (Dans le Tabl. 2 nous avons déjà trouvé des chiffres unifiés, indiquant le rapport entre la mortalité par tuberculose pulmonaire et la mortalité totale pour la population entière). Le Tabl. 4 n'exige pas de commentaires. La grande régularité, pour les périodes 1751/1770 et 1776/ 1800, par exemple, témoigne de la valeur des chiffres.

Nous retrouvons dans les Tabl. 4 et 5, et encore plus clairement qu'avant, des chiffres très bas pour \-d. jeunesse au 18"^^ siècle. De nos jours, la tuberculose enlève, comme nous le savons, presque la moitié de ceux qui meurent dans ces âges. En j 776/ 1800 au contraire, les chiffres ne se sont élevés pour aucun groupe de la jeunesse à plus de 18 "*/„, et le maximum (20 à 21 "/„) se trouvait alors à l'âge de 45 à 60 ans.

Au moment où le nombre des différents groupes d'âge de notre statistique des causes de décès fut réduit, c'est-à-dire au commencement du 19"^^^ siècle, nous trouvons, en revanche, une compensation dans une spécification par mois. Nous avons étudié à ce point de vue les chiffres pour la période 1821/30. Les résultats sont indiqués ci-dessous.

Mois.

Décès pulm.

par tuberc.

par an et

Moyenn l'année -

1,000 hab.

Janvier

Février

Mars .

Avril .

Mai .

Juin .

Juillet

Mois.

Décès par tuberc.

pulm. par an et

sur 1,000 hab.

Août . .

Septembre

Octobre

Novembre

Décembre

Moyenne de l'année = loo.

Toute l'année 2,77

La fréquence était donc au-dessus de la moyenne pendant les mois décembre — mai, tandis qu'elle était au-dessous de la moyenne pendant les mois juin — novembre. La mortalité par tuberculose pulmonaire augmentait progressivement du mois de septembre au mois d'avril, mois où elle atteignit son maximum (27 "/„ au-dessus de la moyenne de l'année). Depuis le mois de mai jusqu'au mois d'août inclusivement, il

y avait une diminuation progressive, de sorte que les chifîfres pour le mois d'août sont au minimum (25 ",/n au-dessous de la moyenne de l'année).

Pour les périodes 1751/1773 et 1795/1830 les chiffres de notre statistique officielle sont centralisés par Départements (Lan), pour les années 1774/ 1794, au contraire, par Diocèses.

En négligeant les chiffres par diocèses, nous avons calculé ceux par départements pour les périodes 1751/70, 1801/10, i8ii/20et 1821/30. Les chiffres pour la première période, où sont comprises les » maladies de poitrine», mais pas la consomption, se trouvent ci-dessous.

Nombre annuel des décès par Phtisie et maladie de poitrine, en ijjiljo.

Départements. Sur 1,000 hab. | Départements. Sur J.ooo hab.

Gottland 2,56 Sôderm;\nland . . ... 3,92

Norrland (5 dép.) .... 2,81 Ôstergôtland 4,11

Kopparberg . .... 3,22 j Vârmland et Ôrebro . . . 4,25

Malmôhus 3,44 i Àlfsborg 4,33

Kalmar 3,49 I Halland' . 4,8,^

Blekinge 3,52 | Vàstmanland 5,41

Kristianstad 3,68 Upsal 5,55

Jônkôping 3,s<j 1 Stockholm, prov 5,73

Kronoberg 3,85 Stockholm, ville 8,67

Gothembourg et Bohus . . 3,88 '~p^^;7^;;û^ri:;;

Skaraborg 3,91 | - ^' '

Les chiffres pour les trois autres périodes, qui sont comparables entre elles, se trouvent à la page suivante. Nous y avons compté tout le Norrland (partie septentrionale de la Suède) comme un seul département, parceque la division actuelle en départements n'existe, dans cette partie du pays, que depuis 18 10. Les chiffres pour les deux périodes 181 1/20 et 1821/30 étaient les suivants, pour chacun des départements actuels du Norrland:

Départements. 1811/20. 1821/30.'

Gâfleborg 2,04 2,31

Vàsternorrland 1,74 1,99

Jàmtland 1,02 1,29

Vàsterbotten 1,45 2,12

Norrbotten 2,13 2,50

1 Ces chiffres sont majorés ici de 5 V» à cause des cas de consomption chez les enfants lesquels ne sont pas comptés dans les chiffres originaires.

Nombre (ïh/i/u-/ (/es t/icrs fiar Phtisie cl par Consuiupliun sur i ,000 liabila)!ls devis les iicpartciiioils, de iSoi iï /S':;().

.Icp.)

(înttland .

Kroiiobcrg Norrhmd (5 Halland .

fônkôping Kristianstad AllsbcM'g .

Kalniar .

Malniôluis Vàrniland Kopparberg Skaraborg Upsal.. .

Blekinge .

Gothembour, Ostergôtland .

Orebro . . .

Sôdermanland .

Vâstmanland .

Stockholm,, prov, Stockholm, ville

set

oh

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