District de Va?iadis
22. ^'/-"^^^jTi^'rw? (Entre Ôsterlânggatan — Slottsbacken — Skeppsbron — ^Jerntorgsgatan";.
23. Katarifia (Entre Skâne — Ôstgôta — Kocks — Reenstjernagatan etc.).
24. Nikolai (le centre) (Entre Ôsterlâng — Svartman — Trâdgârdsgatan).
Si l'on place chacun des 24 groupes (Tableau il, Fig. 10) sur une courbe de mortalité par tuberculose progressive, on verra dans la grande majorité des cas se confirmer la loi que la mortalité par tuberculose progresse en même temps que le nombre d'habitants sur 100 chambres; mais il y a aussi de grands écarts de cette loi.
Les sous-groupes A et B (i — 5) comprennent les habitants fortunés ou riches qui habitent les palais de Strandvàgen (i) et de Valhallavâgen (2), les quartiers des villas (3), ceux bordant le Humlegârden (4) ou ceux de la partie inférieure de la paroisse de Jacob et du Blasieholmen (5); ces habitants, qui possèdent tous les avantages que donne la fortune, ont beau-
coup d'air et de lumière à leur disposition. La plus petite mortalité par tuberculose, soit 5,6 sur "/nno, est représentée par la population de Strandvâgen. Les familles riches qui y habitent ainsi que d'autres dont la fortune égale celle de ces familles, envoient sans doute leurs tuberculeux à des établissements de cure et échappent ainsi au danger d'être contaminées. Il est à propos de signaler que tous les groupes où la mortalité est petite sont situés près de parcs ou d'autres places ouvertes. Les chambres de ces maisons sont grandes; c'est pourquoi le taux indiqué par la courbe devrait être mis encore plus bas, vu la quantité d'air qui revient à chaque individu dans ces quartiers.
Ce qui étonne ici, c'est que le groupe C soit logé plus étroitement que le groupe D, qui montre un taux de mortalité par tuberculose plus élevé. Les quartiers du Munkbron (6), qui occupent la plus haute place à cet égard, sont d'un côté exposés au lac Màlaren et jouissent de beaucoup d'air et de lumière, le Vasastaden (7) aussi bien que le Kungsholmen inférieur (8) possèdent des rues larges et claires et des maisons nouvelles. Tout le groupe C est bien pourvu d'air et de lumière. A cet égard le groupe D est doué moins bien; il comprend les contrées autour de l'église de Maria (9) et celles autour de l'église d'Adolf Fredrik (10), où les maisons sont vieilles, ainsi que la partie inférieure de la paroisse de Klara (11). Le centre d'Ostermalm (12), dont le caractère hygiénique et le taux du nombre d'habitants sur 100 chambres sont à peu près les mêmes que ceux du Vasastaden, a pourtant un taux de mortalité par tuberculose plus élevé que cette partie de la ville. Cela tient probablement à ce que plussieurs des quartiers d'Ostermalm n'étaient pas encore reconstruits, c'est-à-dire gardaient encore une population pauvre à l'époque où le calcul a été fait. L'augmentation de la mortalité par tuberculose de ce groupe (D) s'explique donc assez facilement, malgré, la diminution de gens logés étroitement.
Les grands écarts commencent avec les groupes suivants, E et F. Nous nous arrêtons ici devant trois groupes, dont le taux du nombre d'habitants sur lOO chambres est relativement peu élevé, soit les quartiers de Vàsterlânggatan (14), ceux en deçà de l'église de Johannes (17) et ceux de Roslagstorg (20). Dans les quartiers de Vàsterlânggatan il y a presqu'un aussi grand manque d'air et de lumière que dans le centre de la paroisse de Nikolai, et les chambres y sont également des galetas sombres. Dans les quartiers situés en deçà de l'église de Johannes il y a une collection de vieilles maisons qui ont de petites chambres étroites et basses, habitées par une population d'ouvriers et d'artisans.
Ces détails c.\|)li(|ucnl sans doiilc (|iic la morlalitc par Lubcrculose y est si i^randc, ([iioiciuc ii)i iilativiiiioit pclil iiiniiliii' d habitants revienne sur chaque chambre.
Si nous comparons avec ces quartiers ceux où un plus ^r.and noml)re d'habitants rex'iennent sur chaque chambre, mais ou la mortalité par tuberculose n'est pourtant pas plus considérable, soit les contrées de Maria (13) et les quartiers ouvriers du Kungsholmen (18), lesquels sont très sur-peuplés, nous trouvons que les inconvénients de cet entassement de gens sont diminués à un haut degré par les chambres claires et hygiéniques et par l'abondance de lumière et d'air qui distinguent ces quartiers situés près de parcs ou de grands terrains ouverts.
On ne peut dire la même chose de la partie haut-située du groupe sur-peuplé Mosebacke- (16). Les quartiers des montagnes du Skinnarvik (15) jouissent de beaucoup d'air et de lumière, mais les maisons y sont mauvaises; le nombre d'habitants revenant sur chaque chambre est dans la moyenne.
