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Fig. 2.
anciennes maisons ; donc, de grands quartiers nouveaux ont surgi peu à peu et ont été annexés aux anciennes paroisses, dont la division a été décidée ou reste sur l'ordre du jour. Certaines parties de la ville ont été complètement reconstruites, comme il est arrivé p. ex. des vieilles
bicoques du »Ladugârdslandet», lesquelles ont été remplacées par les palais de la paroisse d'Ostermalm.
Un nombre moyen pour chaque paroisse pendant toute la période de 30 ans donnerait par conséquent une idée peu juste du caractère hygiénique des différentes paroisses. Ce caractère a complètement changé dans certaines paroisses, tandis qu'il est resté relativement stationnaire dans d'autres. Ce fait se constate le mieux, si l'on trace des courbes, une, A, pour la mortalité par tuberculose pendant la période 1871 — 1875 et une, F, pour la période 1896 — 1900 (Fig. 2).
Dans la courbe supérieure le point pour le Kungsholmen sera trop élevé, puisque tous ceux décédés à l'Assistance, qui se trouve dans cette paroisse, comme il a déjà été dit ci-dessus, ont été comptés parmi les morts de cette paroisse.
Les deux courbes montrent:
1. que la mortalité par tuberculose a diminué fortement dans toutes les paroisses pendant la période 1871 — 1900;
2. que la diminution n'est point uniforme dans les différentes paroisses; dans quelques-unes elle est moyenne ou petite, dans d'autres très grande.
Les courbes intermédiaires pour les différentes périodes quinquennales montrent une diminution successive.
Pour être à même de comprendre ces courbes, il est nécessaire d'examiner non seulement la population et la mortalité des différentes paroisses, mais aussi leur position et les changements qu'elles ont subis pendant ces années. Nous rappelons ici que Stockholm est divisé dans les paroisses suivantes : (voir le plan). Nikolai ou Storkyrkan (l'ancienne cité), Kungsholmen (partie ouest de la ville). Maria et Katarina (partie sud de la ville), Klara, Jacob, Adolf Fredrik, Johannes (parties centrales et nord de la ville) et Ôstermalm (partie est de la ville).
Il existe une certaine ressemblance entre certains groupes de paroisses. On peut les diviser en A) relativement stationnaires quant au développement, Bj agrandis, C) reconstruits. Il est évident que la limite entre ces groupes n'est pas bien définie.
Groupe A, stationnaires. A ce groupe appartiennent les paroisses de Klara, de Jacob et de Nikolai. La paroisse de Klara est le type des stationnaires. Pour sa population pendant ces 30 ans, voir Tabl. 2. Elle était pendant la première période quinquennale, 1871 — 1875, en moyenne 17,972 et pendant la dernière période quinquennale, 1896 — 1900, 17,939.
Pendant le développement énorme de Stockholm, dont la po[)ulation a augmenté de plus de lOO"/,,, cette paroisse a peu changé. Cela tient sans doute à sa position serrée entre le canal de Karlberg à l'ouest, le Norrstrom au sud et les paroisses de Jacob et d'Adolf l'redrik a l'est et au nord.
Il ressort du Tabl. 3 que pendant les années 1871 — 1900 cette paroisse a reçu 6,832 nouvelles chambres par la construction de maisons neuves, mais le nombre stationnaire des habitants prouve que ces chambres nouvelles ont remplacé pour la plupart d'autres qui ont disparu par le démolissement de vieilles maisons, ou qu'elles n'ont pas été construites dans le but de servir d'habitations, mais pour servir de maisons de commerce, d'entrepôts, d'imprimeries, d'hôtels etc. Au commencement de la période la paroisse était habitée par des gens pour la plupart aisés ou riches, et il y avait aussi dans certaines rues un grand nombre de magasins. A la fin de la période un assez grand nombre de gens riches se seront transportés aux paroisses d'Ostermalm et d'Adolf Fredrik, mais la masse principale des habitants peut encore être qualifiée comme très aisée. Dans la paroisse habitent très peu d'ouvriers s'occupant d'un travail corporel; mais il y a là beaucoup d'artisans.
Si nous continuons l'étude des courbes (Fig. 2), nous remarquons surtout les points suivants. La mortalité par tuberculose est la plus basse dans la paroisse de Klara pendant les 3 premières périodes; pendant les 3 dernières, la mortalité y est toujours basse, mais elle est alors dépassée par la paroisse de Jacob. Cela ne tient pas à ce que la paroisse de Klara montrait pendant les 3 premières périodes la plus petite mortalité par tuberculose, mais à ce que les paroisses de Jacob et Johannes étaient réunies jusqu'à 1886, et que seulement après cette année elles ont été traitées séparément dans les rapports. Il est vraisemblable que dans la paroisse de Jacob la mortalité a toujours été plus basse qu'ailleurs à Stockholm, dans la paroisse de Johannes, au contraire, elle était bien alors comme maintenant très grande.
Les constructions nouvelles de la paroisse de Jacob étaient pendant les années 1871 — 1900 6,817. Dans la paroisse de Jacob aussi bien que dans la paroisse de Klara la mortalité par tuberculose diminue pour chaque période.
Au commencement de la période, la paroisse de Nikolai était au même niveau que celles de Jacob et Johannes, mais tandis que la mortalité par tuberculose s'est améliorée dans les paroisses de Jacob
et de Klara pendant les 3 premières périodes quinquennales, la paroisse de Nikolai ne suit pas ce mouvement; c'est seulement après ces 15 années que la mortalité y baisse un peu pour rester ensuite stationnaire à peu près à ce niveau du taux mortuaire. En examinant le Tabl. 3 sur les constructions nouvelles et les reconstructions, on voit que dans toute cette paroisse — noyau de l'ancien Stockholm — il n'y a eu pendant la période 1871 — 1900 que 528 chambres nouvelles, ce qui fait en moyenne 17 chambres par an. En même temps la population a diminué de 12,685 qu'elle était (1871 — 1875) à 11,952 (1896 — 1900).
Groupe B, agrandis. La vieille partie de la ville relativement peu changée, de grandes constructions nouvelles.
Un peu au-dessus de la paroisse de Nikolai en fait de mortalité vient la paroisse de Maria. Là aussi le taux mortuaire reste stationnaire pendant les 3 premières périodes quinquennales. Pendant les années 1881 — 1885 d'assez nombreuses constructions nouvelles y paraissent, soit 4,563, et pendant les années 1886 — 1890 2,869. Le taux mortuaire baisse aussi considérablement, d'environ 30 à 20, c.-à-d. d'un tiers, entre la 3^ et la 4^ période quinquennale. Le taux mortuaire, qui diminuait peu pendant la première moitié de la période 1891 — 1900, où il y avait peu de constructions nouvelles, atteint son minimum, soit 18, pendant la dernière moitié de cette période, qui se distinguait pour une plus grande activité de construction. La population, qui pendant les 3 premières périodes quinquennales était assez stationnaire (20 à 25 mille), augmentait ensuite, quoique peu, soit de 28 mille à 30 et 36 mille.
A ce groupe appartient aussi la paroisse de Katari^ia. Au commencement de la période la mortalité y était très grande, soit 42,9 "/ooo, diminuait pendant la 3^ période quinquennale en même temps qu'y régnait une grande activité de construction et de reconstruction; pendant la 4^ période elle montre une amélioration considérable et se présente actuellement assez stationnaire, bien que la grande activité de construction y continue.
Gi'oiipe C, avec de nombreuses constructions nouvelles et de reconstructions.
La paroisse à' Ostermalm occupait au commencement de la période une haute place sur l'échelle de la mortalité. Aucune partie de la ville n'a pourtant subi un changement aussi complet pendant ces 30 années que celle-ci. Les vieilles bicoques en bois ont été remplacées pour la plupart par de grandes et belles maisons de première classe, où habitent des gens aisés et riches. L'accroissement de la population, de 24 à 58 mille,
soit I24*'/,,, donne une idée de son agrandissement. Pendant les années l88i — 1890 21,889 chambres nouvelles, ou 2189 par an, furent inspectées par les autorités, et pendant la dernière période quinqucniinlc, 1896 — 1900, encore 10,047 chambres nouvelles, soit 2,009 P*'^'' ''^'^' siibircnl rins])Ccl.ion. Pendant la première moitié de la période 1891 — 1900 l'activité de construction était moindre dans cette paroisse. L'agrandissement de cette partie de la ville marche de pair avec la diminution de la mortalité par tuberculose. De 46,8,° ! onu elle est descendue à 14, en sorte que la paroisse d'Ostermalm se distingue maintenant comme presque la [)lus saine de toutes les paroisses de la capitale.
La paroisse d' Adolf Frednk se présenta au commencement de la période encore moins bien que la paroisse d'Ostermalm, ce qui tenait à ce que les décès de la grande maison de charité de Sabbatsberg, où le taux de la mortalité par tuberculose était très élevé, furent portés sur les listes de cette paroisse. Mais à partir de 1880 la paroisse subit un agrandissement énorme par le création du Vasastaden, région de la ville belle et saine. En 10 ans, 1881 — 189O pas moins de 18,677 chambres nouvelles furent inspectées, et pendant les deux dernières années 1899 — 1900, 3564 chambres nouvelles furent construites. La mortalité par tuberculose diminuait aussi énormément, soit de 47 à i8'^/ooo- La paroisse d'Adolf Fredrik est maintenant une des paroisses les mieux placées quant à la tuberculose, ce à quoi contribuent sans doute beaucoup la bonne condition économique de ses habitants.
