REPARTITION DE LA TUBERCULOSE SUR L'ÉTENDUE DU TERRITOIRE
Si Ton prend les renseignements par villes et si on les réunit par départements, on arrive à un groupement assez grossier, mais qui donne un point de départ pour une recherche des plus importantes.
Je dis que ce groupement est un peu grossier, parce que, à côté des départements qui nous renseignent sur la majeure partie de la popula-
Brouaroel. — Tuberculose. 4
tiou, il en est d'autres pour lesquels la statistique ne porte que sur Ije vingtième de la population totale. 11 ne s'agit donc que d'une simple indication. Mais celle-ci est précieuse, car elle permet de constater qu'en France il y a trois foyers principaux de tuberculose.
Le premier part de Paris et des départements circon voisins et s'étend vers le nord jusqu'à la Seine-Inférieure, à l'ouest, et jusqu'au département du Nord, à l'est.
Le second comprend les départements de l'ancienne Bretagne avec la Mayenne,
Le troisième enfin a pour centre Lyon et s'étend depuis le Jura et l'Ain jusqu'au Gard, le long de la vallée du Rhône (Fig. 2).
Ces foyers ont des centres, les grandes villes, celles-ci contaminent les villes et les villages qui les entourent et créent ces zones tuberculeuses que je viens de signaler.
Ainsi, Paris exporte ses phtisiques ; nous connaissons, au moins en partie, son exportation administrative. Nanterre, sur 154 décès phtisiques, eu compte plus de 100 dans la maison des vieillards où on recueille des malheureux hos-
HorUIitâ par Tuberculose
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n (le la tuberculose.
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pitalisés par Paris, ils devraient être reportés au compte de Paris; Gentilly a 63 décès en moyenne par phtisie, 50 sont relevés parmi les hospitalisés de Bicètre; Paris envoie des malades à Saint- Maurice (Maison dite de Vincennes), à l'asile des Vieillards de Saint-Denis, à la Maison de retraite des ménages à Issy, etc. On peut donc administrativement établir que, dans le département de la Seine, Paris charge certaines localités de la banlieue de plus de 300 décès tuberculeux. Par renseignements administratifs, on peut également constater que Paris envoie des tuberculeux qui chargent la mortalité des villes d'autres départements. Berck-sur-Mer a une mortalité tuberculeuse de 74 pour 10000; or, sur une moyenne annuelle de 48 décès tuberculeux il y en a 32 dans les asiles où Ton reçoit des jeunes Parisiens; à Clermont (Oise), où Paris exporte un certain nombre d'aliénés, sur une moyenne de 32 décès tuberculeux, 33 succombent à Tasile d'aliénés. Il en est de même à l'hospice de Brevannes.
Ce sont donc tout d'abord les gros foyers, les villes, qu'il faut envisager dans la lutte à entre-
prendre, il est donc permis de circonscrire les premiers efforts.
Mais ces gros foyers, doit-on les considérer comme formant des blocs, dont toutes les parties sont également contaminées ?
Nullement, prenons Paris comme exemple.
La preuve a déjà été fournie par le D"^ Jacques Bertillon, dans une étude sur la mortalité par tuberculose dans les différents arrondissements. Si on reprend la question pour la période 188i- 1896, « 16 ans », on voit que, dans le Xiy° arrondissement, 10.000 habitants comptent chaque année 80 décès par tuberculose, tandis que dans le VIII® arrondissement un même groupe n'en perd que 22 : quatre fois moins.
Il y a donc à Paris :
Pour 10,000 habitants 49,3 décès par tuberculose ;
8,6 décès par bronchite chronique.
Soit au total 57,9 décès par ces deux affections pulmonaires réunies pour 10,000 habitants. ,
Mais l'arrondissement lui-même ne forme pas un bloc irréductible.
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