Dans le groupe prochain, F, la contrée autour de Roslagstorg (20) et celle en deçà de l'Observatorielund (19) montrent une grande mortalité par tuberculose, quoique peu d'habitants reviennent sur chaque chambre dans ces régions. Mais celui qui a vu ces bicoques en bois aux galetas exécrables se trouvant souvent au-dessous du niveau de la rue et dont les cours sales ont un écoulement défectueux, comprend tout de suite qu'une moindre quantité d'air revienne à ces habitants qu' à ceux du district de Vanadis (21), où les maisons sont neuves aux chambres claires et hautes — c'est-à-dire plus salubres — quand même le nombre des sous-locataires y est grand.
Les groupes G et H, qui comprennent les quartiers de la paroisse de Nikolai, ont été traités ci-dessus.
Les déviations du parallélisme entre la mortalité par tuberculose et le nombre de logements étroits, que montre la courbe, peuvent donc en règle être expliquées d'une façon assez satisfaisante. Les déviations prouvent même assez clairement l'importance d'une habitation vaste, où il y a de l'air et de la lumière, ainsi que la valeur d'un entourage propre, soit des rues larges et claires. Plusieurs des quartiers tuberculeux sont traversés par des rues qui ne sont pas pavées, ce qui ajoute, bien entendu, à l'impropreté des habitations.
Nous avons donc mené notre analyse des rapports existant entre les logements étroits et la tuberculose à la limite que nous nous étions proposée, soit la connaissance de la fréquence de la tuberculose dans les différents quartiers de Stockholm. Il y aurait sans doute encore beaucoup à apprendre par une étude détaillée du plan, surtout pour celui qui connaît personnellement et par une inspection oculaire les habitations et la population de ces quartiers. Je ne doute pas qu'un nouvel examen détaillé qui irait encore plus loin que le nôtre, en faisant chaque maison, même chaque étage l'objet d'une analyse critique, ne donnât encore plus de résultats instructifs. Mais un tel examen demanderait un matériel comprenant une période plus longue aussi bien que la connaissance détaillée des changements qu'a subis la ville quant à ses constructions et quant au déplacement de sa population.
Par l'institution de la déclaration obligatoire, faite selon un plan scientifique et détaillé, un grand nombre de résultats théoriques et pratiques seraient sans doute obtenus, lesquels pourraient guider dans leur travail ceux qui s'intéressent à la question de l'hygiène.
Résumé.
Il résulte de ce qui précède que, povu' pouvoir combattre la tuberculose énergiquement, la statistique mortuaire qui existe maintenant ne suffit pas et qu'il faut y ajouter les détails que pourra fournir une déclaration obligatoire, établie sur une base scientifique; mais la statistique mortuaire que nous possédons maintenant peut déjà faire connaître dans une ville les foyers de la maladie et indiquer plusieurs mesures sanitaires à prendre.
A Stockholm il y a eu 19,755 décès par tuberculose pendant les années 1871 — 1900; pendant chaque période quinquennale en moyenne 2,754 à 3,572. Le nombre de décès n'a pas progressé avec l'accroissement de la population; la mortalité a diminué au contraire de lOO qu'elle était pendant la première période à 65 pendant la dernière. Malgré cette diminution, la mortalité est plus grande à Stockholm pendant la dernière période (Fig. i, Tableau 2) qu'à Copenhague, où elle est 18,3.
La mortalité par tuberculose marche en règle de pair avec la mortaUté générale; celle-ci a pourtant diminué beaucoup plus que cellelà, car elle est descendue à Stockholm, pendant la période 1879 — 1900, de 100 à 50. Les décès par tuberculose constituent environ V? de tous les décès.
Notre ctiidc (le l'extension locale de la tLiberciilose se ressentit, pour les années 1871 — ICS95, du défaut que ceux morts aux établissements de charité de la \'ille n'ont pas été enregistrés dans les jjaroisscs où ils axaient leur domicile antérieur. Ce continrent est assez considérable, soit '/, à Vr, de tous les tuberculeux. Les cas ne proviennent pas uniformément des différentes parties de la ville, mais ils sortent particulièrement des paroisses et des quartiers pauvres.
La mortalité par tuberculose a diminué, il est vrai, dans toLites les différentes paroisses de la ville, mais cette diminution n'a pcjint été uniforme; dans quelques paroisses elle est petite ou moyenne, dans d'autres très grande. (Fig. 2.)
Dans les vieilles paroisses, celles de Klara, de Jacob et de Nikolai, la mortalité a diminué relativement peu, ce qui tient à l'état stationnaire de ces paroisses. Dans d'autres paroisses où il y a eu une grande activité de constrviction, comme dans les paroisses de Katarina, d'Adolf Fredrik et de Kungsholmen, une diminution considérable du taux mortuaire a eu lieu; enfin une paroisse, celle d'Ostermalm, a subi de tels changements par une reconstruction complète qu'elle occupe maintenant la troisième place sur Téchelle de la tuberculose après avoir été une des moins bien placées. La diiniîtution de la tuberadose marche de pair avec la création d' habitations nouvelles et salubres, et à un certain degré avec la mortalité générale.
