TE
Epreuves de vaccination et protection faites avec le vaccin Zinsser et Ruiz-Castañeda. — Ces auteurs étaient arrivés à immuniser, avec quelques centimètres cubes de vaccin, quelques cobayes ; ceux-ci se montrèrent résistants à l’inoculation de deux souches de virus (souches Mooser et Nicolle), ils firent aussi des essais satisfaisants chez le singe et prouvèrent que le sérum de lapin vacciné avec son vaccin est capable d’agglutiner les Rikettsias du pou ; et le proteus X 19 aussi bien que le sérum de lapins vaccinés avec le vaccin de Weigl est capable d’agglutiner les Rikettsias d'origine orchitique.
A. Parada et Varela purent protéger 50 % des cobayes inoculés avec une suspension à 1/500 (souche Nicolle), dose suffisante pour provoquer chez cet animal un typhus typique. Ils les vaccinèrent avec 3injections de vaccin : 1/2, 1et 1 1/2 cmc. à 7 jours d'intervalle.
L’inoculation fut faite 9 jours après la dernière dose de vaccin ; ils prouvèrent par conséquent que celui-ci est aussi capable de protéger le cobaye contre la souche africaine.
Sanchez-Casco encouragé par ces résultats, et par d’autres qu’il obtint chez le cobaye alla plus loin et fit des preuves de vaccination et protection chez l’homme.
Il se vaccina d’abord lui-même avec un collègue et 4 étudiants en médecine volontaires (3 injections à doses croissantes et à 8 jours d'intervalle) puis 12 individus chez lesquels on n’a pas trouvé aucun antécé-
dent du typhus et présentant une W. Felix négative;
chez tous ces individus la W. Felix se montre faiblement positive 8 jours après la deuxième dose pour disparaître 8 jours après la troisième.
Huit jours après la dernière dose (et 25 jours après la première) il injecte les 12 seconds sujets intra-dermiquement de II gouttes d’une suspension au 1/500 du virus provenant du râclage de la tunique vaginale d'un cobaye infecté. Il a obtenu 75 % de protection, 3 de ces sujets ayant contracté la maladie. Deux témoins non vaccinés ont reçu la même dose de virus ; ils ont fait un typhus très grave, avec une W. Felix fortement positive. Les sujets vaccinés préventivement et qui ont eu le typhus, ont présenté la maladie sous une forme beaucoup plus bénigne que les non vaccinés; injectant le sang de ceux-ci aux cobayes il a pu reproduire la maladie, de même en se servant des poux comme intermédiaires. Les rongeurs présentèrent tous les symptômes de la maladie et dans la vaginale on a trouvé le Rikettsia ; il apporte donc une nouvelle preuve sur le rôle étiologique de ce germe.
Aucune des personnes exposées à la contagion (personnel hospitalier, de laboratoire, infirmier) et vaccinées préalablement n’a encore contracté la maladie. Chez les vaccinés on n’a pas observé d’accident : À. Parada et G. Varela chez 1.050 vaccinés qu'ils ont pu surveiller ont vu un seul cas avec une réaction bénigne.
Ce vaccin est employé maintenant par le Département Sanitaire de Mexico et toutes ses dépendances. Il est appliqué par voie-sous-cutanée à doses croissantes (1/2, 1 et 1 1/2 cmc.) à l'intervalle d’une semaine.
7, FE ent
ASP PS
Aucune réaction générale ne se produit ; comme réaction locale il n’y a qu'une douleur un peu vive mais passagère due à l'introduction du formol dans les tissus. Ilest préparé à l’Institut d'hygiène de Mexico en quantités suffisantes pour le besoin du pays. Dans les 4 premiers mois de 1932 plus de 10.000 doses ont été distribuées dans le pays. On ne possède pas encore de données sur la durée de l’immunisation produite.
Les mesures prises par l'Administration Sanitaire et les résultats obtenus.
L’Administration Sanitaire du Mexique fait une lutte systématique contre le typhus inspirée de toutes les connaissances actuelles sur la matière : transmission du virus par les poux et puces; existence d’un autre réservoir du virus que l’homme, etc. Elle emploie tous les moyens et se sert de toutes les armes prophylactiques reconnues efficaces contre la maladie. Pour faire comprendre au peuple les dangers du typhus et les avantages qu’il y a à se prémunir, ainsi que la facilité avec laquelle ils peuvent tous se procurer les moyens indispensables, on distribue des brochures, des feuilles ; au moyen d'affiches on invite la population à conserver la propreté du corps, des vêtements et de l'habitation. Des médecins font des conférences dans tous les milieux : ouvriers, casernes, écoles, etc. Ces conférences sont illustrées par des projections animées On emploie aussi la T. S. F. et le cinéma pour faire des causeries. La presse collabore avec les autorités sanitaires, par la publication constante d'articles conseillant la lutte contre les poux et la malpropreté qui facilite leur pullulation, contre les dangers des rats et des parasites.