La paroisse de Kungsholinen montrait au commencement de la période le plus haut taux de mortalité par tuberculose, mais le chiffre indiqué pour cette paroisse était sijrement beaucoup plus élevé qu'il ne devait être réellement, puisque tous les décès par tuberculose qui avaient lieu aux établissements de charité y étaient compris, voir ci-dessus. L'activité de construction a été assez considérable dans cette paroisse. Pendant la période 1881 — 1890 8,987 chambres nouvelles y furent inspectées par les autorités; ces maisons contiennent pour la plupart de petits appartements destinés à des familles ouvrières. Le taux mortuaire a baissé beaucoup, soit de 50 à 19,8 °/ooo, niais il est encore assez élevé, ce qui tient à ce que la population de cette paroisse est constituée en grande partie par des ouvriers qui sont étroitement logés et qui prennent souvent des sous-locataires dans leurs chambres.
La paroisse de Johannes est haut placée sur l'échelle. Ce n'est qu'à partir de 1886 que nous possédons des indications spéciales quant
à la mortalité de sa population. La mortalité était pendant la période 1886 — 1890 plus grande dans cette paroisse que dans n'importe laquelle des autres. Elle a diminué beaucoup depuis, mais le taux mortuaire y est toujours à peu près aussi élevé que celui des paroisses de Nikolai et de Katarina ; voilà les 3 paroisses qui montrent la plus grande mortalité par tuberculose à Stockholm.
L'activité de construction a été moyenne dans cette paroisse pendant les années 1881 — 1890 (soit environ 600 chambres nouvelles par an), mais il y a des raisons spéciales pourquoi le taux mortuaire n'a pas diminué davantage ; nous indiquerons ci-dessous quelles étaient ces raisons.
Après cet exposé sommaire qui démontre combien f activité de construction a de l' influence sur la diminution de la mortalité par tubei'culose, nous allons traiter la question des logements étroits et la mortalité par tuberculose dans les différentes paroisses.
Malheureusement il n'existe que pour quelques années isolées des renseignements sur les divers genres d'habitations à Stockholm qui puissent servir de base pour une étude de cette nature. Un recensement des habitations de Stockholm a eu Ueu 1868, 1880, 1890, 1893, 1894, 1900 et 1902. Pour les trois dernières de ces années, où le recensement fut fait par G. Sundbàrg, il fut exécuté avec plus de précision qu'auparavant, où plus d'attention était attachée aux maisons qu'aux diverses habitations. Celles-là ne furent pas classées d'après le nombre des chambres, et aucune information ne fut prise quant au nombre de personnes logées dans chaque habitation.
Malgré la perfection des recherches faites pendant les dernières années, celles-là ne donnent pourtant pas une idée exacte des différents genres de nos habitations au point de vue hygiénique, économique et social (Guinchard). — Une telle recherche a été faite pour les années 1895 et 1896 par le Dr. K. Key-Aberg. — Une autre recherche de ce genre, encore plus complète, fut faite par Guinchard 1902, mais elle tombe en dehors de la période qui nous occupe.
Les indications des diverses habitations n'étant malheureusement pas uniformes, elles ne peuvent être considérées ni complètement comparables ni tout exactes.
Quant à la période 1881 — 1890 nous sommes renvoyés aux rapports relatifs aux habitations pour les années 1881, 1886 et 1889 et pour la période 1891 — 1900 aux rapports des années 1891 et 1900.
Des rapports officiels de la Commission muiiici[)ale de Santé (par Linroth), nous avons tiré quelques calculs et quelques chiffres, que nous avons rendus uniformes.
Pour les logements étroits et la mortalité par tuberculose des années 1881 — 1885, voir Tableaux 2 et 4 et Fig. 3.
La courbe A indique la mortalité par tuberculose pour la période 1881 — 1885, la courbe B indique combien d'habitants des différentes paroisses sont logés sur 100 chambres à la fin de 1880, déduction faite des locaux de commerce, des cuisines etc. En comparant ces deux courbes, nous voyons entre elles un parallélisme frappant, mais d'autre part aussi certains écarts remarquables.
Tout en bas nous trouvons la paroisse de Klara avec 120 habitants sur 100 chambres et le plus petit taux mortuaire, soit 18,3. Ensuite viennent
les paroisses de Jacob et Johannes avec 135 habitants et le taux mortuaire 22,9. La paroisse d'Ostermalm se trouve beaucoup plus haut avec 176 habitants sur 100 chambres et le taux mortuaire 26,9.
Les autres paroisses montrent aussi un parallélisme entre les logements étroits et la mortalité par tuberculose. La paroisse de Nikolai fait pourtant une exception frappante à cette règle. Nous trouvons ici une grande mortalité, 31,4, quoiqu'il y ait peu de logements étroits, soit 155 habitants sur 100 chambres. La cause de ce fait doit donc être à chercher dans la qualité des chambres ou dans la condition de fortune des habitants. La paroisse de Nikolai, le vieux Stockholm, consiste pour la plupart de maisons bâties il y a plusieurs siècles. Beaucoup de ces maisons remontent jusqu'aux 16^^™^ et i^^^^^ siècles, et un petit nombre seul de ces maisons sont construites au k^^'^" siècle. Il y a là très peu de maisons nouvelles et les reconstructions y ont été rares pendant les dernières périodes décennales (voir Tableau 2). A l'enquête faite 1896, époque où cette partie de la ville se trouvait dans à peu près le même état que pendant les années 1881 — 1885, l'inspecteur donne la description suivante des habitations ouvrières; »Les escaliers sont en général très étroits et très raides et sont par ci par là tout à fait obscurs. Les cours sont toujours très étroites. La hauteur des chambres ne dépasse presque jamais deux mètres. La superficie des chambres est en règle toute petite. Les cuisines sont très sombres, éclairées par un jour secondaire. Dans les logements d'une ou de plusieurs chambres et cuisine, le plancher de la cuisine n'a souvent que la longueur de 1,5 à 1,25 m. sur à peu près une largeur égale. Dans un appartement de deux ou de trois chambres la famille est pour la plupart composée du mari, de la femme et de 4 ou 5 enfants et en outre quelques sous-locataires y sont logés. Quant à la quantité d'air qui revient à chaque individu, le chiiïre moyen est en règle le plus bas dans la paroisse de Nikolai, où 5 Vo de la population ouvrière ne dispose même pas de 5 mètres cubes d'air par personne, tandis que 41,3 "/o ont à se contenter de moins de 10 mètres cubes d'air par personne». Les logements de la paroisse de Nikolai sont non seulement étroits, mais aussi très bas. La hauteur moyenne des chambres y est, à quelques exceptions près, de 2,3 à 2,4 m.»
La paroisse de Nikolai montrait:
Nombres absolus .
Pourcentage ....
Nombre d'appartements d'une hauteur de
Nonil)rf (If; jinrsoinies
disposant d'une superficie
de plancher par tète
jusqu'à 2,5 m.
3 m. et au-dessus
jusqu'à 3 m. carrés
carérs
7 m. carrés
et au-dessus
Il ressort de ce tableau que, même si la paroisse de Nikolai ne montre pas tant de logements étroits dans le sens qu'un relativement grand nombre de personnes habitent la même chambre, comme cela arrive dans quelques autres paroisses, les chambres des ouvriers surtout y sont très petites, obscures et offrant un cube d'air qui n'est qu'un tiers ou un quart de celui qui est considéré hygiénique, c'est-à-dire 15 à 20 cm.^ par personne. C'est là l'explication pourquoi la courbe indique pour la paroisse de Nikolai une grande mortalité par tuberculose, malgré que les habitants de cette paroisse soient logés peu étroitement d'après le nombre des chambres. Si par conséquent le chiffre pour la paroisse de Nikolai est corrigé, nous pouvons prétendre que la courbe de la mortalité par tuberculose pour les années 1881 — 1885 et la courbe indiquant le nombre d'habitants sur 100 chambres pour l'année 1881 montrent un assez bon parallélisme.
Si nous passons à la Fig. 4, qui indique le taux du nombre d'habitants sur 100 chambres pour 1886 et la mortalité par tuberculose pour 1886 — 1890, nous y trouvons aussi un assez bon parallélisme. On ne peut pas s'attendre à un parallélisme complet, car le taux mortuaire regarde toute la période quinquennale, tandis que le taux du nombre d'habitants ne regarde que la première année de cette période.
A cette règle il y a deux exceptions: i. la paroisse de Nikolai, où il y a pourtant plus de personnes logées étroitement que ne l'indiquent les chiffres statistiques, (voir ci-dessus) et 2. la paroisse d'AdolfFredrik, qui est composée d'une partie nouvelle au nord de la ville, le Vasastaden et d'une partie ancienne, située plus au sud et plus près du centre de la ville. Dans cette dernière partie, surtout dans le carré formé par les rues Dôbelnsgatan, Saltmàtargatan, Tegnérgatan et Markvardsgatan, où une grande rue principale va être percée, il y a encore un grand nombre
de vieilles bicoques en bois, qui contiennent des habitations insalubres et basses; beaucoup entre elles sont situées même au-dessous du niveau de la rue. Ces maisons, dont les cours se distinguent pour un haut degré de saleté, sont habitées par une population pauvre. La mortalité par tuberculose est encore très grande dans ces quartiers (voir le plan). Quand même donc la paroisse dans son ensemble renferme peu de logements étroits, il faut pourtant présumer par suite de ce que nous venons de dire qu'il y a peut-être là plus de personnes logées étroitement que ne l'indiquent les chiffres statistiques.
Fig. 4.
Après ces petites corrections nous pouvons prétendre que la Fig. 4 montre comment le grand nombre de logements étroits d'une paroisse et la mortalité par tuberculose marchent de pair.