Si nous tâchons d'examiner les rapports existant entre la tuberculose et les logements étroits, nous trouvons qu'il n'existe de statistique du nombre d'habitants que pour quelques années isolées. Si le taux du nombre d'habitants sur 100 chambres de ces années est comparé au taux de la mortalité par tuberculose de la période quinquennale voisine, nous trouvons un parallélisme frappant entre eux. Les paroisses qui montrent le taux le plus bas quant à la mortalité par tuberculose, comme les paroisses de Klara et de Jacob, ont aussi le taux le moins élevé quant au nombre d'habitants sur 100 chambres, ou si l'un de ces taux est élevé, l'autre l'est également, comme dans les paroisses de Kungsholmen, de Katarina et d'Adolf Fredrik (en 1881). La mortalité par tuberculose diminue, à mesure que dans une paroisse le nombre de logements augmente par des constructions nouvelles ou des reconstructions et vice versa (1886, 1889, 1891, 1900). Au cours de cette analyse nous sommes tombés sur quelques exceptions frappantes à la règle, qui ont donné lieu à une révision des rapports officiels quant au nombre
d'habitants et de chambres. En comparant le nombre d'habitants immigrés de la paroisse avec le nombre de chambres nouvelles, nous avons réussi à prouver que les chiffres indiqués dans ces rapports n'étaient pas justes. Après la correction des taux, les courbes ont donné un parallélisme satisfaisant. Dans une paroisse, celle de Nikolai, il y avait pourtant une disproportion marquée entre ces deux taux. Guidés par quelques ouvrages détaillés sur le cube d'air revenant aux pauvres dans la paroisse de Nikolai, il nous était facile de montrer que les habitants de cette paroisse, quoique logés peu étroitement, avaient à leur disposition un cube d'air bien exigu, et que cette exiguïté d'air expliquait la haute mortalité par tuberculose qui y existait, bien qu'un taux exact ne pût être indiqué à cet égard. Ce manque devait jouer un rôle encore plus important dans la réalité, vu que la paroisse de Nikolai avait le plus grand nombre de chambres obscures ou de chambres éclairées par un jour secondaire. Ces chambres étaient en outre basses et donnaient sur des cours ou des rues étroites.
Si l'on examine quelle proportion existe entre la mortalité générale et la mortalité par tuberculose dans les différentes paroisses, on trouve partout un bon parallélisme entre elles, ce qui prouve que la mortalité générale dépend aussi de la manière dont sont logés les gens.
Comme base pour notre étude sur la mortalité par tuberculose et son extension dans Stockholm pendant les années 1896 — 1900 a servi, à part les chiffres mortuaires officiels, une analyse des cas de décès qui ont eu lieu aux établissements de charité de la ville et dont on a pu trouver les adresses antérieures. Pour les années 1871 — 1895 il a |-allu exclure du calcul 29 "/(, de ces décès, mais pour la dernière période 1896 — 1900 notre examen a pu en comprendre 97 "/„.
Après les corrections faites ci-dessus, cet examen aussi confirme la loi : La mortalité par tuberculose et V entassement de gens dans le logement marchent de pair.
On voit aussi que le taux mortuaire pour la paroisse de Nikolai est énorme, soit presque 40 sur "/o,hi, pour les paroisses les mieux placées, celles de Jacob, d'Ôstermalm et de Klara il est de 19, si les décès des étabhssements de charité y sont compris, autrement de 14 — 15 sur Voi,.- Les paroisses de Katarina et de Johannes montrent le taux mortuaire le plus élevé après la paroisse de Nikolai.
Mais les paroisses ne sont pas des unités hygiéniques. Dans toutes les paroisses il y a des contrées où les dispositions hygiéniques sont les
meilleures et dont les habitants riches sont bien logés, à côté d'autres qui sont insalubres et dont les habitants pauvres ont des demeures très étroites.
Or, pour pouvoir donner un aperc^u un peu plus exact des rapports qui existent entre le logement étroit et la nujrtalité jiar tubercuUjse, il faut diviser les paroisses dans des unités j^lus petites. Stockholm est divisé communalement en 25 districts, dont les limites se rapportent ainsi à celles des paroisses qu'aucun district ne peut appartenir a 2 parcjisses.
En étudiant le plan indiquant l'extension de la tuberculose dans Stockholm, on voit sans difficulté que ces districts constituent au.ssi peu que les paroisses des unités hygiéniques. Il n'était donc pas vraisemblable qu'on pût obtenir des résultats plus sûrs ou des indications plus nettes d'un point de vue pratique en étudiant les rapports qui existent entre la mortalité par tuberculose et les logements étroits dans les districts.
Nous sommes donc allés encore plus loin, c'est-à-dire aux quartiers, et nous les avons classés en 5 groupes d'après leur plus ou moins grand nombre d'habitants :
Groupe I, où sur lOO chambres il y a moins de loo personnes: