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le niveau culturel du peuple a augmenté. Actuellement, l'organisation de l'hygiène et salubrité publique a acquis un tel développement qu’elle permet d’obtenir de très heureux résultats dans la lutte menée contre ces maladies. On peut s’en rendre compte par l'étude de la campagne menée par le Département sanitaire contre le typhus exanthématique. Celui-ci n’est d’ail-
leurs qu'un des nombreux problèmes que le Dépar-
tement a pris à cœur de résoudre.
Cette maladie (bien qu'isolée seulement en 1836, par Lombard de Genève, du groupe des maladies caracté- : risées comme elle par la stupeur), est connue en Europe depuis l’époque la plus reculée de lhistoire, on n'est pas tout à fait d'accord pour reconnaître l'ancienneté de celle-ci dans le Nouveau-Monde. Néanmoins, les historiens américains sont d'accord pour admettre qu’elle existait déjà avant l’arrivée des Espagnols. Nicolas Léon affirme qu’elle était connue au Mexique des Toltèques qui l’appelaient Matlazahuatl (Matla : signifie plantes à fleurs bleues et Zahuatl : éruption). C’est à elle en grande partie, affirme-t-il, qu'est due la destruction du règne de Tollan.
Les progrès faits ces dernières années en matière de typhus ont permis, à quelques expérimentateurs, d’apporter des preuves qui semblent confirmer cette hypothèse. Il paraît que le mot Cocolixtli, si souvent confondu avec celui de Matlazahenatl, était réservé pour désigner les épidémies.
Au Mexique, Miguel Jiménez (1845) l'appelle Tabar-
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dillo (l'emploi de ce mot dans la littérature médicale mexicaine date de cette époque), et nota quelques différences cliniques, vis-à-vis du typhus de l'Europe. José Terrès tente de prouver que le Tabardillo était différent du typhus de l’Ancien-Monde par ses symptômes cliniques et les conditions étiologiques de son développement ; il arrive même à le considérer comme un syndrome. Cette question de dualité a été mise, tout dernièrement, par Mooser de Mexico, sur le terrain expérimental ; il appela variété américaine le typhus observé dans le Nouveau-Monde. Mais un peu plus tard, tenant compte de l'identité antigénique de toutes les souches isolées dans le monde, de l’apparition de caractères expérimentaux des souches américaines dans trois souches de l’Ancien-Monde, (souches Nicolle, Sparrow et Wolbach), de l’apparition au Mexique des souches isolées en période épidémique (souches isolées par R. Castañeda dans l'Etat de Mexico), qui se comportaient comme celles d'Europe, et après quelques travaux fort remarquables, revient sur ses premières affirmations et conclut à lunité du typhus ; il ne retient plus que des variabilités de virus, dues aux conditions d’adaptation.
Les travaux de Charles Nicolle, Ch. Compte et E. Conseil, sur le rôle du pou dans la transmission de la maladie, restent et resteront célèbres dans l'Histoire du typhus; jusqu'à maintenant, la guerre contre le pou et la malpropreté qui facilite leur pullulation, reste à la base de la prophylaxie. Mais tout dernièrement
de nouvelles découvertes sont venues, sinon à bouleverser les notions acquises, tout au moins à compliquer et alourdir la tâche des Offices qui veillent à la prophylaxie.
Il n’y aurait pas seulement l’homme comme réservoir du virus, mais encore le rat et quelques autres rongeurs. Le pou ne serait pas le seul agent de transmission, mais encore la X. Cheopis et d’autres insectes se seraient montrés capables de transmettre la maladie.
Un champ plus vaste s'ouvre à la science. La prophylaxie s’est enrichie tout dernièrement avec les travaux de Weigl, Zinsser, Ruiz-Castañeda et Blanc sur le vaccin à Rikettsia. Quoi de plus prophylactique que de protéger l'individu lui-même contre tous les vecteurs et tous les réservoirs de virus ?
Partout où la lutte contre le pou a été menée avec vigueur, les épidémies ont été enrayées, oui, mais à quel prix ! Les vaccins à l’étude ont commencé déjà à faire leurs preuves; il semble que la voie est bonne et peut-être, bientôt, nous aurons une arme sûre, puissante, bon marché, avec laquelle nous pourrons lutter, à peu de frais et avantageusement contre ce fléau.
Le Département sanitaire de Mexico s’est intéressé vivement aux derniers travaux faits sur le typhus, et tout particulièrement au vaccin Zinsser et Ruiz-Castañeda, qui présente,comme nous le verrons plus loin, des avantages très grands et a fait des preuves suffisantes pour que ce Département pose en lui ses plus
sérieux espoirs.
