‹ La Lutte contre la tuberculose en SuèdeChapitre 73 sur 78 · IV · texte numérisé non relu

IV

» V, » » 100 » » » » 250 personnes ou au-dessus.

On voit tout de suite que ces groupes se répartent très différemment sur les différentes paroisses (Tableau 5). Si l'on désigne les groupes I et II comme étant logés peu étroitement, les groupes III et IV comme logés étroitement, il ressort que dans les paroisses de Klara et de Jacob il n'y a pas de quartiers logés étroitement. Dans la paroisse de Johannes il n'y a aucun quartier des groupes I et II, dans celle de Kungsholmen aucun dvi groupe I.

Le pourcentage diffère aussi beaucoup dans les différents groupes.

Or, si nous examinons la mortalité par tuberculose dans ces différents groupes, nous trouvons (Tableau 9, Fig. 8) que les deux taux sont parallèles aussi d'après ce calcul, à l'exception pour le dernier groupe. Dans les quartiers où il y a plus de 250 habitants sur 100 chambres, la mortalité par tuberculose baisse. Ces quartiers sont relativement peu nombreux, et le hasard peut y jouer un rôle. La cause de ce singulier état des choses n'est pas toute claire. Environ tous les trois phtisiques qui meurent sont éliminés du groupe V, tandis que dans

le groupe IV cette élimination ne frappe que tous les quatre de la même catégorie. C'est probablement le peu d'espace dans le logement ainsi que la pauvreté qui empêchent de traiter une maladie chronique au domicile.

Peut-être y a-t-il là l'explication de ce phénomène.

Pour les autres groupes le parallélisme entre les deux taux se confirme.

Comme il paraissait d'un intérêt tout particulier d'examiner certaines contrées ou groupes de quartiers voisins qui montraient à plusieurs égards à peu près les mêmes conditions hygiéniques et économiques, nous avons choisi certains groupes de quartiers de cette espèce, pour lesquels nous avons fait des calculs séparés, et puis nous les avons réunis (Tableaux 10 et 11, Fig. 9). Ici on voit aussi que la mortalité par tuberculose et l'entassement de gens dans le logement marchent de pair, sauf pour la classe où le nombre d'habitants sur 100 chambres est le plus grand, car la mortalité par tuberculose y diminue un peu. Une analyse de ces groupes ne donne aucune explication toute nette de ce fait.

Une classification des groupes d'après la mortalité par tuberculose donne le même résultat. Il est probable que le hasard y joue un grand rôle, vu que certains groupes ont si peu de décès par tuberculose.

Si ces 24 groupes sont rangés sur 2 courbes, dont l'une indique la mortalité par tuberculose, l'autre le nombre d'habitants sur lOO (chambres, Fig. 10), le parallélisme est confirmé en général, mais il y a aussi de grandes déviations. Si l'on tâche d'analyser chacune de ces déviations, on voit que dans la grande majorité des cas elle est causée par le fait que la mortalité par tuberculose est nifluée à un haut degré, non seulement par f entassement de gens dans le logement, mais surtout par la quantité d' air et de lumière revenant à chaque individu, ainsi que par la qualité des habitations, laquelle dépend à son tour de la condition de fortune des gens. Cette analyse détaillée offre bien des résultats intéressants. Dans les habitations ensoleillées et vastes des gens riches de Strandvàgen la mortalité par tuberculose n'est que 5,6, dans les galetas sombres des pauvres dans la paroisse de Nikolai, elle s'élève à ^7,3.

Comme réstdtat final on peut dire que la tuberculose à Stockholm se rattache étroitement à la quantité d'air et de lumière dont peut disposer l'individu ainsi qu'à la qualité de son habitation.

La vieille croyance (|ue la tuberculose s'attache a certaines vieille.'". maisons à cause de leur à<4e ne tient pas debout. Les [)aroisses, cjui ont été les plus stationnaires (juant ;i leiu's constructions, savoir les paroisses de Jacob et de Klara, où certainement chaque chambre dans le cours du temps a été habitée par quelque ou plusieurs tuberculeux pendant quelque temps ou même longtemps, sont celles qui montrent la plus petite mortalité. Voilà la preuve de ce que la tubct'culose ne s attache pas avec pcnnanciicc aux murs et au plancher. Si l'on évite l'entassement de gens dans le logement, où la propreté doit être maintenue, et que l'habitation ne soit pas insalubre d'une autre manière, il n'y a pas de cause à y craindre la tuberculose.