Si nous passons maintenant à la., Fig. 5, qui indique le taux du nombre d'habitants sur 100 chambres pour 1889 et la mortalité par tuberculose pour les années 1886 — 1890, il est nécessaire de faire remarquer que deux chiffres (voir Tabl. 4) y parraissent invraisemblables, savoir ceux pour les paroisses d'Ôstermalm et d'Adolf Fredrik. En 1886 il y avait dans la paroisse d'Ôstermalm 115 personnes sur 100 chambres, 1889 au contraire 146 et 1891 seulement 109. On peut
dire déjà () f>r/oii (lu'unc telle niictuntioii est invraisemblable. Les indications (luant aux lo.^einenls étroits ('l'ahi. 4) montrent (jifune telle fluctuation a eu lieu dans les différentes paroisses, mais (|u'en tout une amélioration considérable se fait à cet égard, et qu'une amélioration énorme a eu lieu certaines années par suite d'une activité vive dans le domaine de la construction; si au contraire une détérioration à ce sujet s'est manifestée, elle a en règle été assez petite ou moyenne. Ici une
X CMffines offïciéLs jnccfrrects
Fig. 5-
détérioration de 114 à 146 aurait eu lieu, suivie d'une amélioration énorme en deux ans, savoir une diminution de 146 à 109. Si l'on regarde la statistique des constructions nouvelles, on peut constater qu'une grande activité de construction régnait à partir de 1879 jusqu'à 1890, époque où elle s'arrêtait pour quelques années. Pendant la période 1881 — 1885 des maisons neuves contenant 12,388 chambres furent bâties dans la paroisse d'Ostermalm, en 1886 1,734, en 1887 1,781, en 1888
2,043, en 1889 1,754 et en 1890 2,199; comme on voit une très grande activité de construction. Les maisons nouvelles, qui étaient toutes de première classe, remplaçaient de vieilles bicoques en bois, et des gens fortunés en masse s'installèrent dans ces quartiers. Le système de loger des sous-locataires dans les chambres, soit l'entassement de gens dans le même appartement, cessait malgré l'accroissement considérable de la population. Pendant la période 1886 — 1889 la population de la paroisse d'Ôstermalm montait de 39,072 en 1887 à 41,159 en 1890, soit une augmentation de 2,087 personnes. Les chambres nouvelles, inspectées par les autorités, étaient au nombre de 5,578- 100 de ces chambres inspectées revenaient donc à 37 personnes, ce qui montre que l'entassement de gens dans la même habitation allait diminuant plutôt qu'augmentant pendant ces années. Le taux 146 ne peut pas être exact, ce qui est prouvé par le taux 109 pour l'année 1891, pourvu que celui-ci soit juste. Car pendant ces deux années la population de la paroisse d'Ostermalm montait de 49,159 qu'elle était en 1889 à 45,315 en 1891, soit une augmentation de 4,156 personnes; en 1889 1,754 chambres nouvelles furent inspectées, en 1890 2,199, soit ensemble 3,953, ce qui donne le chiffre de 100 chambres sur 100 habitants. Il est donc de toute probabilité que le taux pour 1886 doit être corrigé à 109 ou 110.
La seconde correction à faire regarde la paroisse d'Adolf Fredrik. Le taux du nombre d'habitants sur 100 chambres y était 142 en 1886 et 146 en 1891, mais pour 1889 ce taux est indiqué comme étant iio. Pendant les années 1887 — 1889 une activité de construction très vive avait lieu dans cette paroisse, vu qu'en 1887 1,621 chambres nouvelles furent construites, en 1888 1,959 et en 1889 756, soit total 4,336. La population augmentait pendant ce temps de 6,951 personnes; 160 personnes revenaient donc sur 100 chambres nouvelles, ce qui prouve qu'il y avait plus de gens logés étroitement en 1889 qu'en 1886. Le taux pour 1889 doit donc probablement être mis à 148 — 150.
Si l'on insère ce taux dans la courbe, nous aurons partout une égalité assez satisfaisante entre le taux du nombre d'habitants sur 100 chambres et le taux de la mortalité par tuberculose, sauf pour la paroisse de Nikolai, où le mauvais état des habitations explique la prédominance de la tuberculose.
Le taux pour la paroisse de Maria sera aussi inexact, car la population y avait diminué de 99 personnes, et les chambres avaient augmenté de 1,465 pendant les années 1887 — 1889; le nombre d'habitants sur
loo chambres était donc plus petit (lu'cn 1HM6, où le taux statistique pour cette catégorie était 153; ce taux doit donc être C(jrrigé à envircjn 142 pour la [)ériode 1887 — 1889.
X Chtmre, offïaél
Fig. 6.
La Fig. 6 indiquant le nombre d'habitants sur 100 chambres pour 1891 et la mortalité par tuberculose pour les années 1891 — 1895 montre en règle un parallélisme satisfaisant entre ces deux facteurs, sauf pour la paroisse de Nikolai (voir ci-dessus) et la paroisse de Kungsholmen, où le nombre de gens logés étroitement paraît assez grand comparé à la mortalité par tuberculose.
Un rapprochement du nombre des immigrations et du nombre de chambres nouvelles donne pourtant le résultat que 300 personnes immigrées tombent sur 100 chambres, ce qui prouve une augmentation du nombre des gens logés étroitement. Cependant le Dr. Key-Aberg remarque dans son traité sur les habitations ouvrières de l'année 1896 »que la quantité d'air en mètres cubes, qui revient à chaque personne, est en règle plus grande au Kungsholmen qu'ailleurs, vu que 8 Vo
seulement de la population examinée n'y atteint pas à 10 mètres cubes par tête». Il y a peut-être là l'explication de la mortalité relativement petite dans cette paroisse, supposition qui devient d'autant plus plausible, si l'on considère quels grands terrains ouverts y entourent un grand nombre des maisons. La statistique de la mesure et de la qualité des chambres du Kungsholmen comparée à la statistique du nombre des habitants est aussi une preuve de cette supposition.
Nombres absolus .
Pourcentage ....
Nombre d'appartements d'une hauteur de
Nombre de personnes disposant par tète d'une superficie de plancher de
jusqu'à 2,5 m.
3 m. et au-dessus
jusqu'à 3 m. carrés
carrés
7 m. carrés
\ et aii-dessus
Combien les habitants du Kungsholmen sont favorisés se voit ^urtout, si l'on compare les chiffres ci-dessus avec ceux de la paroisse de Nikolai.
Les chambres sont aussi très bien éclairées dans cette paroisse. Dans les logements examinés il y a dans la paroisse de Nikolai 112 chambres sans fenêtre, dans celle de Kungsholmen seulement 4.
Tout ce qui précède prouve que les habitations du Kungsholmen sont en règle relativement grandes, vastes et claires. Ce fait \ donne l'explication pourquoi la mortalité par tuberculose n'y est pas si excessive qu'on aurait dû le croire à cause de l'entassement de gens dans les habitations, soit 175 personnes sur loo chambres. La population est en grande partie constituée par des ouvriers industriels travaillant dans les fabriques et les ateliers, qui se trouvent en grand nombre dans cette paroisse.
Comme résultat final nous pouvons donc dire qu'il existe un si grand parallélisme entre les taux indiquant le nombre d' habitants sur 100 chambres et ceux relatifs à la mortalité par tuberculose que, quand ces taux ne s'accordent pas entre eux, on peut prouver que le taux du nombre d'habitants a été manifestement inexact, ou qu'il existe de telles déviations quant à la capacité d'air offerte aux habitants ou quant à la salubrité de leurs habitations que ces taux confirment la loi sur les relations existant entre la mortalité par tuberculose et t entassement de ^ens.
Si nous examinons mainU-nanl (|nfls rapports cxislcnl (Mitre la mortalité j^cncralc, c.-a-d. le taux mortuaire sur "/„o et la mortalité par tuberculose sur "/ood dans les diflérentes ])<aroisses, iiolis obtiendrons les résultats suivants. (Comparer Tabl. 2.)
fûroh'sc de Nikolai. Les deux taux courent assez jxu'allelement, excepté pour les années 1876 — 1880, ])ériode pour lacjuelle le taux de la mortalité par tuberculose a été trop élevé par suite de la source des indications (Linroth). Si le taux vraisemblable est interjjolé, le parallélisme sera plus grand.
Paroisse de Jacob et Johannes. De même. A partir de 1886 la paroisse est considérée comme deux paroisses séparées ayant chacune ses deux taux.
Paroisse de Ktmgsholinen. Pendant la période 1876 — 1880 le taux de la mortalité par tuberculose est probablement trop élevé (voir ci-dessus). Après l'interpolation les deux taux seront parallèles.
Paroisse d' Ado If Fredrik. Pour les années 1871 — 1875 les deux courbes s'entrecoupent et celle du taux mortuaire général passe audessus de l'autre. Selon des renseignements donnés par Linroth, le grand nombre de décès qui ont eu lieu à l'orphelinat sont compris dans le taux mortuaire. Ce nombre doit donc être déduit pour toute la période décennale 1871 — 1880. Pour les périodes suivantes cette déduction a été faite, c'est-à-dire ces décès y figurent sous une rubrique spéciale. Pendant les années 1891 — 1900 le parallélisme est satisfaisant.
Paroisse dustennaiin. Le parallélisme est troublé pour les années 1876 — 1880, période où le taux de la mortalité par tuberculose semble avoir été trop élevé (voir ci-dessus). Il est à remarquer que la courbe de la mortalité par tuberculose se rapproche pendant les années 1891 — 1900 de celle de la mortalité générale, ce qui peut être expliqué par l'influence bienfaisante qu'exerçaient dans cette paroisse le grand nombre de constructions nouvelles ainsi que l'immigration de gens fortunés pendant cette période.
Paroisse de Katarina. Le parallélisme est troublé pour les années 1876 — 1880 par une raison déjà indiquée. La période 1891 — 1895 montre un accroissement inattendu de la mortalité par tuberculose. Le Tableau 2 indique aussi une augmentation considérable du nombre de gens logés étroitement.
Paroisse de Maria. Le taux de la mortalité générale et celui de 1^ mortalité par tuberculose se trouvent près l'un de l'autre. Comme
une statistique du nombre d'habitants sur 100 chambres n'existe pas pour ces années, la cause de ce> phénomène ne peut pas être discutée. Pendant cette période ces taux se rapprochèrent l'un de l'autre dans plusieurs paroisses à cause d'un haut taux mortuaire général. Pendant la prochaine période quinquennale ce taux tomba de nouveau.
