Stockholm
Pendant les dernières années une diminution relative quant au nombre des décès par tuberculose s'est faite à Stockholm, capitale du royaume comptant en 1904 un peu plus de 318,000 habitants. Les calculs suivants faits par M'^ K. Linroth, Président, pour les années 1871 — 1903 sont très suggestifs à cet égard. Il divise ces 32 années en 6 périodes de 5 ans et une période de 2 ans (1901 — 1902) et montre que pour un groupe de 10,000 habitants les décès par tuberculose étaient pour les périodes respectives 38,8; 40,8; 35,9; 31,6; 27,2; 24,9 et 23,9, ou, si le nombre de décès par tuberculose pendant la première période se met à loo, le nombre pour les autres périodes sera respectivement: 105; 92; 81; 70; 64; 62. En 32 ans la mortalité tuberculeuse a donc diminué à Stockholm de 38 "/„, ce qui fait en moyenne un peu plus d'un "/„ par an.
Malgré cette diminution, les ravages de la tuberculose pulmonaire sont toujours considérables. La mortalité totale à Stockholm pendant la période 1871 — 1895 était de 114,716 personnes, dont 16,183 furent victimes de la phtisie; tous les 7 décès étaient donc causés par la phtisie. Si l'on écarte de ce calcul les enfants en bas âge et les personnes âgées, chez lesquels prédominent beaucoup d'autres causes de décès, et qu'on ne compte que les âges entre 10 et 40 ans, chaque troisième décès est causé par la tuberculose (Linroth).
Les chiffres suivants donnent un aperçu de la mortalité tuberculeuse à Stockholm pour l'année 1903.
hommes femmes total
Morts par tuberculose pulmonaire 373 287 660
» cérébrale 38 46 84
» osseuse ou articulaire . . 5 2 7
» dans d'autres organes . . 46 39 85
total 462 374 836.
Tous les décès étaient cette année du nombre de 4,409.
Le comité institué par la Commission municipale de santé pour l'organisation du traitement des phtisiques de la capitale a conclu dans son rapport du i. oct. 1897 à la nécessité urgente de la fondation d'étabHssements, où seraient soignés les tuberculeux,
Un relativement grand nombre de tuberculeux étaient déjà soignés dans les hôpitaux publics de la commune, bien qu'en règle on n'y admette que des cas de tuberculose compliqués avec d'autres maladies externes ou internes, qui demandent un traitement hospitalier.
M^ le Professeur K. Linroth, alors (1896) Premier médecin de la Ville, plus tard Président de l'Administration médicale de la Suède était le premier qui dans un mémorial présenté à la Commission municipale de Santé élaborait un projet complet pour l'organisation du traitement des tuberculeux de la capitale.
La démarche la plus importante qui incombait à la commune serait selon lui: 1:0) de fonder un sanatorium pour le traitement des phtisiques au début de la maladie, 2:0) d'organiser un asile pour les cas plus avancés. »Ce sont surtout les cas avancés qui contribuent à la propagation de la maladie. Ces malades sécrètent journellement de si grandes quantités de matières virulentes que leurs habitations deviennent de véritables foyers d'infection. La pensée s'impose donc d'isoler ces malheureux, comme on isole ceux atteints d'une maladie contagieuse aiguë dans des hôpitaux épidémiques; mais en y réfléchissant un peu plus, on trouvera que dans ce cas la contrainte se concilie mal avec les exigences de l'humanité. Comme ces malades sont à considérer comme inguérissables, leur isolement durerait pendant tout le reste de leur vie; or, séparer le mari de sa femme, les parents de leurs enfants serait une atteinte injuste à la vie de famille. Mais parmi ces malades il y en a beaucoup qui ne demandent pas mieux qu'à être reçus dans un asile . . . .»
Dans ce mémorial M"^ Linroth proposait aussi que la commune devait opérer à ses frais la désinfection des habitations des tuberculeux et se charger de la publication et de la propagation d'ouvrages .sur la tuberculose dans le but de conseiller et de diriger le public.
En vertu de ce mémorial et après qu'un projet détaillé eut été élaboré par le comité, le Conseil municipal se décida à faire élever un bâtiment isolé pour le traitement de tuberculeux curables sur le territoire de l'hôpital de Sabbatsberg, ainsi qu'un asile pour les cas avancés à l'hôpital St. Goran, en attendant qu'il déterminât éventuellement de fonder un sanatorium.
Le pavillon pour tuberculeux à Sabbatsberg.
L'assiette du pavillon, c|ui fut ouvert le i6 déc. 1H99, fut choisie de manière qu'on eût de là une bonne vue sur les environs, qui offrent des promenades nombreuses, tantôt unies, tantôt pourvues de montées.
Le bâtiment, dont les frais de construction s'élevaient à environ 84,000 kr. {= 116,805 francs), comporte un rez-de-chaussée et deux étages. Les deux étages, dont l'un est occupé par les hommes, l'autre par les femmes, sont de la même grandeur et de la même disposition. Ils contiennent du côté sud du corridor, qui court le long du bâtiment, , 2 chambres à 2 lits, 2 chambres à 3 lits et une salle à 6 lits (total pour les 2 étages 32 lits).
Le bâtiment comprend en saillie, du côté nord du corridor, diverses chambres d'habitation etc.
Le rez-de-chaussée contient, du côté sud du corridor, une salle à manger commune à tous les malades, à côté de laquelle sont disposées diverses chambres de dépôt et d'habitation.
Les galeries de cure se trouvent sur le devant du rez-de-chaussée. Ces galeries, qui sont larges de 3 m., hautes de 4 m. facent le midi; elles sont donc parfaitement a l'abri des vents du nord; par leur forme incurvée on a voulu empêcher les vents venant de l'ouest et de l'est de les balayer dans toute leur longueur. Cette forme offre aussi un abri contre les vents du nord-ouest et du nord-est.
Pour protéger encore les malades contre des vents importuns, on a muni les galeries de plusieurs groupes de fenêtres à mécanique; on peut donner la position voulue à ces fenêtres selon la direction du vent.
Entre deux des piliers supportant le toit de la galerie se trouve un groupe de 4 fenêtres mobiles, tournant sur des pivots; chacun de ces groupes se règle par une mécanique.
La ventilation des chambres s'effectue par les fenêtres, qui restent ouvertes jour et nuit; de cette manière l'air pur entre directement dans les chambres sans être vicié par le passage à travers de tuyaux ou en passant par dessus des surfaces de chauffe, lesquelles sont toujours difficiles à tenir indemmes de poussière.
Le châssis supérieur des fenêtres s'ouvre en dedans.
L'air vicié est extrait par des tuyaux aëriques pratiqués dans les murs.
Le chauffage se fait à l'eau chaude, qui circule dans des tuyaux. L eau est chauffée dans deux chaudières en fonte placées des deux
côtés de l'escalier du rez-de-chaussée. — Des radiateurs sont installés dans les chambres.
Tout le bâtiment est éclairé à l'électricité. Les carrelages en cément sont couverts de linoléum.
La section pour tuberculeux de l'hôpital St. Gôran.