INFLUENCE DES MILIEUX COLLECTIFS
8. — INFLUENCE DES MILIEUX COLLECTIFS SUR LA DISSÉMINATION DE LA TUBERCULOSE DANS LES CAMPAGNES.
On ne saurait trop insister sur la gravité de la situation que les collectivités rayonnantes créent aovir la nation. Elles sèment la tuberculose dans es campagnes.
Quand un soldat tuberculeux est réformé il se rend à la chaumière familiale, qui est loin de présenter les conditions hygiéniques les meilleures : le logis est souvent mal éclairé, mal v^entilé, humide, parfois le plancher n'est constitué que par de la terre battue. Dans ce milieu insalubre le tuberculeux, en contact de tous les instants avec ses frères^ ses parents jusque-là bien portants, tousse et crache au hasard; toute la maison est souillée et ce foyer de tuberculose familiale s'étend bientôt à tout le village.
A côté de cette exportation, il en est une autre tout aussi grave.
Lorsqu'un jeune homme ou une jeune fille de
province, qui est venu à Paris pour faire ses éludes, pour se placer dans le commerce tombe malade, il retourne dans sa famille et succombe à la maladie contractée à Paris.
Il en est ainsi tant que cet homme n'a pas constitué de famille. Si au contraire celle-ci est formée, souvent Tenfant est élevé à la campagne chez les grands parents et s'il est élevé à Paris et tombe malade, on le place chez un membre de la famille qui est resté en province.
Dans tous les cas d'ailleurs, lorsque la famille d'un malade habite la campagne et lorsqu'elle possède des ressources suffisantes, on fait luire comme un dernier espoir pour le tuberculeux le séjour à la campagne, les bons effets de l'air natal, et le médecin lui-même se prête volontiers à ce mode d'exportation. Le chiffre des tuberculeux avérés émigrant ainsi de la ville à la campagne ne nous est pas exactement connu, mais tous les médecins savent qu'il est considérable.
Pour connaître les résultats de cette dissémination, nous ne possédons que des renseignements officieux recueillis par des personnes dé-