Résumé. Les taux de la mortalité générale sur "/on et les taux de la mortalité par tuberculose sur Vo«o sont en général presque parallèles, quoique les taux de la mortalité générale baissent de plus en plus avec le temps, (voir ci-dessus.) Noils pouvons en tirer la conclusion que le taux de la mortalité générale est en régie parallèle à celui du nombre d' habitants sur 100 chambres.
1896—1900. (Tableau 2.)
Comme base de l'étude sur la mortalité par tuberculose pendant les années 1896 — 1900 nous nous sommes servis d'une révision* renouvelée de toutes les attestations de décès par Tuberculosis pulmonum (phtisie), en éliminant d'autres formes de tuberculose, comme tuberculose cérébrale, intestinale, rénale, osseuse. Tous ces cas ont été répartis sur les paroisses, les casernes, les orphelinats, les asiles d'enfants, les maisons de travail et l'Assistance.
Puis tous les décès, dont l'adresse était connue, ont été répartis sur les différents quartiers et pointés sur un plan de la ville. De tous les morts, qui étaient du nombre de 3,573, pas moins de 1,029 avaient décédé dans les casernes, les orphelinats ou les autres établissements de charité. De ce dernier nombre (1,029) 992 étaient morts dans les établissements de charité. Une révision du journal de malades de ces établissements nous a mis à même de trouver l'adresse de pas moins de 'j'j'j de ces individus, et ils ont été référés à la paroisse à laquelle ils appartenant avant leur entrée à l'établissement. Des autres 215 97 avaient été renvoyés de différentes paroisses, et ils y ont alors été enregistrés. Quant aux 118 restants il n'existait aucune indication quant à leur adresse.
Tandis que dans les statistiques ci-dessus un si grand nombre que 29 Vu de tous les décès par tuberculose pendant les années 1896 — 1900 ne pouvaient pas être rubriques sous les paroisses respectives dans la statistique, le nombre des décédés sans adresse connue avait été réduit
* Ce travail laborieux a été exécuté par M. R. Herlitz, Auditeur des comptes.
par cet examen à environ 3"/(i. Nous avons donc pu reposer nf>s calculs de l'extension de la tuberculose pendant les années 1896 — 1900
A B y^Oùffres probables
Fig. 7.
sur une base beaucoup plvis solide que celle des rapports officiels, dont on a dû se servir pour les périodes antérieures. Nous avons pu rubriquer 93 "/o dans les quartiers et les pointer sur le plan,
Comme il était à attendre, il se montrait à l'examen que ceux décédés aux établissements de charité ne pouvaient pas être répartis en nombre proportionel sur les différentes paroisses; ils appartenaient principalement aux paroisses pauvres.
Un très petit nombre avaient été envoyés à ces établissements des paroisses de Klara et de Jacob ou des quartiers riches d'Ostermalm. Par contre, le nombre en était grand des quartiers ouvriers des paroisses de Katarina, de Johannes et même de Kungsholmen; mais c'est surtout la paroisse de Nikolai qui en avait envoyé un relativement grand nombre.
Par cette raison la courbe du taux de la mortalité par tuberculose montre une forme modifiée, comparée à la courbe officielle.
Ce matériel se répartit sur les paroisses de la manière suivante.
A la comparaison de la répartition des décès sur les paroisses avec le nombre de logements étroits y existant, il faut remarquer que pour ce dernier nombre nous n'avons eu qu'à nous tenir au recensement des demeures fait en 1900 Le nombre de chambres existant en 1900 ne peut pourtant pas être considéré comme la moyenne exacte des années 1896 — 1900. Dans certaines paroisses l'activité de construction avait été grande pendant ces années, dans d'autres assez petite (voir Tableau 5). La Fig. 7 indique les rapports entre le nombre d'habitants sur 100 chambres et la mortalité par tuberculose.
Nous voyons qu'en général les courbes se suivent. Il est pourtant d'intérêt de relever les points suivants.
On trouve la mortaHté la 'plus basse dans les paroisses de Jacob, de Klara et d'Ostermalm. Quoique le nombre de personnes tombant sur chaque chambre soit plus gra,nd dans la paroisse d'Ostermalm que dans les autres paroisses, le taux mortuaire est relativement plus bas pour la paroisse d'Ostermalm que pour la paroisse de Jacob, qui a une population moins accumulée et ne diffère que peu de celui de la paroisse de Klara, où les habitants sont aussi logés plus au large. Cette circonstance s'explique probablament par le fait que les chambres de la paroisse d Ostermalm sont en règle grandes, modernes et confortables.
Il est hors de doute qu'une plus grande quantité d'air revient à chaque individu dans la paroisse d'Ostermalm que dans les chambres vieilles et sombres des paroisses de Jacob et de Klara. La population de la paroisse d'Osternialm sera aussi plus fortunçe,
La seconde place quant au taux de la mortalité par tuberculose est occupée par les paroisses de Maria et d'Adolf l'icdrik. Le taux du nombre d'habitants sur lOO chambres dans cette dernière paroisse est assez parallèle au taux de la mortalité par tuberculose, mais il est beaucoup plus élevé dans la paroisse de Maria. Il est difficile d'indiciuer les raisons de cette différence, vu qu'on n'a pas une statistique détaillée du cube d'air et de la qualité des habitations à tout autre é<4ar(l. Dans certaines parties de la paroisse d'Adolf Fredrik, comme p. ex. les quartiers à l'est de l'Observatoire, il y a de très mauvaises habitations. Le nombre de gens logés étroitement y est peut-être plus grand qu'il ne paraît. La paroisse de Maria possède au contraire beaucoup d'habitations claires et ensoleillées, et il y a là nombre de places ouvertes et de quartiers inhabités.
Le taux mortuaire est plus élevé dans les paroisses de Kungsholmen et de Johannes, et le nombre de logements étroits y est aussi très grand, soit 170 — 190 habitants sur 100 chambres. La paroisse de Kungsholmen présente pourtant une mortalité beaucoup plus petite que celle de Johannes, probablement parceque les habitations de celle-là sont supérieures au point de vue hygiénique aux habitations de celle-ci.
En faisant une comparaison entre les habitations ouvrières du Kungsholmen et celles du district de Vanadis appartenant à la paroisse de Johannes, Key-Aberg a relevé, en 1896, que le cube d'air revenant à chaque individu était comme l'indique le tableau ci-après.
Dans le district de Vanadis .
Au Kungsholmen . .
Cubes d'air revenant à chaque individu dans
Total
I cuisine
I chambre
I chambre
(et cuisine)
et cuisme • •
cuisme.
3 chambres et cuisine
Il ressort de ce tableau que l'ouvrier habitant le Kungsholmen dispose dans son habitation d'une beaucoup plus grande quantité d'air que celui du district de Vanadis. Le taux 172, indiquant le nombre d'habitants sur lOO chambres dans la paroisse de Johannes, doit donc être multiplié par 116 et divisé par 97,7 pour devenir comparable au taux correspondant de la paroisse de Kungsholmen. Par ce calcul on
obtient le taux 204 pour la paroisse de Johannes, pourvu que les habitations ouvrières fussent les mêmes , dans toute cette paroisse que dans le district de Vanadis. Le taux doit même être mis encore un peu plus haut, soit à environ 210.
Le parallélisme entre le taux du nombre d'habitants sur 100 chambres et celui de la mortalité par tuberculose devient alors assez bon pour ces deux paroisses.
L'autre déviation, qui a encore plus d'importance, regarde la paroisse de Nikolai. Le taux 139 indiquant le nombre d'habitants sur 100 chambres y est assez bas, mais la mortalité par tuberculose yest effrayante, soit 39,3. Nous avons déjà relevé plus haut que pour cette paroisse on ne peut rien conclure du nombre d'habitants sur lOO chambres, vu que la condition hygiénique de ces chambres est exécrable, ce qui ressort aussi du tracé indiquant le cube d'air qui y revient à chaque personne.
Un calcul (fait selon les mêmes principes que le calcul comparatif des paroisses de Kungsholmen et de Johannes) indiquant le cube d'air qui revient à chaque personne donne le résultat suivant pour la paroisse de Nikolai :
Mètres cubes d'air . . .
I cuisine
I chambre
I chambre (et cuisine)
I chambre et cuisine
2 chambres et cuisine
3 chambres et cuisine
Total
Si le chiffre quant au cube d'air revenant à l'ouvrier du Kungsholm se met à 116, le chiffre correspondant pour la paroisse de Nikolai ne sera que 78,2. Si le taux indiquant le nombre de gens logés sur 100 chambres est calculé là-dessus dans la paroisse de Nikolai, il ne sera plus 139, mais 206. Et, en effet, la valeur hygiénique est ici encore pire, car l'ouvrier du Kungsholmen habite des places ouvertes, tandis que celui de la paroisse de Nikolai demeure dans des rues très étroites, où les cuisines sont pour la plupart obscures ou ne reçoivent qu'un jour secondaire (voir ci-dessus). Le taux 206 comme coefficient de la valeur hygiénique est encore trop bas. Si la courbe est tracée selon ce calcul, la ligne indiquant le nombre d'habitants sur 100 chambres sera assez parallèle à la ligne indiquant la mortalité par tuberculose (voir Fig. 7).
11 n'est peut-être pas nécessaire de si<4naler ici (\uc de tels calculs ne peuvent être exacts, et ([ne l'on |)eut se réserver contre notre procédé de baser nos calculs sur les chiffres statisti(|ues du Kuii^sholmen; nous avons dû le faire, puisqu'il n'existe de calculs pratiques quant au cube d'air que pour quelques seules paroisses.
Malgré ces remarques il ressort bien d'une façon satisfaisante que pendant la période quinquennale 1896 — 1900 /û Dwiiaiitc par tuberculose dépend directeuient du nombre d' habitants sur 100 chanibres, et (|ue les exceptions même, si elles sont analysées, ne font que corrobfjrer cette rèp'le.
