LE PRÉFET DE LA DORDOGNE AU SOUS-PRÉFET DE BERGERAC
Périgueux, 29maH863.
La nouvelle que vous] avez reçue de Bordeaux est controuvée. Loin de là, une nouvelle enquête compaparative sur les deux tracés est ordonnée, et je vais vous adresser les instructions nécessaires pour y procéder.
A qui croire? au préfet de la Dordogne? il est bien catégorique; au préfet de la Gironde? il réplique sur l'autre bord, en maintenant sa première dépêche par une seconde. Des démentis entre
préfets^ quel fâcheux exemple. Le corps électoral est bon prince^ il les crut tous les deux^ car il laissa battre M. Decazes^ sur la rive gauche. M, Delprat sur la rive droite ^
Il est admis qu'un ministre signe beaucoup de choses sans les lire. Il est convenu^ entre gens en place, que ces vagues promesses n'engagent pas, et qu*on doit au prochain la bienveillance. Mais prenez garde ! Télecteur est aux écoutes, et les subalternes qui vous font agir savent bien pourquoi Ton prend, au bas de Técheile, ces réponses ambiguës, ces demi-faveurs, cette eau bénite des grands. Certes, quand H. le comte de Persigny, apprenant que la commune de la Seyne <Var) était depuis longues années en instance auprès de la chancellerie pour devenir chef-lieu de canton, et que la chancellerie ne s'y prêtait pas, écrivait cette curieuse dépêche :
Frappé des réclamations des habitants de la Seyne, pour obtenir l'érection de cette commune en cheflieu de canton, et des considérations que vous faites
4 . Le journal le Périgord, du ÎO juillet, contient un arrêté du préfet de la Dordogne, qui, en vertu d*une dépêche niînistérielle du %9 mai 4863, ordonne Touverture d*uâ6 enquêta sur le$ deux tracée en présence.
valoir à l'appui de leur demande^ j'insiste auprès de M. le garde des sceaux pour qu'il soit fait droit aiu yœux exprimés par la population.
Le ministre de l'Intérieur^ DE Persignt.
Le préfet du Var,