Il en est bien autrement, quand il s'agit de vieilles bicoques, ou l'hygiène laisse tout à désirer. La paroisse de Nikolai en est une preuve. Là où il n'y a ni air 7ii Inmiere, le danger de la tuberculose est imminent.

Notre analyse donne non seulement des indications quant aux mesures à prendre pour améliorer l'état sanitaire, elle montre aussi où ces mesures doivent être appliquées.

Ce qui avant tout est efficace pour améliorer l'hygiène, c'est pourvoir les chambres sombres et sur-peuplées d'air et de lumière. La démolition des vieilles parties de la ville, où peu de lumière peut pénétrer dans les maisons à cause de l'étroitesse des rues, ainsi que la condamnation des chambres obscures ou de celles éclairées par un jour secondaire sont des conditions essentielles, pour que la tuberculose puisse être exterminée. Puis il faudrait défendre un trop grand entassement de gens dans le sens que chaque individu puisse disposer d'assez d'air • — c'est pourquoi il faudrait aussi Ihniter le système des sous-locataires dans les grandes casernes ouvrières nouvelles, même là où l'état hygiénique ne laisse rien à désirer. Il serait aussi désirable que toutes les cours fussent pavées, ce qui contribue à la propreté. Les cours des maisons ne doivent pas être faites petites, ce qui empêche une assez grande quantité d'air d'entrer aux étages inférieurs.

A la fondation de nouveaux quartiers les autorités ne devraient pas céder à la tendance de permettre des rues étroites. On devrait établir des parcs et d'autres places ouvertes en grand nombre ainsi que concéder des terrains où les enfants peuvent jouer, surtout dans les régions très peuplées, au voisinage des casernes ouvrières.

Il est en tout cas d'une grande importance que les chambres ne soient pas trop basses. Ce qui est la cause de l'entassement de gens dans les habitations, ce sont les hauts loyers, lesquels sont amenés par le prix élevé des constructions. Ces prix proviennent à leur tour de la cherté de vivre et des salaires exorbitants.

Etablir des habitations vastes et salubres à un prix modéré ati voisinage de Stockholm et les mettre en communication avec la ville par des tramways électriques^ reconstruire les vieilles maisons peu hygiéniques et remplacer les ruelles étroites par des 7'ues larges, voilà le remède radical contre la tuberculose.

Si des sommes aussi grandes que celles dépensées maintenant aux sanatoriums, étaient employées pour fonder des emprunts auxiliaires avec des facilitées de payment ou pour procurer des habitations salubres aux ouvriers et aux gens peu aisés, on aurait peut-être trouvé un moyen plus énergique et certainement plus durable de protéger les gens contre la tuberculose. La lutte contre la tuberculose doit en premier lieu avoir pour but de prévenir la maladie, en second lieu de la guérir, quelque importante que soit cette dernière chose. La tactique indiquée amènerait même des avantages pour les communes.

Quant aux différents locaux qui doivent être l'objet d'améliorations sanitaires, la paroisse de Nikolai vient en premier lieu. Cette paroisse peut être désignée comme un grand foyer de tuberculose. La mortalité générale et surtout la tuberculose prospèrent dans ses taudis sombres. Le taux effrayant de la mortaUté par tuberculose, soit 47,3 sur Vooc, exige la démolition des maisons insalubres, la construction de rues larges et claires et la défense de chambres obscures. Il serait bien aussi d'une grande utilité d'instruire le public du danger qui menace surtout les enfants.

Le centre de la paroisse de Nikolai entre les rues Osterlânggatan et Vàsterlânggatan jusqu'à Stortorget doit être reconstruit. Par contre, il n'y a pas de raison hygiénique pour la reconstruction de la contrée située entre Stora Nygatan et Màlartorget.

