COHABITATION
Les vaches tuberculeuses toussent, et pendant les quintes de toux, projettent des mucosités bronchiques chargées de bacilles. Ces produits de l'expectoration desséchés et réduits en poussière entretiennent l'infection de l'élable, et sont un danger non seulement pour les animaux sains, mais pour l'homme qui est appelé à leur donner ses soins.
M. Nocard cite des faits observés en Beauce, où, pendant l'hiver, les paysans passent les Ion-
V\i CONTAGION DE LA TUBERCULOSE
iTues soirées d'hiver dans les élables, de manière à économiser le combustible, lin de ses élèves lui rapportait notamment que trente et un de ses clients ont leur étable infectée depuis plusieurs années,el que dix-neuf d'entre eux avaient vu la tuberculose frapper les membres de leur famille, faisant dans chacune d'elles d'une à quatre victimes.
Il serait intéressant d'étudier ce modedepropasration dans certaines contrées de France, en Auver;:iie, par exemple où. non seulement on passe la soirée dans les étables, mais où tout le monde couche pendant l'hiver.
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La contamination pir les viandes tuberculeuses a été démontrée par Chauveau.
La virulence rêsid*? dans les lésions tubercnleu>-*s elles-mêmes ou dans les matières qui ont é'»f ^l'Uill-^es par leur ot'ntii. l, mais, au moins fiif^z ]•'> hovidés, le San:: et I**s muscles ne renf*fmi-Tit »!- l'acilles tuh ^rci:!o'.î\ que dans les cas
VIANDES TUBERCULEUSES 63
exceptionnels où la tuberculose s'est généralisée. Depuis 1890, les divers Congrès internationaux ont donc proclamé que Ton peut, sans danger pour le consommateur, utiliser la viande des animaux atteints de tuberculose localisée.
Le 26 septembre 1896, le Ministre de l'agriculture a rendu un arrêté prescrivant la saisie totale des viandes provenant d'animaux tuberculeux :
l^ Quand les lésions tuberculeuses, quelle que soit leur importance, sont accompagnées de maigreur ;
2° Ouand il existe des tubercules dans les musdes ou dans les ganglions intra-musculaires ;
3^ Quand la généralisation de la tuberculose se traduit par des éruptions miliaires de tous les parenchymes et notamment de la rate ;
4*" Quand il existe des lésions tuberculeuses importantes, à la fois sur les organes de la cavité thoracique et sur ceux de la cavité abdominale.
Dans tous les autres cas, la viande peut être mise en vente après saisie et destruction des origanes tuberculeux.
Malheureusement cet arrêté ne peut être exécuté
(14 COSTACilO.N DE L* TUBERCULOSE
([UP dans les graniles villes où les abat Loirs sonl soumis à l'inspection. Les tueries particulières échappent à toute surveillance et c'est là qu'on abat les vaclies phtisiques, les porcs ladres, les animaux ayant une maladie quelconque pouvant entraîner le rejet à l'inspection, Ces viandes nuisibles entrent ensuite dans la consommatioa, soit comme viandes fraîches, soit sous forme lif pâtés ou de saucissons, dont n'ont pas été exclus les viscères tuberculeux.
Un autre danger est le colportage des viandes en morceaux. Il existe, surtout dans les grandes villes, des bouchers qui reçoivent chaque jour, en petite quantité à la fois, des quartiers de viande qui leur sont adressés par des boucliers de province. Ces viandes échappent à tout triMe.
Nocard rappelle que l'article 63 du code rural ife 18'J8 rend pour les mumcîpalitésrm,s/jec/io«/!j cuUatwe,ce qui équivaut k la suppression df toute prescription tutélaire pour la Santé blique.
Le Congrès international d'hygiène de 190 la suite des rapports présentés par MM. Ch. M»
VIANDES TUBERCULEUSES 65
rot et Barrier (1) a appelé « Tattention des gouvernements sur la nécessité de rendre Tinspection des viandes générale, obligatoire et uniforme, afin de rétendre à toutes les localités, à tous les animaux de boucherie, à toutes les viandes sans distinction de provenance ou de destination ».
Une disposition semblable a pu être réalisée dans un pays voisin et Nocard est en droit de demander qu'en France « les viandes destinées à Talimentation publique ne puissent être colportées et mises en vente que si elles sont pourvues d'une estampille, prouvant qu'elles ont été reconnues saines par un inspecteur compétent ; l'inspection devrait être faite partout, dans les villages comme dans les villes. On peut l'organiser à peu de frais, sur des bases analogues à celles qui sont adoptées par la Belgique ».
(1) Ch. Morot et Barrier, Des conditions à réaliser et pour généraliser et unifier l'inspection des viandes dans les abattoirs publics, les tueries particulières et les établisse^ ments de préparation et de vente (Rapport au Xe Congrès international d'hygiène. Annales d'hygiène publique et de médecine légale, III* série, t. XLIV, 1900, p. 300). Brouardel. — Tuberculose. 5
Si le danger de contamination par les bovidés est relativement rare, il n'en est pas de même pour le porc tuberculeux, dont le tissu musculaire est beaucoup plus souvent et surtout beaucoup plus rapidement virulent que celui du bœuf. Malheureusement, bien que le danger soit plus grand, aucune dés mesures sanitaires actuellement en vigueur n'est applicable à la tuberculose du porc. C'est là une lacune regrettable, car la viande de porc entre pour une grande part dans l'alimentation des habitants peu aisés des villes et des campagnes ; souvent, surtout quand elle est fumée, elle est mangée crue ou mal cuite; aussi il importe :
« Que la tuberculose du porc soit ajoutée à la liste des maladies visées par la loi sur la police sanitaire des animaux et que les inspecteurs des viandes soient plus sévères pour les porcs que pour les bovidés tuberculeux. »