Quelques notions sur l’épidémiologie du typhus. :
Au Mexique le typhus exanthématique sévit surtout à la capitale et villes du Plateau Central où la maladie existe sous forme endémique, avec parfois, quelques poussées épidémiques plus ou moins intenses pendant l'hiver. Les cas sont plus fréquents, comme en Europe, chez les miséreux, dans les faubourgs des villes, etc. Un fait remarquable, c’est qu'on le trouve très rarement dans les régions basses (près de la côte) ; le virus semble ne pas pouvoir s’accoutumer à la température des tropiques. On n’observe pas dans ce pays ni dans ces régions le pediculus vestimenti, mais les rats et les puces abondent ; il fait défaut dans les régions qu'abordèrent les conquérants (Vera-Cruz, Yucatan, Tabasco) ce qui serait encore en faveur de l'existence du typhus dans l’époque pré-colombienre.
Quand les travaux de Ch. Nicolle, Ch. Compte, E. Conseil, furent confirmés, même au Mexique, par Riketts et Wilder, on pensa à l'existence d’un seul réservoir du virus, l’homme, et d’un seul vecteur, le pou.
Des raisons théoriques faisaient penser à Nooser que le pou n'était pas le vecteur primitif de la mala-
die. L’adaptation du pou au virus du typhus n’est pas semblable, disait-il, à celle des autres vecteurs vis-àvis du virus qu'ils transmettent, les poux meurent tous de leur infection, ce qui semble prouver que chez le pou la maladie est récente. La ressemblance du typhus à la fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses lui firent suspecter quelques Ixodes, mais il n’arriva pas à pouvoir les infecter.
Zinsser et Ruiz-Castaneda purent infecter le Cimex lectularius et une espèce de dermacentor, sans pouvoir transmettre la maladie au rat en se servant de ces vecteurs.
Macxy en 1926, à propos de quelques cas observés par lui, était arrivé à la conclusion que le typhus endémique du sud des Etats-Unis était incompatible avec la transmission par le pou; il supposa qu'il devait exister, en dehors de l’homme, un réservoir de virus duquel la maladie passerait à celui-là par l’intermédiaire d'un vecteur; il suspecta des petits rongeurs, rats et souris. Home et Weatleand, en Australie, avaient fait avant lui la même hypothèse.
Mooser et Dummer prouvèrent que les souches de virus, isolées par Macxy des cas en question, pouvaient être transmises par le pou, aussi bien que n'importe quelle autre, et que par conséquent, il n'y avait pas de raisons suffisantes pour penser que le mécanisme de transmission de ce virus se faisait par un mode différent. Néanmoins, cette hypothèse ouvrait la voie à de nombreuses recherches d’une portée toute nou-
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Dyer et ses collaborateurs isolèrent aux Etats-Unis (dans des régions où le typhus est endémique) des rats et des puces de rats, dés souches se comportant comme la souche Mooser. Ils prouvèrent, un peu plus tard, que la X. Cheopis est capablé de transmettre la maladie de rat à rat.
Mooser, Ruitz-Castañeda et Zinsser purent isoler, en partant de cerveaux de rats, dans une prison à Mexico, deux souches de virus. Ces auteurs montrèrent aussi que chez le Poliplax Spinulosus, lequel ne vit que sur ces rongeurs, le virus se reproduisait aussi facilement que chez le Pédiculus Vestimenti et se montre capable de transmettre la maladie de rat à rat. Poursuivant cés investigations, ils arriveront à la conclusion qu'en dehors de X. Chéopis le C. Fasciatus, L. Musculi, Cteno Ceptalus canis et Felix, et encore le Palex irritans devaient être considérés comme vecteurs potentiels du virus ; en outre ils remarquèrent que la X. Chéopis est plus résistante que le Pédiculus Vestimenti. Ce qui prouverait, en admettant la théorie de Ch. Nicolle sur les maladies infectieuses, que chez cette puce la maladie est plus ancienne que chez le Pédiculus ; puisqu'en se montrant plus résistante elle paraît mieux adaptée. Pour Mooser, le typhus serait d’origine murine,etson vecteur primitif, la X. Chéopis. Beaucoup d’autres expérimentateurs ont isolé en Amérique et en Europe des souches de virus en partant des rats ; entre autres : Brüumpt à Paris, Marcandiér à Toulon, P. Lépine, Caminopéros en Grèce, Kodama et ses collaborateurs en Mandchourie, Takahashi et Kono,
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pendant des investigations suivies sous la direction de Paz-Soldan, Batinsti ancien collaborateur de Noguchi, et Weiss à Lima. Il paraît que maintenant il faut considérer lé rat comme un réservoir de virus. Quant au mécanisme de passage de celui-ci à l'homme, il n'esi pas complètement élucidé. Kadama et ses collaborateurs affirment que, pour la Mandchourie, la X. Chéopis transmet la maladie. Mooser croit que c’est le seul vecteur capable de le faire. Beaucoup d’auteurs admettent aujourd’hui l'existence du typhus murin transmis à l’homme par la puce au rat. De nombreuses observations ont été faites, à ce sujet, sur des bateaux de guerre français et ailleurs.