Nos tableaux, les figures et le plan indiquent du reste le mieux quels autres quartiers doivent être reconstruits.

Le carré formé par les rues Kocksgatan, Ostgôtagatan, Skânegatan et Renstjernasgatan dans la paroisse de Katarina constitue un grand centre de tuberculose. La grande activité de construction qui depuis quelques années règne dans ces quartiers, où les vieilles bicoques

pittoresques coiniiicnccnicnt a cire l'cmplacees i)at" de jurandes maisons en pierre, est une garantie que ce centre va bientôt disparaître, pourvu que le système des sous-locataires dans les cli.ambrcs ne se développe jjas trop dans les casernes ouvrières qu'on est en train de construire, l'endant les années 1896 — 1900 le taux de la mortalité par tuberculose était aussi élevé que 39,3 dans ce centre. Il serait sans doute très bienfaisant, si l'on pouvait établir un parc dans cette région.

Puis vient le Skeppsbron, qui doit être changé en un centre commercial. Le Vooo de tuberculose y était 37,9.

Dans la paroisse de Katarina il faut aussi penser à l'amélioration des contrées situées au Nord de Mosebacke et de l'église de Katarina. Il est à espérer que les vieilles maisons insalubres de ces contrées seront démolies sous peu pour donner place au nouveau chemin d'accès proposé.

Dans la paroisse de Maria il faut faire attention au "/ooo élevé de tuberculose dans les casernes ouvrières nouvelles, dont le système des sous-locataires a déjà fait des foyers de contagion.

La région entre Hornsgatan et Mariaberget demande aussi la reconstruction, surtout les quartiers autour de Brànnkyrkogatan et de Tavastgatan.

Au Kungsholmen le système des sous-locataires menace les maisons nouvelles, lesquelles sont du reste hygiéniques.

Au Normalm il n'y a que peu de foyers de tuberculose d'un caractère grave. Dans la paroisse de Klara aucun. Dans la paroisse de Jacob la démolition ou la reconstruction des maisons les plus dangereuses s'eftectuera bientôt, puisque la prolongation de Kungsgatan passera par ces quartiers. Dans la paroisse de Johannes les maisons situées entre les rues Johannesgatan, David Bagaresgatan et Birgerjarlsgatan doivent être l'objet de quelques mesures efficaces. Plusieurs de ces maisons sont vieilles et contiennent de mauvais galetas, où prospère la tuberculose. Le taux de la mortalité par tuberculose y est 28,8.

Dans les casernes ouvrières, qui sont construites dans le district de Vanadis, il faut suivre avec attention le système des sous-locataires dans les chambres, système qui s'y développe de plus en plus.

Dans la paroisse d'Adolf Fredrik il faut démolir les vieilles bicoques qui se trouvent en deçà de l'Observatorielund, groupe 19, où le taux de la mortalité par tuberculose est aussi élevé que 32,7 et il faut les

remplacer par des maisons nouvelles et salubres, ce qui arrivera aussi bientôt, vu que Sveavâgen passera par là.

La tuberculose menace aussi d'envahir quelques quartiers nouveaux du Vasastaden près d'Odengatan.

Dans la paroisse d'Ostermalm ce sont surtout les quartiers de Roslagstorg qui sont le siège de la tuberculose; elle prospère dans leurs vieilles bicoques, lesquelles disparaîtront bien sous peu. Une régularisation de cette région est indispensable.

Aussitôt que tous les changements indiqués ci-dessus auront été effectués, il y a tout lieu d'espérer que la mortahté par tuberculose à Stockholm pourra être réduite au moins au même niveau qu'à Copenhague, soit au-dessous de 20.

La reconstruction de la ville et son embellissement par des parcs etc. n'a donc pas seulement un but esthétique, mais aussi un but tout sanitaire pour empêcher la tuberculose de s'emparer d'elle. Mais il est de la même importance de munir Stockholm d'habitations ouvrières à bon marché et où règne l'hygiène; ces habitations doivent se trouver au voisinage immédiat de la ville et être mis en bonne communication avec le centre de la ville.

Voilà le but le plus proche de la lutte antituberculeuse à Stockholm.

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