Docum., p. 56 etsuiv
3. Docum,, p. 78 , analyse des pièces relatées dans la protestation des électeurs de Perpignan.
ce comptable^ ce magistrat^ cette providence qui réside à la préfecture ?
La commune n'est qu'un paysan collectif, végétant dans la pauvreté et la dépendance. Ceux qui, voulant briser d'anciennes résistances, ont émietté le pays, oublièrent qu'aux êtres moraux comme aux corps animés, il faut de Tair pour respirer, de la place pour vivre. Les petites communes (et elles sont innombrables) sont demeurées de vrais enfants; grandes ou petites d'ailleurs, aux yeux de la loi, toute commune est une mineure. Les plus mineures, comme chacun sait, ce sont les deux plus grandes. Procès, travaux, revenus, voirie, vaine pâture, tout se règle au chef-lieu, voire au ministère. La plupart, n'ayant ni octroi, ni marchés, ni péages, vivent des aumônes du département ou du trésor : toute commune est une mendiante. On le voit bien, hélas! en temps d'élection. Le tentateur n'a pas besoin de faire luire à leurs yeux les royaumes de la terre; un bout de chemin, une passerelle, une fontaine, un clocher sur l'église du village, comblent les rêves des pauvres gens. Par une heureuse coïncidence, le bienfait a coutume de tomber la veille du vote. Tous les six ans reviennent ces jours de grâce, où l'administration est toute à tous, aussi prodigue de ses largesses qu'uu
prince en joie d'avènement. Ces madrés villageois le savent, et d'un air naïf ils font leurs conditions. € Si nous pouvions acheter la Gravelière, quel bon chemin on en ferait! » — Mais la Gravelière vaut 500 francs^ — c'est un prix— et la commune n'a que iOO francs dans sa caisse. — Patience ! voici le 30 mai; brûlez un cierge à l'opposition. On afBche une dépêche de Grenoble, le préfet donnera 300 francs^ « Espérant que les habitants apprécieront cette marque de sollicitude^ et auront à cœur d'y répondre en manifestant demain leur profond attachement pour le gouvernement de FEmpereur^ d Ainsi doit parler un préfet; les maires, bonnes gens^ y mettent moins de façon :
a Le gouvernement, par Tentremise de M. Latour-Dumoulin, vient d'accorder 400 francs pour les pauvres de la commune : on espère que les pauvres voteront tous, par reconnaissance, pour M. Latour-Dumoulin*. »
« Le maire d'Oberentzen fait savoir à ses concitoyens qu'il est à désirer que M. Gros soit élu comme député, parce que personne ne peut faire autant pour la commune que M. Gros, qui seul est