ARTICLE
« Le "Hdumed'Mu à dériver du VerdoDy pour alimenter
comme Tairrespirable de ce temps-ci. La France^ qui se sent en retard^ demande à grands cris qu'on l'en couvre; elle en veut partout^ coûte que coûte; ni montagnes ni devis ne Tarrêtent : il lui en faut pour ses affaires, pour ses produits, pour sa défense, pour son plaisir. Naturellement, c'est de FÉtat qu'elle les espère. Le ministre est assiégé de démarches et de prières, d'avant-projets et de délégués. Opposer les charges du trésor ou la parcimonie des Chambres, au temps qui court, n^est plus de mise» Mais quand tout le monde demande, le point délicat, c'est de ne mécon-
« le nouyeau canal, est fixé à six mètrbs cvbu par seconde, « y compris le volume d*un mètre cinquante centimètres c cubes déjà concédé par la loi du 4 juillet 4S58. »
Il est temps enfin qu*on sache de quel côté est la sincérité, de quel côté sont les Trais amis du pays.
Les menées que je viens de vous dénoncer vous donnent la valeur des assertions de ceux qui cherchent à vous tromper dans un intérêt de parti, et de la confiance que vous devez avoir en leurs paroles» La longanimité de Tadministration est à bout . Les propagateurs de fausses nouvelles, activement surveillés, seront désormais déférés aux tribunaux.
Âix, le %% mai 4S63.
Le sous-préfet de Tarrondissement d^Aix, Bar«n I>a Famncoviit*
tenter personne. Avant d'être un homme d'affaires, un économiste, un ingénieur, le ministre des travaux publics est tenu d'être, en temps d'élections surtout, un prodige de diplomatie. Rendons ce témoignage à l'administration, que son habileté a dépassé toutes les espérances.
Quelques exemples le feront voir.
Il y a dans le département de Saône-et-Loire un pays riche, industrieux, peuplé, qu'on appelle le Charolais. Il est enire deux chemins de fer, la grande ligne de Lyon et celle du Bourbonnais, à proximité de l'un et de l'autre : d'autant plus friand d'avoir à lui seul un des précieux tronçons. Comme de juste, la compagnie de Lyon refuse : elle a des intérêts contraires. Entre les deux, le gouvernement jouait son rôle, ne disait ni non ni oui, promettait à moitié, de temps en temps, sans échéances. Le fait est qu'il n'y avait pas même d'études préliminaires. Mais l'approche des jours de vote fait sortir des dossiers les promesses audormies. Tout à coup le ministre désigne un ingénieur, le préfet autorise les études; des plans sont levés, les piquets s'alignent, les nivellements commencent. Un mot a suffi pour mettre tout le le monde en Tair, un serment déposé dans une
préfecture. Le serment* est du i5, la décision ministérielle du i8, l'arrêté préfectoral du 24. L'opposition fait les affaires du pays à sa manière, qui pourrait s'en plaindre? étudier un tracé^ n'est ce point chose permise? Cela se fait au grand jour^ cela s'affiche, se crie, se tambourine*, et comme pour trouver le bon chemin il faut un peu tourner autour, cela fait des heureux, sans faire de jaloux. Et puis cela n'engage pas trop.... au dire des gens du Var. Ceux-ci caressaient aussi le vague projet d'une ligne de fer, perçant le massif de montagnes qui fait le centre du déparlement, et doublant la grande voie qui longe la mer. Eux seuls y croyaient un peu, comme on croit aux choses qu'on désire. Le 22 mai, il n'y avait pas le plus petit bout de plan, la plus légère apparence d'étude. Mais le 23 mai, arrêté du ministre qui prescrit d'étudier, qui nomme Tindispensable ingénieur. Le 30, tous les doutes tombent : une nuée d'employés sort de terre, portant leur mission écrite sur leur chapeau, Vuniforme des ponts et chaus-
i. Celui de M. Charles Robnd, ancien maire de Màcon.
2. L'art. 6 de l'arrélé prélecloral ordonnait de l afficher au son du tambour. V. auK Donim., p. 60 bis^h lettre de M. Ballard.
sées ramène partout Tespérance : c'est le chemin de fer qui commence 1 les jalons pointent au fond des yalléeS) couronnent les rocs inaccessibles : tous les tracés imaginables triomphent à la fois^ n'estce point assez? C'était trop, hélas! puisque depuis le 31 mai Taffaire en est demeurée là.