Pour Mooser le typhus endémique (mineur,murin ou maladie de Brill), plus bénin que le typhus épidémique (majeur ou historique) serait transmis à l’homme par la puce du rat et conserverait encore très nettement ses caractères originaux. Le passage du virus par le cycle « pou-homme » augmenierait sa virulence ; d’où la différence de gravité en temps épidémique. Le typhus « majeur » plus exposé à des relations biologiques étroites, serait sur le point de les perdre, mais par des passages rat-puce-rat pourrait les acquérir à nouveau, c’est-à-dire les deux virus seraient interchangeables et réversibles.
Nicolle croit à la dualité des virus. Ceux-ci auraient une origine commune (avec ceux que produisent les fièvres exanthématiques) dans une maladie primitivement des rongeurs. Îl ne pense pas, comme Mooser, à leur interchangibilité et réversibilité. Pour lui il y
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aurait une parenté et non identité, bien qu'ils ne se distinguent que par une ‘série de traits divergents de minime importance, du point de vue clinique, expérimental et épidémiologique. Il proposa d'appeler typhus « historique », celui de l’Ancien-Monde et « murin » celui du Nouveau-Monde, Toulon, Athènes, Paris et des autres points du globe où la maladie commune au rat et à l’homme existe.
On sait que le typhus « murin » se distingue, expérimentalement, du typhus « historique » par les réactifs rat et cobaye ; celui-ci est réactif pour les deux, le « majeur » se fixant électivement sur le cerveau et le « mineur » sur le testicule où les Rikettsias confluent ci le rat n’est réceptif que pour le « murin », le « majeur » produisant chez ce rongeur une infection « inapparente ». Pour les distinguer, Nicolle propose d’employer, comme réactif, le rat.
Hélène Sparrow et Nicolle font remarquer que le rôle joué par les ectoparasites du rat ne serait jamais aussi important que celui joué par ces vecteurs dans la transmission de la peste. Le typhus ne tue pas le rat et ces parasites doivent se voir rarement contraints d'abandonner leur hôte habituel. Cette vérité ne serait pas suffisante pour que la prophylaxie ne tienne pas compte de ces notions nouvellement acquises.
Si la découverte n’est pas, au point de vue épidémiologique, aussi grande qu'on l'avait pensé, le fait que le typhus soit transmis à l’homme par la puce du rat rentre dans le cadre de nos connaissances, et les Offices qui veillent à la prophylaxie doivent en tenir compte.
Vaccin à Rikettsia.
Riketts et Wilder découvrirent le Rikettsia dans le sang des malades et des poux trouvés sur eux. Prowazek confirma leur découverte. Les travaux de Sergent, Foley, Vialatte, et surtout ceux de Rocha- Lima apportèrent de nouvelles preuves sur le rôle étiologique de ce micro-organisme; dernièrement ceux de Weigl, Mooser, Zinsser et Ruiz-Castañeda, etc. en ajoutent d’autres. Presque tous les auteurs sont maintenant d’accord pour considérer Rikettsia-Prowazek comme l'agent pathogène de la maladie, mais ils ne sont pas encore tous unanimes. En fait, peu importe à la prophylaxie de connaître l’agent véritable, pourvu que Rikettsia vaccine contre la maladie et toutes ses variétés (si elles existent). On sait que des virus différents, quoique homologues, se prêtent au rôle de vaccin.
Riketts avait décrit des lésions scrotales chez des cobayes inoculés avec le virus de la fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses.
C’est en 1917 que Neïll signala l’existence de lésions testiculaires chez le cobaye inoculé de typhus (rougeur et gonflement des bourses avec inflammation à ten-
dance hémorragique de la tunique vaginale). Après lui,
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quelques autres auteurs expérimentant avec le même virus nièrent toute propriété pathogène pour le cobaye; d’autres ne l’admirent qu'avec doute, et il y en eut (José Zozaya) qui émirent l'hypothèse de l’existence, dans le sang des malades, de deux virus, dont l’un ne serait pathogène que pour le cobaye.