Par ce qui précède, ainsi que par le plan de la ville où tous les décès par tuberculose dont était connue l'adresse ont été pointés, on voit que le taux mortuaire est assez différent pour les diverses paroisses, et que les taux mortuaires en tout peuvent se classifier selon les taux respectifs indiquant le nombre d'habitants sur 100 chambres, ainsi que selon la quantité d'air revenant à chaque individu. La mortalité par tuberculose se répartit pourtant assez irrégulièrement sur les différentes parties des paroisses. Cela s'applique moins aux vieilles paroisses de Klara et de Jacob qu'à celles où il y a des quartiers nouveaux à côté des vieilles maisons.
Pour résoudre le problème de la tuberculose dans ses relations aux logements étroits, il faut donc avoir recours à de plus petites unités que les paroisses. Stockholm est divisé ecclésiastiquement en paroisses, communalement en 25 districts. Les limites de ces districts sont en partie les mêmes que celles des paroisses; un district n'appartient jamais à deux paroisses.
En examinant la répartition des décès par tuberculose dans chacun de ces districts, on voit que ceux-ci, au point de vue de la tuberculose, ne sont pas des unités uniformes. Dans certaines parties d'un district, les décès par tuberculose sont très nombreux, dans d'autres assez rares. Quelques districts font une exception à cette règle, comme p. ex. le deuxième (district inférieur de Klara), le neuvième (district du Humlegârden) etc. Un traitement du matériel quant aux différents districts donnerait sans doute des résultats très intéressants vis-à-vis de la tuberculose dans ses rapports aux logements étroits, ou pour donner quelques
exemples, une mortalité basse pour le deuxième district (district inférieur de Klara), le 20'^"*^ (district de Narva) et le çième (district du Humlegârden), une mortalité très élevée pour le 21^^™^ (district de Vanadis de la paroisse de Johannes), le premier (district de Storkyrkan) et le içie"^^ (district du Skinnarvik de la paroisse de Maria), mais on voit souvent que les districts ne constituent pas des unités hygiéniques. Un tel calcul, c'est-à-dire une classification du matérial selon les districts, ne donnerait guère un résultat pratique pour la résolution de notre problème.
Il en est autrement d'un calcul fait par quartier ou par plusieurs quartiers ensemble. Un regard jeté sur le plan novis convainc tout de suite de la vérité du fait qu'il y a des quartiers où la mortalité par tuberculose est très petite, d'autres o\x elle est très grande. Dans beaucoup de quartiers les décès par tuberculose sont si nombreux qu'il n'y a pas eu de place sur le plan pour tous les points, comme p. ex. dans la paroisse de Nikolai, une partie de la paroisse de Katarina etc. On y voit que souvent de tels quartiers se trouvent les uns à côté des autres. Un examen général nous révèle que ces quartiers sont en règle analogues quant à leur construction et à leur population. Ceux qui se ressemblent s'assemblent; les pauvres se réfugient dans certaines contrées, les riches dans d'autres.
Mortalité par tuberculose selon le plus ou moins grand nombre d'habitants sur lOO chambres dans les différents quartiers.
Le recensement des demeures nous a mis à même de connaître le nombre des chambres, des habitants et des décès par tuberculose dans chaque quartier et nous a permis de pouvoir diviser les quartiers en 5 groupes.
A cette répartition il se montrait que les différents groupes et les paroisses ne coïncidaient pas, ce qui ressort du reste aussi de ce que nous avons déjà dit ci-dessus (Tableau 5).
Groupe I. Les quartiers peu peuplés avec au plus 99 personnes sur 100 chambres, où chaque individu avait une ou plusieurs chambres, se trouvaient dans le plus grand nombre dans les paroisses de Jacob, de Klara et d'Ôstermalm; ils étaient moins nombreux dans les paroisses de Maria, d'Adolf Fredrik et de Kungsholmen; dans
la paroisse de Katarina il n'y avait pas un seul (|iiaitier de cette catc- <î()rie, dans la paroisse de Johannes un seul et dans la paroisse de Nikolai trois.
Groupe 11. loo — 145 personnes sur 100 chambres. Dans toutes les paroisses il y avait de nombreux quartiers de cette catégorie.
Groupe 111. 150 — 199 personnes sur 100 chambres. 11 n'y avait pas un seul quartier aussi sur-peuplé dans la paroisse de Jacob, très peu dans les paroisses d'Ostermalm ou de Klara; dans les paroissses de Maria, d'Adolf Fredrik, de Katarina et de Johannes ils étaient nombreux.
Groupe IV. 200 — 249 personnes sur 100 chambres. Pas un seul quartier de cette catégorie ne se trouvait dans les paroisses de Jacob ou de Klara, deux seuls dans la paroisse d'Ostermalm; ils étaient nombreux dans la paroisse de Katarina.
Fig. 8 — 9 et Tableau 6 montrent la mortalité (A. B.) et le plus ou moins grand nombre d'habitants sur 100 chambres dans ces groupes.
Nous voyons comment la mortalité augmente avec l'entassement de gens. 14 sur ''/ooo peut donc actuellement être considéré
le taux normal pour la population aisée de Stockholm. Nous pouvons aussi dire que c'est là le taux mortuaire naturel chez nous. Le taux mortuaire un peu plus élevé chez ceux logés étroitement peut tenir au mauvais état du logement, lequel dépend à son tour de l'indigence de ces habitants; cette indigence provoque une série d'inconvénients hygiéniques.
Il paraît étonnant que si la mortalité augmente, quand le nombre d'habitants sur 100 chambres monte à 200, elle augmente peu, quand
HaJbitants sur c/umiùres
Fig. 8.
A. sans peusionnaires.
B. avec peusionnaires.
ce chiffre monte à 250, ou même elle diminue, quand ce chiffre dépasse 250.
Cela paraît absurde à priori, — mais nous allons tâcher d'en donner l'explication.
Groupe V comprend ceux logés le plus étroitement. Ceux-là sont, bien entendu, les plus pauvres. Si un cas de tuberculose qui menace
3 « Ri. "5 0
BabUaiUs
pr.100 chambres
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Fig. 9.
d'amener la mort se présente dans l'habitation de ces gens, ou même si quelqu'un d'entre eux reste malade pendant longtemps, il ne peut payer le loyer; il tombe alors à la charge de l'Assistance publique qui l'envoie à un hôpital ou à un établissement de charité.
En un mot une élimination continuelle a lieu dans ces habitations. Par ce fait les autres qui y restent sont moins exposés à la tuberculose, le danger de la contagion diminue et la mortalité baisse (Tableau 8).
Dîins les classes plus uisées, groupes 111 cl IV, les mrilades ne sont pas emmenés aussi vite; ils sont soignés .à la maison jusqu'à leur mcjrt. Une si t^rande élimination n'y a donc pas lieu, et la mortalité y au|4niente, quoique les habitants soient loi;és moins étroitement (pie ceux du groupe V.
La justesse de ce raisonnement ressort par Tabl. 7, qui inontre que du groupe I un seul individu sur 1,003 chambres et 726 personnes est éliminé et conduit à la maison de charité, ce qui fait un décès à la maison de charité sur 5 au domicile; dans le groupe V au contraire un individu est éliminé sur 100 chambres et 266 personnes, soit un décès à la maison de charité sur 3 au domicile. Dans le groupe IV ceux qui meurent au domicile sont déjà plus nombreux; un décès à la maison de charité sur 4 au domicile. Il est assez étrange que dans les groupes II et III l'élimination soit plus grande que dans le groupe IV. Cela s'explique peut-être par le fait que les gens aisés sont plus pressés d'éloigner les tuberculeux (domestiques?) que ceux du groupe IV, qui sont des gens moins aisés et qui aiment peut-être mieux soigner les membres de leur famille au domicile que de les envoyer à l'hôpital. Cette explication n'est qu'une hypothèse.
Si nous envisageons les quartiers par paroisse, nous obtenons les résultats suivants. (Voir le plan de la ville.)
Paroisse de Jacob. Cette paroisse, qui, depuis les anciens temps, n'a pas eu de possibilité de s'étendre et qui est habitée par des familles riches ou aisées, est la mieux située quant au nombre de chambres par personne. Mais les rues n'y sont pas si larges et si claires que dans la paroisse d'Ostermalm, et les maisons y sont en règle de vieille construction. Pendant la période 1871 — 1880 et pendant les 5 premières années de la période 1881 — 1890 une partie des chambres furent restaurées, soit 255 — 325 chambres par an. 1886 — 1895 les chambres nouvelles n'étaient q'uau nombre de 109 — 156 par an, mais pendant la période 1896 — 1900 elles s'élevaient de nouveau à 256 par an. Il n'y existe pas un seul quartier sur-peuplé (plus de 150 personnes sur loo chambres). 16 quartiers de cette paroisse appartiennent au groupe I, 9 au groupe II, pas un seul aux groupes III — V.
Cette paroisse montre aussi le taux de mortalité par tuberculose le moins élevé, soit 18,3. Le taux du nombre d'habitants sur 100 chambres y est 99. La tuberculose est très rare dans les parties inférieures de la paroisse, presque inconnue parmi les familles fortunées du Blasieholmen. Elle se présente au contraire très souvent dans les quartiers de Lutternsgatan, où beaucoup des vieilles maisons sont en bois. Ces maisons commencent pourtant à disparaître maintenant, puisqu'une rue nouvelle, Kungsgatan, y sera percée.
Paroisse de Klara. Cette paroisse se trouve encore aujourd'hui presque dans le même état qu'autrefois, quand même quelques maisons y ont été reconstruites. Pendant les années 1871 — 1875 l'activité de construction y était petite (environ 150 chambres nouvelles par an); elle devint plus vive 1876 — 1880 et culminait 1881 — 1885 (474 chambres nouvelles par an) pour diminuer ensuite (1786 — 1890 239 chambres nouvelles par an) et s'arrêter enfin complètement.
La paroisse, qui est l'exposant assez homogène d'une vieille ville, est habitée par une population assez aisée, laquelle était pourtant encore plus fortunée autrefois.
