‹ La lutte électorale en 1863Chapitre 24 sur 91 · LeUre de Tagent voyer. Domm.y p. S7 b · texte numérisé non relu

LeUre de Tagent voyer. Domm.y p. S7 b

« — ^Moi? Je ne les connais pas plus Tun qae l'autre; mais le commissaire de police me reproche d'être un fainéant^ de ne pas faire assez contre Gareau; le brigadier de gendarmerie est venu chez nous se plaindre que je ne disais pas assez de bien de Jaucourt et pas assez de mal de Tautre, Gareau n'a pas besoin de sa place pour vivre , et moi je veux garder la mienne. »

Comment être sévère pour ces candides diffamateurs? La peine importe peu; mais ces paroles, tombées de baut^ demeurent au front des vrais coupables : aLe tribunal est indulgent, car il sait que vous n'étiez pas libre d'agir autrement que vous n'avez fait*. »

Voilà Tarmée.

Pour champ de bataille — des circonscriptions électorales immenses^ taillées dans le pays par un art capricieux et bizarre^ qui affecte comme à plaisir de séparer ce qui se touche, d'accoupler ce qui se contrarie : les arrondissements dépecés^ les cantons dispersés errant à l'aventure, les groupes historiques dissous, les agglomérations naturelles morcelées •

1 . Paroles de M. le président da tribanal de Meaax tu préTenu Thoumsaint, condamné k 30 fr. d'amende.

H. Plicbon exposait naguère devant la Chambre le triste destin de son arrondissement^ disparu dansée remaniement ainsi que dans un naufrage. On a cité la Saône-et-Loire livrée^ bon gré mal gré; an génie de la découpure, en dépit du vœu de son conseil général qui demandait^ pour cinqar* rondissements égaux en population^ cinq circonscriptions électorales correspondantes.Douze villes divisées par bandes ont été noyées dans les circonscriptions rurales qui les entourent.

Aux prises avec ces difficultés^ un homme seul^ sans pouvoir^ sans cadres^ sans soldats^ la loi dans la main, et vingt jours devant lui.

Le droit de réunion n'existe pas en France. On y a toléré dans quelques collèges les réunions particulières: une tolérance n'est pas un droit. Celle-là signifie que la police surveille ces conversations électorales, notant ceux qui entrent, suivant ceux qui sortent, jusqu'à les dégoûter d'y revenir. En province, les candidats de Topposition ont eu pour la plupart cet étrange privilège d'une garde silencieuse, mais non invisible, attachée à leurs pas*,

lisant dans leur vie faisant état de leurs démar-

4. Entre autres : leure de M. Floquet au sous-préfet de Béziers. Doctim. p. 444.

ches^ des saluf s qu'ils recueillaient, des personnes qu^ils allaient voir. N'était le besoin d'occuper son monde^ comprendrait-on que la police s'amusât à de pareils enfantillages? A Yesoul^ chaque jour^ étaient notés les fiacres qui partaient pour le cbâr leau d'Andelarre, etl'oninterrogeaitlescocliei'sau retour. M. Plichon se plaint énergiquement de pareils abus de sollicitude.

A peine entré dans laLorèze^ M. de Ghambrun fut suivi à la piste par la gendarmerie. Madame de€hambrun fut surveillée. Le député étant tombé malade^ son auberge fut gardée à Yue pendant deux jours *.

A défaut de la liberté de réunion^ il y a la presse. Hais dans l'immense majorité des dépar** tements^ tous les journaux appartiennent à la pré* fecture. On les a par les annonces^ on les tient même par l'évêché. Vieux attelages à toute fin, braves toujours dispos pour soutenir les candi-^ dats du gouvernement, et au besoin pour les combattre^; monopoles fermés à la controverse.

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