Mooser en 1918 fait quelques observations sur ces lésions. Plus tard, dans une série de travaux poursuivis depuis 1928, il montre d'abord la régularité avec laquelle elles se produisent chez le cobaye, employant des souches de virus mexicain, et note la présence dans les cellules épithéliales de revêtement de la tunique vaginale, de petits éléments bacilliformes identiques au Rikettsia. Il le prouva plus tard avec Ruiz- Castañeda du point de vue microscopique et expérimental.
Il constata, en plus, que la localisation principale du virus se fait autour du testicule ; ces notions très importantes servirent plus tard à Zinsser et Ruiz-Castañeda pour préparer son vaccin.
Sanchez-Casco a prouvé récemment que les Rikettsias de la vaginale du cobaye infecté sont capables de provoquer la maladie chez l’homme : il injecta par voie intradermique deux gouttes d’une suspension au 1/500 du raclage de la vaginale du cobaye infecté. Zinsser et Ruiz-Castañeda ont montré que l'infection. produite avec ce raclage résiste aux preuves de l’immunité croisée. Gavino Girard et beaucoup d’autres auteurs avaient montré l'identité antigénique des virus.
Nicolle était arrivé à protéger des cobayes contre la
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souche Mooser en employant le sérum apporté par lui au Mexique d’un malade de typhus d'Afrique. Les vaccins Ruiz-Castañeda, Zinsser et Weigl préparés à base de Rikettsia confèrent l'immunité croisée : le sérum des lapins vaccinés, agglutine le Rikettsia d'origine différente. Il semble donc, notion capitale, qu'un vaccin préparé à base de Rikettsia puisse protéger l'individu contre n’importe quelle souche de virus.
Beaucoup d'auteurs ont essayé de trouver un remède préventif qui puisse protéger contre la maladie,entre autres : Salim Bey, Nemde, Molleres et Wolf, Nicolle, Rocha-Lima, etc.
La méthode préconisée par Nicolle (immunisation avec des doses sous-infectieuses de virus à pleine toxicité augmentées graduellement jusqu’à doses infectieuses) de même que celle préconisée par Weil et Breinl (inimunisation combinée passive-active) ne sauraient être acceptées selon Weigl pour les raisons suivantes : 19 l'impossibilité d’un dosage individuel exact des vaccins ; 2 la probabilité d'un certain pourcentage de résultats négatifs sous forme d'infections typhiques classiques ; 30 le fait que le sujet vacciné avec le virus vivant peut devenir porteur de l'infection typhique, son sang contenant alors du virus capable d’infecter le pou. Les résultats obtenus avec les vaccins de Weigl, Zinsser et Ruiz-Castañeda, tous les deux préparés à base de Rikettsia, semblent prouver que c’est là la meilleure voie à suivre pour trouver une solution, plus ou moins complète, de ce problème
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qui intéresse tout naturellement tous les hygiénistes.
Ce fut Rocha-Lima qui fit les premiers essais avec un vaccin préparé à base de Rikettsia, mais sans obtenir de bons résultats.
Weigl en 1930 injectant les poux par voie rectale, obtint des infections massives dans un cent pour cent des poux employés ; c’est en partant des intestins de ces poux que ce savant faisant des suspensions au sérum physiologique phénolé, contenant 100 tractus de pou par centimètre cube, prépare son vaccin. Les bons résultats et les preuves faites avec celui-ci ne sont plus à vanter. Mais on se rend compte tout de suite de la délicatesse d’une telle technique et de l'énorme difficulté qu’il y aurait à se procurer de grandes quantités pour suffire aux besoins d’une contrée ; ces deux inconvénients font que ce vaccin n'est employé que dans de petits foyers épidémiques ou pour sauvegarder le personnel médical, sanitaire ou infirmier fréquemment exposé à l'infection.
Aux Etats-Unis on essaie un vaccin fait en partant des puces. Le D' Blanc a dernièrement préparé un vaccin atténué, en milieu biliaire en partant du produit de trituration de vaginale et de rate de cobaye infecté de typhus « murin ». D’après lui on arrive à produire l’immunité contre le virus « murin » de Casablanca, de Toulon, et contre le virus a typhus « épidémique » ou « historique ».
Voici les conclusions auxquelles il est arrivé :
1° Il est possible en additionnant de la bile de bœuf ou virus typhique « murin » constitué à partir de la