Les maisons peu hautes, démodées et peu ensoleillées sont habitées par de nombreux artisans et des marchands en détail. Il n'y a ici aucun excès de population; la plupart des quartiers, 25 sur 44, c'est-à-dire plus de la moitié, ont 100 — 145 habitants sur 100 chambres, et 16 sur 44, soit plus d'un tiers, montrent le chiffre le plus avantageux à cet égard, soit
99 habitants sur 100 chambres, 3 quartiers seuls (sur 44) sont un peu plus habités, soit 150 — 199 personnes sur 100 chambres. Aucun quartier n'est sur-peuplé à un plus haut degré. Le taux de la mortalité par tuberculose est aussi bas que 20,4, et le taux du nombre d'habitants sur
100 chambres est 107.
Paroisse de Kungskolmen. Cette paroisse a subi pendant les 30 dernières années un changement complet quant à ses bâtiments. Pendant la période 187 1 — 1875 l'activité de construction y était petite (environ 100 chambres nouvelles par an), elle montait 1876 — 1881 à presque 500 chambres nouvelles par an et 1881 — 1885 à plus de 1000 par an pour baisser pendant la prochaine période quinquennale à 773 chambres nouvelles par an et devenir assez médiocre pendant les années 1891 — 1895, soit 158. Pendant la dernière période elle augmentait de nouveau; le nombre de chambres nouvelles y était alors de 961 par an. La paroisse, qui est pour la plupart habitée par des ouvriers ou des
bourgeois peu lorUmes, possède un grand nombre de fabriques et d'hôpitaux. Les rues y sont larges, les cpiartiers grands et ouverts; il y a une c[uanlité de places et de squares. Certaines parties fie la paroisse sont très peuplées, comme p. ex. le Kungsholmcn inférieur, où les maisons grandes et modernes sont habitées par la petite bourgeoisie. Les maisons sont belles et salubres.
La partie centrale de cette paroisse est habitée par de petites familles assez aisées. Les appartements, quoique petits, y sont confortables.
Le Kvuigsholmen dans sa totalité est la paroisse où il y a le plus grand nombre d'habitants sur loo chambres, mais la mortalité par tuberculose y est relativement petite à cause de l'hygiène avantageuse qui y règne (beaucoup de soleil, maisons modernes, un grand nombre de places et de parcs). Le taux de mortalité y est 27.
Paroisse dusterinali)i. Cette paroisse, qui pendant les dernières 30 années a été presque complètement reconstruite et qui est devenue par là une des plus belles parties de la ville avec de grandes maisons de première classe, habitées par une population fortunée après avoir été dans le temps une agglomération de petites bicoques en bois avec des cours sales, se distingue maintenant comme une des plus saines de Stockholm après avoir été une des plus éprouvées par la tuberculose.
L'activité de construction, qui n'avait pour résultat que 248 chambres nouvelles par an pendant la période 1871 — 1875, augmentait pendant les périodes 1876 — 1880 et 1881 — 1886, où respectivement 1,795, et 2,478 chambres nouvelles furent bâties par an; elle diminuait de nouveau pendant les trois dernières périodes quinquennales, où respectivement 1,902, 1,458 et 2,009 chambres nouvelles furent construites. La Fig. 2 sur la mortalité par tuberculose reflète à ainsi dire ce phénomène. La diminution de la mortalité par tuberculose commence pendant la période 1881 — 1885. Le nombre de constructions nouvelles était aussi le plus grand pour l'année 1880, où la paroisse reçut 3,890 chambres nouvelles. En regardant le plan on dirait pourtant que la fréquence de la mortalité par tuberculose paraît assez grande, mais cette circonstance tient à la grandeur des maisons, qui dans cette paroisse ont en général 4 ou 5 étages et qui sont habitées par une population nombreuse.
Le taux de la mortalité par tuberculose sur "/ooo n'est que 18,9, le taux du nombre d'habitants sur IQO chambres est 113, soit assez
élevé, mais les rues larges et claires et les chambres hautes et confortables diminuent les inconvénients de l'accumulation des habitants.
Des 79 quartiers Ç)J appartiennent aux groupes I et II. Il n'y a que 4 quartiers où les habitants sont logés étroitement, savoir les quartiers de Lerlafven
très vilains quartiers près de Roslagstorg, Tràskfloden
» » » Morkullan, quartier ouvrier,
» » » Tradgârden (au Djurgârden) avec vme population ouvrière
pauvre.
La tuberculose est très rare, surtout dans les quartiers le long de Strandvàgen et de Valhallavàgen, où les palais sont bien ensoleillés, ainsi que dans ceux le long de Sturegatan, qui face le beau parc Humlegârden.
La tuberculose se présente plus souvent dans le carré formé par les rues Sibyllegatan, Kommendôrsgatan, Storgatan et Styrmansgatan ainsi que dans le quartier 4,4.18.
Paroisse de Johannes. Cette paroisse peut être divisée hygiéniquement en trois parties: a) l'ancienne partie, au sud de la paroisse, autour des rues David Bagaresgatan, Brunnsgatan et Regeringsgatan. Cette partie, qui est très peuplée, a des rues étroites, et la tuberculose y sévit beaucoup, b) la partie du milieu, qui est peu peuplée; cette partie, qui a été reconstruite, possède des rues en général larges et claires et plusieurs grandes cours, c) le district de Vanadis, quartier tout neuf ayant de grandes maisons belles et confortables, de véritables casernes à louer, habitées par une nombreuse population ouvrière. Les quartiers 4, 1 1 6, 4,126 et 4,128 se distinguent tout particulièrement. Les familles ouvrières louent en règle une ou deux chambres et cuisine. Dans le dernier cas ils prennent plusieurs sous-locataires, qui payent le loyer. Ce système augmente le taux du nombre d'habitants sur 100 chambres, lequel est ici très élevé. Les habitations se distinguent par leurs hautes chambres bien éclairées et leurs cours vastes et ensoleillées. L'activité de construction était le plus vive 1881 — ^1890, période où le nombre des chambres augmentait de 550 — 650 par an.
Dans cette paroisse il n'y a qu'un seul quartier qui a une population clairsemée, 10 (V.t) du groupe II, proportionellement beaucoup de quartiers (18 sur 130) sur-peuplés. Le taux de la mortalité par tuberculose est 33, et le taux du nombre d'habitants sur 100 chambres est 171^ soit tons les deux élevés.
U}i ccii/rr de liihcrciilosc esl formé |)ai" les (|iiarlici'.s (|ui se trouvent entre l'église de Joliannes et les rues Hrunnsj^atan et Hirj^erjarlsf^atan. Dans ces ([uartiers les maisons sont vieilles et étroites, ayant les escaliers étroits et obscurs et les cours petites et sombres.
Un autre centre de tuberculose est formé des trf)is quartiers mentionnés ci-dessus du district de Vanadis.
Paroisse d' Ado If Fredrik. Cette paroisse, qui était réduite autrefois aux contrées situées autour de l'église de ce nom (cinquième district ou district de Tegnér) et qui était alors habitée par une population très aisée, logée dans de vieilles maisons démodées bordant des rues étroites — quelques-unes étaient situées à des places ouvertes — a subi un développement énorme pendant les trente dernières années des côtés ouest, nord et nord-ouest. Le beau Vasastaden s'est développé des côtés ouest et nord-ouest de la paroisse, et au nord de la rue Odengatan il y a maintenant un grand nombre de belles maisons, habitées par des familles aisées, et d'autres ressemblant à des casernes, où habitent des bourgeois, des artisans et des ouvriers.
Une partie tout particulièrement démodée est formée par des restes de l'ancienne paroisse, soit des contrées qui se trouvent à l'est de l'Observatoire, où les maisons à un étage sont vieilles et délabrées aux cours sales. Le carré formé par les rues Râdmansgatan, Kungstensgatan, Saltmàtaregatan et Dôbelnsgatan se distingue surtout à cet égard. La tuberculose y fait des ravages énormes.
L'activité de construction, qui pendant la période 187 1— 1875 était médiœre (137 chambres nouvelles par an), augmentait beaucoup pendant les années 1876 — 1880 (601 chambres nouvelles par an) et atteignit 1881 — 1885 son maximum (2,138 chambres nouvelles par an) pour baisser de nouveau pendant la période 1886 — 1890 (1,598 chambres nouvelles par an) et pendant la période 1891 — 1895 (338 chambres nouvelles par an); ensuite elle augmente de nouveavi pendant la période 1896 — 1900 (1,282 chambres nouvelles par an). La Fig. 2 donne un aperçu de ces fluctuations. Le taux de la mortalité par tuberculose est 23,7, et le taux du nombre d'habitants sur 100 chambres est 149. Il y a très peu de quartiers sur-peuplés, mais aussi très peu qui aient une population clairsemée; la grande majorité des quartiers (55 sur 74) ont une population moyenne (appartenant aux groupes II et III); 7 quartiers sont peu peuplés et 12 sont sur-peuplés.
Paroisse de Nikolai. Cette paroisse, qui est la plus ancienne de la ville, se distingue par ses rues étroites, sombres et tortueuses, ses maisons peu larges aux escaliers étroits et obscurs, aux cours très petites et aux chambres basses et sombres, éclairées souvent par un jour secondaire; les cuisines y sont en règle sans jour. Dans cette paroisse il y a un grand nombre de magasins. Presque toutes les maisons le long du Skeppsbron (port de Stockholm) sont occupées par des locaux de commerce ou par des dépôts. Les maisons près du lac Màlaren, lesquelles facent le midi, sont habitées par des familles bien situées. Dans les maisons donnant sur le Norrstrôm sont installés des locaux d'administration de l'Etat.