Toulouse^ plus modeste^ ne Toulait qu'une gare^ pour le bien d'un de ses faubourgs. Quel bruit se répand 9 à la un de mai? Que la gare désirée est certaine. Gela^ grâce à M. le maire, candidat du goui^ernement^ et bien placé pour le savoir. Yoioi^ en effets qu'on dépave le faubourgs qu'on toise, qu'on tire des lignes^ qu'on plante des piquets.
Je n'ai fait que passer, il n'était déjà plus...
Cela dura l'espace d'un scrutin; le lendemain^— comme le matin dansles ballades^—les piquets éphémères s'enfuyaient et les pavés rentraient chez eux.
Quand il n'y a rien de fait^ que le terrain est vierge» les habiles peuvent se donner carrière. Mais en face d'une ligne étudiée^ dessinée^ concédée, connue^ est ce possible? Cela s'est vu pourtant. De Vesoul à Besançon^ deux tracés sont admissibles : l'un par la vallée de la Linotte, l'autre par Rioz. De tout temps^ Rioz a eu tort. L'autre route, plus traficante^ est celle des conseils généraux.
de ravaat-projet^ de la loi de coacession^deis ingénieurs des ponts et chaussées, des ministresi de la Chambre , de tout le monde. Si Ton pouvait pourtant faire luire aux gens de Rioz un rayon d'espoir? Gela minerait un peu M. d'Ândelarre, ce candidat que rien ne démonte. Heureusement, TafTaire a eûcore, selon la règle, un dernier degré à franchir dans la filière administrative; le préfet peut affirmer, sans mentir, que la décision officielle n'est pas rendue. Là-dessus s'engage entre la préfecture, le candidat, l'inspecteur des mines et le ministère, un feu croisé de dépêches et de placards, d^affirmations et de démentisoù Tingénieur contredit le préfet,le ministre ringénieur, triste querelle, frappant exemple de dialectique administrative, dont un jeu de mots faisait tous les frais, mais où il était bien sûr que le paysan comtois ne pouvait se reconnaître. Et pendant qu'on envoyait à Rioz des employés de la compagnie concessionnaire, pour s'y faire voir pendant trois jours, la préfecture faisait grand bruit, avec les gens de la Linotte, d'un classement de chemins vicinaux reliant les gares futures M
4. y. aax Docum., p. 62, et sniv., led pièces relalivei à cette curieuse affaire.
Cette belle humeur de MM. les préfets est chose méritoire, car elle amène parfois d'étranges embarras* Pour leur malheur, les fleuves ont toujours deux rives, et, entre elles, un chemin de fer doit choisir. Les intéressés, qui ne l'ignorent pas, se regardent d'un œil jaloux d'un bord à l'autre. Où passera le chemin de fer de Liboume à Bergerac, sur la rive droite, sur la rive gauche? Si c'est sur la rive droite, la Dordogne triomphe; si c'est sur la rive gauche, hourra pour la Gironde. Que ne peut-elle toujours durer cette heureuse incertitude qui des deux côtés du fleuve laisse prise à Tespérance ! Mais on vole dans trois jours, il faut se prononcer. On affiche donc, le 28 mai, ceci sur la rive gauche :
Habitants de Sainte-Foy !
Je me hâte de vous donner connaissance d'une dépêche qui vient de m'êlre adressée par S, Exe. le ministre de rintérieur.
Après une discussion sérieuse sur la direction du chemin de fer de Libourne à Bergerac, j'ai proposé, comme transaction entre les deux intéressées, et je suis parvenu à faire accepter en principe la rive gauche, mais avec un pont à Bergerac, pour que la gare de cette ville soit sur la rive droite.
On va procéder aux formalités ordinaires en faveur du nouveau projet.
Vous pouvez le faire connaître officieusement, en attendant la communication officielle du ministre des travaux publics.
Vive TEmpereur !
Sainte-Foy, le 28 mai 1863.
Le maire ^ Signé : Bordbrib.
C'est le conseil des ministres— rien que cela— (ajoute le Journal de Bordeaux du 29) assemblé hier tout exprès, qui le veut ainsi.
Grande rumeur dans la Dordogne, dont ceci ne fait pas Faffaire. Dès le lendemain, pour la rassurer, ceci s'affiche sur la rive droite :