I. Rymer, t. i, p. 189. Analecia, l.. c. Col
d'abord vers Henri II qui le reçut froidement, puis dans le pays de Galles. Il y avait là une poignée d'aventuriers normands, seigneurs ruinés ou endettés et prêts, pour se refaire, à tous les coups de lance. Ils avaient pour chef Richard, comte de Pembroke, surnommé Stronghoghe, /e fort arc/ier {^). Le roi de Leinster n'eut pas besoin de négocier longuement pour obtenir l'appui de ces paladins en quête de terres, d'autaut plus qu'ayant emporté avec lui des sommes considérables il promettait une solde. L'été suivant, cent quarante chevaliers suivis de leurs hommes d'armes descendaient en Irlande et rejoignaient Dermod caché dans un monastère. Quand les gens de la côte aperçurent pour la première fois ces hommes de fer, tenant des lances de huit coudées, montés sur de grands chevaux également bardés de fer, et traînant après eux des machines inconnues, ils furent saisis de terreur et coururent s'enfermer dans la ville danoise de Wexford après avoir brûlé leurs villages et leurs moissons.
L'usage des armures était encore peu connu chez les Irlandais ; par bravade, ils les méprisaient ; tout au plus se garantissaient-ils au moyen d'un casque et d'une cuirasse en cuir bouilli ; ils portaient une courte lance, une large épée, de légères flèches et un bouclier rond. Ce qui les rendait redoutables, c'était leur impétuosité et l'adroit maniement d'une hache d'acier traversant les côtes de mailles les mieux trempées et appelée spartlie. Seuls les hommes libres pouvaient la porter, et ils la tenaient toujours à la main. En présence des armées de la féodalité, les Irlandais se trouvèrent donc dans la même infériorité, que leurs ancêtres de Bretagne devant les légions disciplinées de l'empire romain.
Dermod, à la tête de ses forces, avait rejoint les Normands. Wexford fut pris d'assaut et le royaume de Lagheniagh reconquis. Cependant cinq mille Irlandais d'Ossory, retranchés dans les bois et les marais, arrêtèrent l'expédition ; on les attira dans la plaine par le vieux stratagème d'une fuite simulée, puis la cavalerie normande tomba sur eux à rangs serrés, invulnérable aux flèches. Les Irlandais, montés sur des chevaux de petite taille, ne purent résister au choc des grands