Combien cette paroisse est restée stationnaire ressort par le petit nombre de constructions nouvelles qui y a eu lieu. Pendant les années 1871 — 1875 la paroisse augmentait de 5 chambres nouvelles par an; pendant les périodes quinquennales suivantes de respectivement 32, 21, 16, 13 et 18, soit en moyenne 17 chambres nouvelles par an pendant la période 1871 — 1900. Le taux de la mortalité par tuberculose est énorme, soit 39,3, le taux du nombre d'habitants sur 100 chambres est moyen, soit 139; l'hygiène y est mauvaise.
Paroisse de Katariiia. Cette paroisse, qui la dernière de toutes les paroisses de Stockholm a commencé à être modernisée et à avoir des maisons bien aménagées, n'avait encore il y a peu de temps que de vieilles maisons en pierre aux chambres sombres (p. ex. celles de Glasbruksgatan) ou surtout de petites maisons en bois. Pendant la dernière période décennale on a commencé à construire sur de vastes terrains de grandes maisons d'un bel extérieur; ces maisons, qui ressemblent à des casernes et dont les escaliers sont larges et clairs, contiennent de petits appartements d'une à deux chambres et cuisine ou des chambres séparées. Elles peuvent être désignées comme très bonnes quant à l'hygiène et sont habitées par une population ouvrière, qui doit prendre des sous-locataires dans les chambres pour pouvoir payer le grand loyer. Ces maisons nouvelles se trouvent pour la plupart dans le carré formé par les rues Skânegatan, Ôstgôtagatan, Folkungagatan et Repslagaregatan. La mortalité par tuberculose y est grande. La fréquence de la tuberculose dans ces casernes contraste vivement avec celle des contrées voisines dans la partie est de la paroisse, oij il y a quelques petites maisons de vieille construction, il est vrai, mais qui sont entourées de jardins,
Les chambres noiixelles n'etaienl pendant la période 1871 — 1589 (jne 59 par an et pendant 1876 — 1880 283 par an. Mais pendant les années 1881 — 1885 l'activité de construction y fut \i\'e (i ,227 chambres nouvelles ])ar au) pour diminuer de nouveau pendant les périodes suivantes (respectivement 639, 14! et 437 chambres nouvelles par an). Dans son ensemble la paroisse est très peuplée, 188 personnes sur 100 chambres, et la mortalité par tuberculose y est aussi jjroportionellement très grande, soit 31,3. La po})ulation peut être désignée ccjmme peu aisée, ou même pauvre.
Paroisse de Maria. Les diverses parties de cette paroisse sont très différentes au point de vue hygiénique et social. Autour de l'église et vers le sud jusqu'au chemin de fer, la paroisse est habitée par une population assez aisée. Les maisons sont en partie des maisons en pierre de vieille construction, il est vrai, mais les appartements y sont vastes et confortables. Tous ces quartiers sont ensoleillés, et 1 état sanitaire y est assez bon. Autour de Pràstgârdsgatan se trouvent de grandes casernes ouvrières, habitées par une population pauvre. Un grand nombre de hautes maisons neuves et salubres près de Hornsgatan ont beaucoup de soleil et d'air, mais elles sont habitées par des familles ouvrières, qui prennent des sous-locataires.
Les quartiers au nord de Hornsgatan autour du Mariaberget, des rues Tavastgatan et Badstugatan renferment de vieilles maisons en bois bien éclairées et de vieilles maisons en pierre étroites et sur-peuplées bordant des rues irrégulières.
L activité de construction y était le plus vive pendant les 3 périodes quinquennales 1876 — 1890 avec respectivement 423, 913 et 574 chambres nouvelles par an.
A tout prendre la paroisse de Maria occupe une position moyenne. Le taux du nombre d'habitants sur 100 chambres y est assez élevé, soit 168, mais comme une grande partie de la paroisse est inhabitée, il y a une quantité de places ouvertes, où les enfants peuvent jouer, et la grande majorité des maisons ont à jouir du soleil de midi et de beaucoup d air. Par ces raisons probablement la mortalité par tuberculose n'est pas si grande (soit 23,5) qu'on pourrait le croire à cause du taux élevé du nombre d'habitants sur 100 chambres.
Quartiers indemnes de tuberculose.
Il y a à Stockholm de nombreux quartiers où pendant la période 1896 — 1900 il n'y a pas eu un seul décès par tuberculose. Ces quartiers se répartent sur les différentes paroisses de la manière qu'indiquent les Tabl. 7, 8.
Ces quartiers indemnes de tuberculose appartiennent, comme indique ce tableau, pour la plus grande partie au groupe II, c'està-dire ils ont une population clairsemée, ce qui était aussi à attendre. Mais ce qui étonne, c'est que beaucoup de ces quartiers appartiennent aux groupes II — V, c'est-à-dire à ceux ayant une population plus on moins accumulée, et qu'ils représentent un haut pour-cent (20 — 25) des quartiers de ces groupes. Une description détaillée seule de ces quartiers peut donner l'explication de ce phénomène.
Sans entrer trop en détails quant à cette question, nous voulons remarquer que de ces 161 quartiers 94 appartiennent aux premiers groupes, ceux relativement peu peuplés. Des 29 quartiers indemnes de la paroisse de Nikolai 24 sont du nombre des peu peuplés (ceux avec au plus 150 habitants sur loo chambres). Ces quartiers, qui sont exposés au midi et à l'ouest, et dont les maisons ensoleillées bordent des rues assez larges, n'ont point la position peu hygiénique des quartiers tuberculeux. Dans plusieurs de ces quartiers se trouvent des maisons d'administration et de commerce, d'autres sont habités par une population plus fortunée que celle qui demeure dans les quartiers intérieurs et tuberculeux de cette paroisse.
Des 15 quartiers indemnes de la paroisse de Klara 10 appartiennent au groupe I et 3 au groupe II, soit 13 quartiers sur 15 peu peuplés. Ces quartiers, qui sont peu habités, contiennent pour la plupart des locaux de commerce ou des dépôts, des imprimeries etc.
Des 8 quartiers indemnes de la paroisse de Jacob 6 appartiennent aux deux premiers groupes, soit les quartiers peu peuplés ; et si on les étudie un peu plus, on trouvera qu'ils sont habités par des gens riches ou qu' à part quelques locataires, ils contiennent principalement des locaux de commerce, des hôtels etc.
Dans la paroisse d' Adolf Fredrik les quartiers indemnes sont en général ceux où se trouvent les bâtiments de la commune, écoles etc. L'autre moitié des quartiers indemnes possède pourtant une population nombreuse; ils sont situés à l'extrémité de la ville, où les terrains sont
vîistes et oux'crts; ces quartiers n'existent (jiie depuis ])en de temj)S. Leur position saine et (lc\<;a<^ée explique bien l'absence de cas de décès ])ar tubeiculose pendant la période 1896 — 1900. Le nombre d habitants de ces 9 cjuartiers ne s'élève (|u' à 1,102.
Des II cjuartiers indenmes de la paroisse de Kuiii^-sliolmoi G sont relativement peu peuplés (100 — 150). Des 5 quartiers bien i)eup]cs 4 ont 253 habitants, le cinquième 114. Tous ces quartiers, qui sont nouveaux, ont l'avantage d'une position ensoleillée; le dernier, qui est situé auprès d'un grand parc, est formé par un hôpital d enfants.
Dans la paroisse de jfohannes il n' y a que 3 quartiers indemnes, tous sur-peuplés en raison de leur nombre de chambres — 133 personnes sont logées sur 5 1 chambres — cette population est donc très peu nombreuse. Un de ces quartiers, le Baggen, est en construction et aura de grandes maisons modernes, les autres ne possèdent que quelques petites maisons, qui ont une position dégagée et jouissent de beaucoup de soleil.
Des 20 quartiers indemnes de la paroisse d' Ùsteruialm 14 sont peu peuplés, 6 bien peuplés. La plupart de ceux-là ont des maisons de première classe; des 6 quartiers bien peuplés 3 sont situés au Djurgârden, c'est-à-dire ils se trouvent presqu' à la campagne, quelquesuns appartiennent à l'Etat et renferment quelques petites maisons, où un grand nombre de personnes sont entassées. Le total des habitants de ces 16 quartiers est 308; ils sont donc en grande partie dépourvus de bâtiments.
Dans la paroisse de Katarina il n' y a pas moins de 31 quartiers indemnes, dont n sont peu peuplés (au plus 150 personnes sur 100 chambres). Comme le montre le plan, presque tous sont situés à l'extrémité de la paroisse et sont en grande partie sans bâtiments. Les maisons isolées, qui restent ça et là comme à la campagne, jouissent de beaucoup de soleil et d'air. Plusieurs de ces quartiers n'ont que 5 — 10 — 20 habitants. C'est peut-être par harsard que dans des contrées si peu peuplées il n' y a pas eu vm seul décès par tuberculose pendant les années 1896 — 1900. La population y est en règle pauvre.
Dans la paroisse de Maria il y a 26 quartiers indemnes, dont 1 1 sont peu peuplés. Ils ont la même position avantageuse que les quartiers correspondants de la paroisse de Katarina, beaucoup de soleil et d'air, mais contrairement à ceux-là plusieurs entre eux ont une population
nombreuse La population n'est peut-être pas aussi pauvre que celle de la paroisse de Katarina.
Si nous résumons le résultat de cette analyse, nous trouvons d'abord, (Tableaux 8 et 9), que le nombre d'individus habitant ces quartiers indemnes de tuberculose s'élève à 18,238, et que de ce nombre 11,686 habitent dans des quartiers peu peuplés, c'est-à-dire bénéficient de circonstances assez avantageuses — 2,341 sont logés étroitement jusqu'à un certain degré, et 4,211 seuls sont réellement logés étroitement, mais ces derniers ont à leur disposition beaucoup de soleil et d'air, on ils habitent des quartiers où il y a peu de bâtiments. Les enfants peuvent y jouer dans de vastes terrains ensoleillés, et les maisons n'y sont pas serrées les unes contre les autres. Il n'y a que peu de ménages dans chaque quartier; la paroisse de Maria seule fait une exception à cette règle.
Il paraît donc que c'est l' abondance d' air et de lumièi'e qui amène l'absence de tuberculose. Il est donc à attendre que les maisons et les quartiers qui se trouvent près de parcs ou d' autres places ouvertes soient relativement indemnes de tuberculose. C'est aussi ce qui arrive, mais d'autre part il ne faut pas oublier non plus que les meilleures maisons habitées par une population fortunée sont construites sur ces terrains si recherchés. Il en est ainsi du Djurgârden, dont nous avons déjà indiqué l'indemnité de tuberculose, c'est aussi le cas des quartiers des contours extérieurs de la paroisse d'Ostermalm, aussi bien du côté de Strandvàgen que de Valhallavàgen, de tout le Villastaden, des quartiers le long de Sturegatan et de ceux qui entourent le Kungstràdgârden, le Blasieholmen et le Skeppsholmen ; il en est ainsi des quartiers le long de Màlartorget (dans la cité) et des contours extérieurs de la partie sud de la ville, quoiqu'un grand nombre des maisons situées dans les quartiers indiqués soient sur-peuplées et que leur population soit pauvre.
D'autre part il est évident que la construction hygiénique des maisons ne protège pas contre la tuberculose, si les chambres sont trop habitées. Nous reviendrons à ce sujet ci-dessous.
Un aperçu de la mortalité par tuberculose dans les différentes parties de Stockholm est donné par le plan de la ville. Mais il ne faut
pas conclure par le ^ranci cntasscnicnl de |)()iiUs a un excès de population, cai' il faut se rappeler:
1. (jue pour les parties de la ville où les maisons sont à 4 ou <'i 5 étai>"cs et <iue les coin's sont petites, le nombre de points augmente à cause d'une plus ^rande population, quoi(pie le taux de la nif)rtalité par tuberculose n'y soit pas |)lus élevé;
2. que le plan ne peut indiquer la valeur hy^iénicjue des maisons;
3. que beaucoup de quartiers renferment de grandes casernes ouvrières, où le système des sous-locataires est très développé ;
4. qu'un grand nombre de quartiers, surtout ceux situés aux contours extérieurs de la ville possèdent peu ou point de maisons;
5. que d'autres n'ont que de petites maisons en bois contenant peu d'appartements ;
6. que la condition de fortune de la population joue un grand rôle, quand il s'agit de la mortalité par tuberculose.
Or, pour obtenir un résultat quant au problème: logements étroits et mortalité par tuberculose, il ne suffit pas, par les raisons ci-dessus, de comparer le taux de la mortalité par tuberculose avec celui du nombre d'habitants par chambre. Ce qu'il y aurait de plus juste serait de calculer le cube d'air revenant à chaque individu dans les différentes parties de la ville, mais un tel calcul devient impossible, faute d'une statistique pratique à ce sujet. Nous avons déjà montré ci-dessus, quel rôle important est joué par la qualité des chambres, des rues, des cours et par le nombre de places ouvertes.
Le meilleur procédé pour résoudre notre problème sera donc de choisir certains groupes de quartiers qui se ressemblent d'un côté quant à leur position et quant à la qualité des maisons, des rues et des cours, de l'autre quant à la condition de fortune de leurs habitants et de comparer ces groupes entre eux vis-à-vis de la mortalité par tuberculose.
Il ne sera pas difficile de trouver de tels groupes; le plan, et une inspection oculaire de locaux et de maisons, ainsi que la connaissance de la condition de fortune de la population nous serviront de guide dans cette entreprise.
J'ai donc choisi 2^ groupes de quartiers qui parraissent uniformes quant à leur position, à la qualité de leurs maisons et à la condition de fortune de leurs habitants pour pouvoir comparer la fréquence de la tuberculose dans de tels groupes.
Dans un seul groupe, le 13^^*"^, j'ai réuni quelques quartiers séparés localement, mais qui montrent à d'autres égards le même caractère.
Il est évident qu'un tel groupement est un peu arbitraire, et qu'il faut un peu de bonne volonté pour trouver le juste en procédant ainsi.
Pour chacun de ces groupes le taux de la mortalité par tuberculose sur "/ooo et le taux du nombre d'habitants sur 100 chambres ont été calculés; ensuite les groupes ont été classés sous ces deux points de vue un par un, ou plusieurs ensemble; car lorsque plusieurs groupes n'ont, qu'un petit nombre de décès ou relativement peu d'habitants et de chambres, il a fallu réunir ceux qui se ressemblent.
Au tableau 10 et à la Fig. 8 les groupes sont divisés en 4 catégories d'après le nombre d'habitants sur lOO chambres. A) moins de 100 habitants sur 100 chambres, B) 100 — 149 habitants sur lOO chambres, C) 150 — 199 habitants sur 100 chambres, D) 200 — 249 habitants sur 100 chambres. Aucun groupe de maisons n'a plus de 250 personnes sur 100 chambres.
La mortalité par tuberculose sur "/ooo vivants est indiquée dans la dernière colonne.
Nous voyons que dans les 3 premiers groupes le taux de la mortalité par tuberculose et le taux du nombre d'habitants sur lOO chambres sont parallèles, mais que dans le dernier le taux du nombre d'habitants ayant augmenté est très élevé, et que le taux de la mortalité par tuberculose au contraire a diminué un peu, soit de 2,1.
Comme dans le dernier groupe il n'y a que trois sous-groupes avec en tout 42 décès par an, on pourrait supposer que le hasard y ait joué son rôle, mais d'un autre côté il y a là un accord manifeste avec ce que nous avons trouvé, pendant l'examen précédent, dans le groupe V, où la mortalité a diminué quoique le nombre d'habitants y soit le plus grand. Ces trois sous-groupes comprennent le district de Vanadis, les quartiers ouvriers du Kungsholmen et les contrées autour de Mosebacke. Il s'agit maintenant de trouver une explication satisfaisante de ce fait abnorrae. J'ai déjà signalé ci-dessus que parmi les classes les plus pauvres une plus grande élimination des tuberculeux a lieu dans le groupe V que dans les autres, et que dans ce groupe i sur 2,97 est conduit à la maison de charité contre respectivement i sur 3,91, 3,09 et 5,06 dans les autres. Mais aucun des quartiers ci-dessus n'appartient à ce groupe, où l'élimination des tuberculeux est le plus
i^ranclc; un cxanu-n appt'Dlondi iiioiitfc nu conliTiirc 'juc ce ^l'oupc a été peu éliminé.
11 est assez naturel (|ue la mortalité soit relativement petite dans le groupe constitue par les (piartiers du district de Vanadis; les maisons de ce groupe, (jui ont beaucoup de lumière et d'air, sont hygiéniques, et les ouvriers qui les habitent passent en général une grande partie de la journée hors de la maison; ce n'est donc r|ue la nuit qu'ils éprouvent l'inconvénient d'être logés étroitement. 11 en est de même du groupe comprenant les quartiers ouvriers du Kungsholmen. La petite mortalité de ces quartiers sur-peuplés trouve peut-être son explication par ces faits; il est plus difficile d'expliquer ce phénomène pour le groupe de Mosebacke, où coïncident l'excès de population axec le mauvais état hygiénique des chambres.
Au Tableau 10 et à la Fig. 9 ces groupes sont classés d'après le taux de la mortalité par tuberculose. Nous y voyons se répéter les mêmes phénomènes. Le taux de la mortalité par tuberculose et celui du nombre d'habitants montent en même temps, quoique pas uniformément, mais comme il était à attendre, cela ne s'applique pas aux groupes ayant les taux les plus élevés de mortabilité et de nombre d'habitants. Des groupes se distinguant pour la plus grande mortalité par tviberculose se trouvent parmi ceux choisis, soit: No. 22 (Skeppsbron), no. 23 (les rues Skânegatan et Kocksgatan) et no. 24 (centre de la paroisse de Nikolai).
Ici la chose est plus facile à expliquer. Dans le groupe 24 (centre de Nikolai) les chambres sont de véritables galetas tout obscurs ou éclairés par un jour secondaire; ces maisons se trouvent au delà d'Osterlânggatan. Pour ce groupe nous renvoyons à la description ci-dessus, dont il ressort que dans ces quartiers ce n'est pas le grand nombre d'habitants dans les chambres, mais le défaut d'air et de lumière, qui provoque la mortalité effrayante, soit 47,3 sur 10,000 habitants. La population, qui est pauvre, est constituée par des artisans et des ouvriers qui ont probablement à passer la journée à la maison. Il en est de même du groupe 22, contrée entre le Skeppsbron et Osterlânggatan. Les maisons donnant sur le Skeppsbron ont une position ouverte, mais celles-là sont pour la plupart occupées par des locaux de commerce ou par des dépôts. Les maisons sont vieilles, et les chambres sont malsaines. Le taux de la mortalité par tuberculose est 37,9 et le taux du nombre d'habitants sur 100 chambres est 155, soit environ le même que dans
le centre. La population est pauvre. Le troisième groupe, (23), qui se trouve dans la paroisse de Katarina, est constitué par quelques vieux quartiers, où les maisons sont des bicoques en bois. Pendant les dernières années ces quartiers ont été pourvus de quelques hautes casernes ouvrières. La population y est pauvre. Ces quartiers ont souvent été le foyer d'épidémies. Le nombre d'habitants sur 100 chambres est assez élevé, soit 191, et la mortalité par tuberculose est 39,3 sur Vooo-
Dans. ces 3 groupes la grande mortalité par tuberculose se laisse donc expliquer par l'état peu hygiénique des chambres, l'impropreté et la pauvreté de la population, quoique le nombre d'habitants sur lOO chambres n'y soit pas excessif.
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Fig. 10.
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Sous-Ciroupc V. avec la mortalité tiihcrciilctisc aii-dcssoiis de 30 "/'"•" }'■ » >, - 35 "/«no
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Les chiffres indiquent des groupes de quartiers:
1 . Stra/nii'(io;cn (lùitre Strandvagen — lliddare — Kaptens — Skepparegatan j.