‹ La lutte électorale en 1863Chapitre 28 sur 91 · COUPS DE THÉÂTRE · texte numérisé non relu

COUPS DE THÉÂTRE

La sécurité de TopposlUon pendant les premiers jours de la lutte fut admirable.

L'atmosphère était paisible , Tautorité conciliante, la mauvaise volonté cédait devant un peu d'énergie, Texcès de zèle s'attirait même, en certains lieux, de douces réprimandes; Fadministration était sur pied, non bienveillante, mais recueillie et comme indécise.

Il y eut, partout, un moment de confiance paradoxale et de folle espérance.

La tactique de Tadministration était profonde. Ne point user ses forces, laisser l'adversaire s'éparpiller; soi-même se concentrer, attendre, et tout réserver pour le suprême effort.

La victoire fut l'œuvre des huit derniers jours.

C'était de bonne guerre^ mais la guerre a son droit des gens. ÂfQcher à la dernière heure, se servir, à ce moment suprême, des paroles ou des actes d'un candidat qui ne peut plus répondre, estce de bonne guerre^ même sous la plume d'un préfet qui combat pour son gendre? Ainsi fit, assure-t-on, le préfet de Seine-el-Oise contre M. Barthélémy Saîfil-Hilàire *. Prendre une lettre d'un homme public, n'en donner que la moitié à ses lecteurs, garder celle qui explique ou justifle l'autre, est-ce de bonne guerre, comme on fil la veille du vote pour M. de Monlalemberl '?

On ne discute pas avec les masses, on les entraîne. C'estau dernier moment qu'on les décide. Elles sont alors à qui ose les prendre. C'est ainsi que les campagnes les mieux commencées peuvent finir à la débandade.

Quand on connaît le paysan, on sait par cœur toutes ses paniques, et l'on pourrait les noter d*avance :

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