PAR
Paul BROUARDEL
Doyen de la Faculté de Médecine de Paris Membre de l'Institut
PARIS LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE et FILS
Rue Bautefenille, 19, prés le boulevard Saint-Germain.
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En 1900, le Ministre de rint(^rieur a constitué une commission chargée de rechercher les moyens pratiques de combattre la propagation de la tuberculose.
Celle-ci a pensé que, en tête de ses conclusions, elle devait inscrire la nécessité de faire pénétrer, dans l'esprit de tous, les ' notions aujourd'hui admises par les médecins de tous les pays. Réclamer l'intervention des pouvoirs publics, des législateurs et des administrateurs, avant que l'opinion publique ne soit en parfaite concordance avec les hygiénistes, serait faire une œuvre
stérile. Quand une loi intervient dans des habitudes journalières, consacrées par de longues traditions, si celui qui la doit appliquer n'en connaît pas les raisons impérieuses, elle n'est pas observée.
Aussi la commission a fait appel à la bonne volonté de tous ceux qui ont dès maintenant leur conviction faite, elle leur a demandé de se mettre en rapport avec les associations patronales et ouvrières, avec les associations populaires d'enseignement, pour leur expliquer l'immense intérêt que chacun de ses membres a dans la lutte contre la tuberculose.
Notre devoir est donc de faire l'éducation
antituberculeuse de la population.
Gomme président de V Association Poli/techniquCy j'ai tenu à mettre à exécution le vœu formulé par la commission. J'ai réuni les professeurs d'hygiène, et les délégués des diverses sections. Je leur ai
PREFACE i
exposé la question et je les ai priés de porter à la connaissance de leurs 12.000 élèves les principes sur lesquels peut se fonder la lutte contre la tuberculose.
C'est le résumé de ces conférences que je livre aujourd'hui au public.
J'ai tâché dé ne mettre dans ce travail de vulgarisation que les faits absolument démontrés, ceux qui semblent dès maintenant en dehors de toute discussion.
J'ai voulu prouver que, si la tuberculose est contagieuse^ elle est èvitable^ que de plus elle est curable.
Si j'ai réussi, il faut que ceux qui sont convaincus deviennent eux-mêmes des agents actifs dans cette croisade. Le succès dépend d'eux, de leur activité, il faut qu'ils soient persuadés que leur préservation personnelle, celle de leur famille, de leurs amis est entre leurs mains !
Il s'agit d'une œuvre nationale, d'un pé-
ril public ; rester înactifs c'est accepter la défaite. Les peuples voisins ont entrepris, la lutte avec un succès qui assure le nôtre, si nous ne nous abandonnons pas nousmêmes.
P. Brouardel.
20 février 1901.
GONTIiE
INTRODUCTION
Il meurt chaque année en France plus de 150.000 tuberculeux; un décès sur cinq est le fait de la tuberculose. Or cette maladie est évitable, de plus elle est curable. Le corps médical de tous les pays accepte ces deux propositions.
Depuis quelques années, les nations qui nous entourent ont engagé la lutte contre la tuberculose, elles ont obtenu des résultats favorables. L'expérience montre en effet que l'application de mesures bien coordonnées, la persévérance dans Teffort permettent de diminuer le nombre de ceux qui sont atteints et de guérir beaucoup de ceux qui sont déjà frappés.